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Nos visites les plus fréquentes sont celles de bâtiments qui forcent l’admiration par l’élégance de leur style, l’harmonie de leur architecture, la beauté des édifices. A Alet ce qui surprend en premier c’est l’ampleur et la taille des ruines au cœur de la cité. A leur découverte on ne peut s’empêcher de se poser des questions : |
Quelles sont les raisons de ce délabrement ? Comment se fait-il que l’édifice soit resté en cet état ? |
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ALET-LES-BAINS en OCCITANIE dans le Département de l 'Aude. |
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Voici ce que dit Étienne Dejean (homme politique et historien français, né le 11 juillet 1859 à Labastide-d'Armagnac et mort le 20 janvier 1913 à Paris ) du lieu d'implantation de la cité dans une étude sur la vie du diocèse de la cité d'Alet de 1639 à 1677. "En amont de Limoux et de sa vallée étroite, tapissée de vignobles, la route de Carcassonne à Quillan, à peine tracée à cette époque, s’engage dans une gorge très resserrée, au fond de laquelle court la rivière d’Aude. Le défilé dans l’épaisse muraille a grand air, et l’on se sent déjà en pleine montagne. Il s’ouvre cependant vers le Midi, et l’on atteint, en suivant le torrent, une haute plaine en forme de cirque, au milieu de laquelle est bâti le village d’Alet. Les montagnes qui l’entourent de toutes parts sont élevées d’un millier de mètres, et, sans avoir encore l’âpreté particulière aux Corbières ...elles ont déjà des sommets très nus... on se rend vite compte que l’on entre dans un pays rude. Au XVIIe siècle, l’aspect était encore plus rude : peu ou point de routes, des sentiers dans la montagne. Tous ces recoins divers qui composaient le diocèse d’Alet, Razès, Donnézan, Capsir, pays de Fenouillèdes, Corbières de Sournia, pays de Sault, communiquaient très difficilement entre eux, et les routes, dont les automobiles gravissent maintenant les pentes dans les cantons de Limoux, de Couiza, de Quillan et d’Axat, et qui relient ces cantons aux villes du Bas-Languedoc, des Pyrénées-Orientales ou de l’Ariège, ont été, pour la plupart, ouvertes de nos jours. La région était à peu près inaccessible, et l’on n’y comptait que trois villages de quelque importance : Saint-Paul, Quillan et Alet. .. A la fin du siècle, il y avait 162 familles dans la cité épiscopale, c’est-à-dire qu’elle ne comptait pas un millier d’âmes. C’était bien la digne capitale de ce triste diocèse, qui ne possédait guère plus de six mille feux et de trente mille habitants, où la majeure partie de la population de 111 paroisses se composait de paysans « dans la neige la moitié de l’année, » et dont le terroir, sec et aride, ne produisait qu’en petite quantité « du blé, du seigle et du vin. » Ni industrie, ni commerce, si ce n’est au bourg de Quillan, qui exploitait les bois des Corbières ..." Étienne Dejean Le Diocèse d’Alet sous l’épiscopat de Nicolas Pavillon (1639-1677) |
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Nous entrons dans Alet pour constater qu’à l’image des vieux villages du Languedoc, le village médiéval enserré dans ses remparts du XII° siècle s’organise autour de la place en étoile.
Les siècles ne semblent pas avoir agi sur les ruelles pittoresques bordées de demeures du XIII°, XIV° et XV° siècles à colombages et encorbellements qui rayonnent en étoile. Les encorbellements sont souvent posés sur des poutres dont l’extrémité est souvent sculpté. |
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Plus désolants sont les imposants vestiges d’un édifice religieux qui domine le bourg. |

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Que s’est-il passé avant que cet édifice ne soit ruiné ? |
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Au 6ème siècle existait ici un couvent qui est devenu abbaye avec le soutien de Charlemagne. En 970, c’est l’abbé Benoît, également abbé de Saint-Hilaire et de Lézat, qui dirige la petite communauté de moines bénédictins qui vit à Alet-les-Bains. |
LE PAPE Urbain II FAIT UN DETOUR en 1096. Le pape Urbain II, de retour de Toulouse où il est allé bénir le début des travaux de Saint-Sernin, ne prend pas la route de Rome. Non, au lieu de partir vers Narbonne, puis Marseille… il se détourne et va à Alet, où le chantier est bien moins avancé qu’à Toulouse. Pourquoi ? Une relique de la Sainte Croix est gardée ici depuis 1054… est-ce pour cela qu’il s’engage sur ces chemins fort peu praticables ...La relique est présentée comme étant un fragment de la Vraie Croix du Christ. Cet acte ne manque pas d’ attirer les croyants qui font d’Alet un lieu, un pèlerinage. |
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La création d’un évêché, en 1318, marquera l’apogée de l’importance du lieu, regroupant quatre-vingt paroisses. Les villes épiscopales affirmaient à cette époque la volonté de l’église de continuer à lutter contre l’influence du Catharisme installé dans les forteresses hérétiques de la région. L’abbatiale romane est transformée en cathédrale gothique, le village s’enrichit de maisons cossues Après une période de prospérité au cours du XIIème siècle, le monastère connaît une période de difficultés dues en partie à la mauvaise gestion de certains abbés. |
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Un drame vient noircir à jamais l’histoire de ce diocèse. HUGUENOTS et CATHOLIQUES s’acharnent sur la cathédrale. |
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Le 6 janvier 1577 les huguenots (protestants) s’emparent de la ville d’Alet qu’ils dévastent. Ils détruisent la cathédrale. Pendant les Guerres de Religion, plusieurs fois assiégée, la ville est passée tantôt aux mains des catholiques, tantôt aux mains des protestants. L’abbaye-cathédrale, et ses hautes tours, était le point stratégique, celui qu’il fallait donc prendre… voire abattre. Bombardée pendant des années par les deux camps, Sainte-Marie-d’Alet a fini par s’écrouler
Les dégâts sont devenus si importants que la cathédrale a été abandonnée au profit d’une église provisoire, qui devient la nouvelle cathédrale Les travaux du XIVe siècle n’ont pas pu se poursuivre. La guerre de Cent Ans est là, le Prince Noir ravage la région, et la Peste sévit. |
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Ce magnifique édifice roman ne sera jamais reconstruit |
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L’architecture romane de Sainte-Marie-d’Alet fait figure d’exception. Sa taille pose question. Pourquoi un tel monument dans ce lieu reculé ? La qualité du décor du chœur roman est telle que Mérimée, en le découvrant, a aussitôt demandé à classer ces vestiges au titre des Monuments Historiques. Ils sont parmi les premiers à être reconnus en France. |
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Pour bâtir un tel ensemble avec une telle qualité, il faut des moyens considérables et une volonté politique Qui sont les sculpteurs qui ont travaillé à Alet ? Quelle est leur culture, où ont-ils appris ? Comment se fait-il qu’entre la Catalogne et ici, qu’entre la Provence et ici, des maîtres de ce niveau n’aient laissé aucune trace ? Sont-ils venus ici tout exprès ? |
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