Le village de Fitou et son château (à gauche)
A Fitou existe un château dont l’histoire remonte aux années 990, si on en croit les traces écrites d’un testament, relatant un lègue d’une vicomtesse de Narbonne.
La propriété gérée par des seigneurs successifs possédait 3000 hectares de terres qui s’étendaient jusqu’aux limites du territoire de Salses.
Beaucoup de propriétaires se succédèrent à Fitou. Un des plus connus a été un certain seigneur de Niort... Attention ! Il s’agit de Niort-de-Sault.
Au XIIIe siècle, en pleine croisade contre les Albigeois, Niort-de-Sault devint le refuge de nombreux parfaits, car la famille était plus ou moins acquise à la cause cathare.
Elle n'était pas disposée à se laisser dépouiller de ses biens. Géraud de Niort, l'aîné de Guillaume et d'Esclarmonde, retourna habilement sa veste à de nombreuses reprises.
On le retrouve tantôt aux côtés des croisés (bataille de Muret) tantôt dans les rangs des hérétiques avec ses frères, Bernard-Othon de Niort, Guillaume Bernard et Raymond, dit de Roquefeuil,...
En 1240, Géraud fait sa soumission au roi de France à Peyrepertuse, et en preuve de sa "bonne volonté" livre tous les châteaux de sa famille (dont Niort-de-Sault). La famille Niort ocupera un temps le château de Fitou.
Jusqu’en 1659 la frontière franco-espagnole passait entre Salses et Fitou.
/image%2F0648822%2F20250426%2Fob_8cc520_frontiere-de-1635.jpg)
On ne connait pas avec précision l’historique de l’édifice si ce n’est cette prise du village de Fitou et son château par les troupes espagnoles.
Les communes de Claira et Salses, transformées en places fortes ont été les points de départs des fantassins espagnols au nombre de 14 000 avec 400 chevaux et 1200 cavaliers.
/image%2F0648822%2F20250426%2Fob_31635e_extrait-carte-1635.jpg)
Cela s’est produit en septembre 1637. A cette invasion a succédé le siège de la forteresse de Leucate située côté français, près de la frontière..
Cette attaque espagnole s’inscrit dans le conflit militaire entre la France et l'Espagne qui commence en 1635, Il s’agit de ce que l’on a appelé la guerre de Trente Ans,
Même si cette guerre prit fin en 1648 par les traités de Westphalie, le conflit franco-espagnol se poursuivit jusqu’en 1659 avec la signature du traité des Pyrénées.
Les négociations avaient été engagées dès juillet 1656 à Madrid.
Les rois Louis XIV et Philippe IV sont représentés durant les négociations par leurs Premiers ministres respectifs, le cardinal Mazarin et don Luis de Haro.
Le traité est signé le 7 novembre 1659 sur l'île des Faisans, au milieu de la Bidassoa, entre Hendaye et Irun. Cette île est depuis lors aussi appelée « île de la Conférence
/image%2F0648822%2F20250426%2Fob_5c7bb6_ile-des-faisans.jpg)
L’Espagne cède à la France le comté de Roussillon et les trente-trois villages de la Cerdagne, les deux villes de Llivia et de Puigcerdà restant espagnoles.
La nouvelle frontière est celle que l'on connait aujourd'hui.
Avant le traité des Pyrénées, l'Espagne possédait de vastes territoires dans le nord de la France et aux Pays-Bas. Ces possessions étaient d'ailleurs appelées "les Pays-Bas espagnols". Au terme de la guerre franco-espagnole, la France rattache ces régions à la couronne de France.
Ainsi, le traité des Pyrénées fait de la France la première puissance en Europe.
Pour Louis XIV et le royaume de France, la victoire est totale. La seule concession accordée à l'Espagne est le renoncement à soutenir le Portugal, alors en guerre avec son voisin ibérique.
Les rois de France prennent définitivement le dessus sur la maison des Habsbourg d'Espagne.
Les rois de France et d'Espagne se rencontrent en personne les 5 et 6 juin 1660 sur l'île des Faisans, prélude au mariage prévu par le traité entre Louis XIV et la fille de Philippe IV, Marie-Thérèse, qui est aussi sa cousine par sa mère Élisabeth de France. Le mariage est célébré le 9 juin 1660 à Saint-Jean-de-Luz.
La famille d’Aragon fut la dernière famille seigneuriale à occuper le Château avant d’en être délogée par les révolutionnaires.
Sans locataires, le château se délabre après la révolution, au point d’être considéré comme une « masure inoccupée » dans un procès-verbal de 1807. Il est plus tard ravagé par un incendie et sa démolition est ordonnée en 1841. Le démantèlement suit avec les poutres utilisées pour le presbytère et les villageois se chargent de « récupérer » le reste.
Après avoir été restauré, la bâtisse a servi de restaurant, de musée, de boîte de nuit.
Elle figure aujourd’hui parmi les annonces de location dont voici les photos.
/image%2F0648822%2F20250426%2Fob_f51498_chateau-fitou.jpg)
Voici notre petit film sur le village de Fitou !
/image%2F0648822%2F20241207%2Fob_5d3059_1liv.gif)
/image%2F0648822%2F20250426%2Fob_5ee112_ensemble-fitou02.jpg)
/image%2F0648822%2F20250426%2Fob_dd09dd_fitou.jpg)