• Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

    Massat est entouré de hameaux créés au temps où le village ne pouvait plus contenir la population pléthorique du canton. Pour atteindre le hameau de Boatès il faut emprunter un chemin qui monte plein sud.  

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     Au Moyen-âge, au-dessus des habitations on exploitait de façon artisanale, des mines de pyrite matière dont on extrayait le fer. Ces mines donnaient souvent naissance à des forges qui étaient propriété de la famille du seigneur. La présence de cette activité explique sans doute la première implantation de l’homme sur les coteaux du village. Des petits exploitants agricoles ont, pendant un temps, maintenu une vie.

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.
     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

    Aujourd’hui il reste à Boatès des maisons construites avec des pierres de pays, du schiste de belle couleur. Certaines, transformées en résidence secondaire, sont occupées l’été. Seules deux ou trois ont encore des résidents permanents qui respirent le bon air et la tranquillité du lieu.

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     Geneviève, Nicole et Yvette sont montées au hameau pour découvrir un « vestige » de la vie communautaire à Boatès : c’est le lavoir, espace public, temple de la propreté. Comme sur tout lieu de vie communautaire, le lavoir était un bassin public alimenté d’une eau, détournée ou captée, sur le parcours descendant d'une source ou d'un cours d'eau. En général il était couvert afin de protéger les lavandières des intempéries.  

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     La ville, l’abbaye, le château ont vu naître les lavoirs. Après la Révolution, le pouvoir encourage leur aménagement. Les travaux vont de pair avec ceux des Ponts et Chaussées et précèdent souvent ceux des écoles et des mairies. Ainsi le lavoir devient-il un monument qui célèbre l’accès égalitaire à l’un des plus précieux biens naturels, l’eau. Il faut imaginer ces hameaux de moyenne montagne, grouillant d’individus occupés à gérer leur lieu de vie autour du point d’eau, élément indispensable de leur subsistance. 

    Au milieu du XIXème siècle, les autorités prirent conscience que l’eau pouvait être à l’origine de contagions. De même, le linge malpropre pouvait être porteur de germes malsains. C’est à la suite de cette prise de conscience que des lavoirs seront érigés dans toutes les communes de France. Mais tous le hameaux n’étaient pas placés à la même enseigne. Là où il y avait peu d’eau, il fallait l’utiliser avec parcimonie. On faisait d’abord boire les bêtes, l’eau de la salade servait pour le linge, puis on lavait la vaisselle et on jetait ensuite l’eau sur les plantes. Ainsi, à la différence du moulin, du four et du pressoir, liés à une redevance due au puissant seigneur, le lavoir s’est établi permettant une utilisation souvent parcimonieuse mais gratuite de l’eau pour tous les habitants de la commune.

     

    A Boatès, les habitants qu’ils soient estivants ou permanents ont tenu à restaurer le lavoir public qui fait maintenant l’attraction de tous les randonneurs. Parmi les objets hétéroclites, exposés un écriteau rappelle cet évènement et l’historique de ce bien patrimonial.

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.        Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     

     

     

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     

     

     

     

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

    Flâneurs, flâneuses qui avez posé un regard curieux et parfois intéressé sur le lavoir de BOATES, sachez qu’il a été bâti au tout début du XXème siècle par un maçon professionnel habitant le hameau.

    Qu’entre 2004 et 2006 il a été rénové et légèrement rehaussé par les mains et un peu la tête d’une pléiade d’amateurs bénévoles représentant la quasi-totalité des habitants intermittents ou permanents de Boatès et sa proche banlieue Pierrou . L’achat et l’acheminement jusqu’au parking des matériaux introuvables sur place ont été effectués par la municipalité de Massat. Que soit remerciés Monsieur le Maire et son conseil municipal qui nous ont accordé leur confiance, le service technique qui a assuré la livraison et le secrétariat de la Mairie qui a aimablement aidé à assurer les problèmes d’intendance

    A l’origine le lavoir était le seul point d’eau du village. D’où son appellation habituel de « La Fount ». Il était alimenté à partir du « riu d’Izam » par un conduit en terre cuite, verni à l’intèrieur dont des spécimens ont été récupérés pour réaliser les évacuations du grand bassin. De nos jours l’alimentation est en fait le trop plein du réseau d’eau potable (parfois) qui alimente le hameau.

    Avant l’apparition de la machine à laver le linge, le grand bassin servait à rincer la lessive ou à laver certains vêtements. Un prélavage des objets très sales pouvait être effectué dans le petit bassin qui servait aussi à nettoyer les pommes de terre ou les betteraves que l’on donnait aux cochons.

    Est à remarquer la faible hauteur du bord du bassin par rapport au sol. Deux théories historiques s’affrontent pour expliquer cette particularité. La première prétend que les ariègeois étaient de petites tailles, il fallait que leurs pieds soient suffisamment élevés pour que leurs mains atteignent l’eau. L’autre école historique tient pour vérité que les lavandières étaient des femmes, les maçons des hommes, ceux-ci auraient construit un mur bas pour obliger les femmes à abaisser les épaules au-dessous de la ceinture ce qui avait pour conséquence de soulever les fesses au-dessus. Vu de l’arrière, le spectacle ne manquait pas d’intérêt. Malheureusement compte tenu de l’absence de recul qu’offre ce lieu, il y a fort à penser que la seconde interprétation ne soit le fruite que d’une pure élucubration d’historiens libidineux.

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     

     

     

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     

     

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     

     

     

    Au hasard du chemin : Le lavoir de Boatès.

     

     

    Pour mémoire :

    En 1950, 72% des communes rurales n’ont pas l’eau courante et la ferme est en moyenne à 30 m du point d’eau.

    En 1960-1961 plus de 40% des logements français sont encore dépourvus d’eau courante à domicile.

    En 1970, 76% de la population est desservie

    En 1982, 0,8% des foyers n’ont pas l’eau.