• ARIEGE : LE SABOTIER

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    Selon la légende, le premier sabotier aurait été saint René. Cet évêque d'Angers se serait retiré dans la solitude de Sorrente en Italie, vers l'an 440, pour façonner des sabots.

     

    Au XVIIIe siècle, comme les charbonniers, les sabotiers vivaient en forêt et formaient un corps du compagnonnage.

    Au début du XIXème siècle, pour éviter le "sabotage" - fabrication des sabots avec le bois des résineux - le métier fut réglementé et les ateliers durent être situés à une distance d'au moins une demi-lieue des forêts. Les sabotiers abandonnent alors la forêt pour s'établir dans les villages.

    Lorsque l'usage du sabot se généralisa, chaque village eu besoin de son propre sabotier et celui-ci s'installa alors dans le village. Un ouvrier consommait alors cinq à six paires de sabots par an et l'ouvrage ne manquait pas. Le sabotier achetait son bois sur pied et le faisait transporter jusqu'à son échope.

     LE SABOTIER

    Le sabotier abattait et débitait lui-même son bois. Il s'agissait souvent du bouleau, parfois de l'orme, du hêtre ou de l'acacia. Le sabot de "luxe" se fabriquait dans le noyer. Le peuplier était utilisé pour faire les sabots utilisés en milieu humide (notamment par les mariniers) car il évitait de glisser. Bien entendu, le chêne et le frêne étaient proscrits, car beaucoup trop pesants.

    Une fois les bûches débitées, le sabotier dégrossissait la forme à la hache. Cette hache avait un manche très court terminé par une boule pour contrebalancer le poids du tranchant. L'herminette servait ensuite à dégager le talon. Le paroir, sorte de lame tranchante de 80 cm, fixée à une extrémité entrait ensuite en action dans les mains habiles du sabotier pour donner la forme extérieure définitive au sabot. Le creusage s'amorçait à la tarière, sorte de vrille de 40 cm, puis se finissait à la cuiller. Cet outil tranchant, qui ressemble à une cuillère comme son nom l'indique, pouvait avoir plusieurs gabarits. Le boutoir et la ruine (ou rouanne) permettaient d'accéder au fond du sabot pour la finition.

    LE SABOTIER: les vrillesLE SABOTIER 

     Le sabot connaîtra une période faste jusqu'à la Grande Guerre. Après  la seconde guerre mondiale, le déclin commence à s'amorcer. En 1950, la généralisation de l'usage du tracteur pour lequel les bottes sont plus pratiques que les sabots, donnera le coup de grâce aux sabotiers.

     LE SABOTIER

     

     

     Quelques expressions :

    « Avoir les deux pieds dans le même sabot », c’est-à-dire être un peu benêt (l’expression est couramment utilisée à la négative, comme un compliment : il n’a pas les deux pieds dans le même sabot).

    « Avoir du foin dans ses sabots » (et on dit plus couramment dans ses bottes), c’est avoir mis de l’argent de côté, être à l’aise (avec l’idée qu’on a économisé, sou à sou une richesse qui se voit peu… encore un façon de moquer les paysans).

     « Vous, je vous vois venir, avec vos gros sabots », qui fait allusion à la lourdeur de celui qui voudrait être fin.

     Deux pieds dans le même sabotsabots

     Saboter c'est  gâcher un travail, une tâche. 

    Oh! regarde-moi les épluchures que tu fais! C'est du sabotage! Tu en enlèves la moitié! Et nous n'avons que quinze patates! (Romains,Copains, 1913, p. 276).

     Sabotage

     

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