BASSOUES - Une bastide du Gers

BASSOUES - Une bastide du Gers

 

BASSOUES - Une bastide du Gers

 

Le Cami - N°84

BASSOUES - Une bastide sur la défensive.

 

 

 

 

Comment expliquer les fortifications des villages ?

Le morcellement du pouvoir et de l’autorité en Gascogne moyenâgeuse fait naître de nombreux châteaux, à vocation défensive et militaire.

On les retrouve dispersés sur tout le territoire et pas seulement dans les villages fortifiés.

Ils possèdent des caractéristiques communes qui permettent de définir un style gascon.

En premier lieu, ils sont placés à des endroits stratégiques, sur des promontoires ou le long d’axes fréquentés.

En second lieu, ils présentent une architecture massive et austère, avec une faible occupation au sol et peu d’ouvertures. Les formes sont simples, les angles droits et les volumes impressionnants

La naissance des bastides

Au XIIIe siècle, l’essor urbain conduit à inventer un nouveau type de cité : la bastide. Il s’agit de la création d’une ville neuve, sur un terrain donné par un seigneur local ou par l’Église.

L’édification des bastides s’est déroulée sur une période unique comprise entre 1222 et 1373.BASSOUES - Une bastide sur la défensive.

Le Gers est l’un des départements les mieux dotés du Sud-Ouest, avec ses 43 bastides.

 À la même époque, de nombreux villages fortifiés voient le jour. Ils comprennent une enceinte percée d’une ou deux portes, un château ou une tour fortifiée, un bourg et une église.

A Bassoues, le Donjon domine le village

et semble veiller sur ses habitants depuis plus de sept siècles.

Construit en seulement trois ans (1368-1371), à des fins militaires, sa raison d’être est la protection de la bastide de possibles envahisseurs.

Mais le donjon avait pour première mission  de protéger le château construit à ses pieds.

 Nul doute qu’il devait faire forte impression en ces temps troublés où, entre deux batailles, les mercenaires devenaient « routiers », brigands condamnés à vivre sur le pays.

La tour, haute de 43 mètres au-dessus du sol abrite 4 étages formés  de logis appuyés sur le mur d'enceinte et groupés autour d'une cour centrale.

Chaque angle du donjon est marqué d’énormes contreforts, de 1,75 m de large en mesure de résister à toutes formes d’attaques..

Un escalier à vis de 197 marches dessert les différentes salles et permet d’accéder au sommet de la tour..

Le haut du donjon est couronné de « machicoulis »

BASSOUES - Une bastide sur la défensive.

 

Les mâchicoulis sont un moyen de défense. Il s'agit d'un balcon en pierre placé au sommet de la muraille ou d'une tour et qui déborde légèrement de celles-ci. Son plancher est percé, ce qui permet d'observer le pied de la muraille. Par les trous, on peut laisser tomber sur l'assaillant des projectiles les plus divers ou des matières incendiaires.

Les tours dites gasconnes et les murs du rez-de-chaussée du donjon étaient aveugles. On y pénétrait  par une épaisse porte doublée d'une solide armature de fer, située au premier étage, à l'intérieur de l'enceinte du château.

Pour y accéder, tout visiteur (y compris le propriétaire) devait emprunter une échelle en bois qu’il tirait derrière lui par précaution.

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La solidité de cet énorme bloc carré de 8 mètres de côtés est assurée, aux angles, par d'imposants contreforts, dont ceux du Nord-Est et du Sud-Est sont percés dans toute leur hauteur de conduits de descente appelés « chausses » et qui servaient à l'évacuation des latrines.

 

Les latrines sont les toilettes. Dans les châteaux, les latrines médiévales se situaient souvent  en encorbellement au-dessus des fossés, C’est un petit trou construit sur le mur de l’enceinte qui laisse s’évacuer les déjections. Ces latrines étaient parfois aménagées,  dans les murs et raccordées par des conduits à une fosse.

Les latrines sont installées dans une minuscule pièce d'étage, formant une excroissance sur la façade qu'on peut parfois confondre avec un dispositif de défense (mâchicoulis). 
Souvent les excréments étaient  évacués directement à l'extérieur. Ils tombaient en contrebas et s'évacuaient avec les eaux des douves ou de canaux aménagés 
 

 

Les quatre étages du donjon de Bassoues sont soulignés à l'extérieur par des larmiers (bandes horizontales que l'on aperçoit sur la photo ci-dessus).

La fonction du larmier est d’éloigner des murs, les eaux de ruissellement 

BASSOUES - Une bastide sur la défensive.

 

 

  

 Au sud, subsiste l'amorce du mur d'enceinte qui venait s'y appuyer. Dans le plan initial de toute la bastide figurait la muraille. A Bassoues, il faudra attendre 1368 pour qu'Arnaud Aubert, archevêque d'Auch, fasse construire les remparts dont subsistent des restes. Un chemin de ronde reliait les quatre tours d'angle 

 

 

  

En 1841, le donjon de Bassoues a été  le premier monument classé du Gers.

 

En 1977, sa propriétaire, Mademoiselle de Monteils, le met en vente.

La municipalité en fait l'acquisition. 

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Le Cami - N°84

Le Cami - N°84

 

 

« Boire dans un verre que leurs lèvres auraient touché, serait comme boire du poison »,

écrit don Martin de Vizcay en 1621.

Dans de nombreux villages du midi existait « une fontaine des Cagots » distinctes de celle où les autres habitants allaient remplir leurs jarres.

On ignorait leurs noms pour ne les désigner que par la qualification de « cagots » (« Capots » en Ariège). Une porte leur était réservée pour entrer dans l’église.

Dotés d’un physique hors norme, réputés pour être de petite taille, mesurant entre 1m40 et 1m50 à l’âge adulte, ils avaient également un visage ingrat, avec des malformations, de grosses paupières et une calvitie précoce.

Cet aspect physique particulier faisait que les Cagots fascinaient autant qu’ils effrayaient.

Pendant très longtemps de nombreuses croyances occultes leur étaient accolées. Celle par exemple de posséder d’étranges pouvoirs de guérisseur.

Leurs maisons  s’élevaient à l’ombre des clochers et des donjons  où ils ne se rendaient que pour gagner leur salaire comme charpentiers ou couvreurs, et pour assister à l’office divin à l’église paroissiale. »

 Ils sont devenus « charpentiers » malgré eux, les métiers du bois étaient  les seuls qu'ils pouvaient exercer.

Les colombages de la Bastide de Bassoues auraient été assemblés par eux. L'ossature de poutres et de poutrelles était assemblée au sol, puis relevée à l'aide de treuils et de poulies.  Restait à garnir les intervalles  de torchis (terre et paille) ou de pisé (terre et cailloux).

 

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES « CAGOTS »…

 « Le phénomène plonge ses racines dans les terreurs irraisonnées de la lèpre, les préjugés « racistes » ont fait le reste » Abbé Gilbert Loubès « L'énigme des Cagots »

Il est spécifique au Sud-Ouest, à la Navarre et à une frange occidentale de l'Aragon, c'est à dire à un territoire limité par la Garonne, l'Atlantique et les Pyrénées. Du VIème siècle à son extinction, il changea plusieurs fois de nom : Lépreux : le terme désigne clairement les victimes de la lèpre ; elle est atrocement visible et son origine mystérieuse, voire surnaturelle (le bacille de Hansen ne sera découvert qu'en 1973) suscite panique et exclusion. L’église se préoccupe pourtant du sort de ceux qu'elle frappe : en 549, le Concile d'Orléans, fait obligation aux fidèles, aux prêtres et surtout évêques de leur porter assistance sous forme de vêtements et de nourriture ; quelques années plus tard, celui de Lyon demande qu'ils soient hébergés dans chaque ville dans un logis séparé (léproserie).

Ladres : c'est une autre façon de désigner les lépreux (ou considérés comme tels) en référence à la parabole du pauvre Lazare, couvert d'ulcères, qui fut enlevé, quand il mourut, « dans le sein d'Abraham » (maladrerie, maladie).

Crestias (singulier Crestian): ce terme, plus « charitable », remplace souvent les deux précédents car si le pauvre Lazare est béni de dieu, il est le chrétien par excellence. (En 1278, on construit à Barran « une christiana sive leprosia » 

 

Cagots, l’appellation a une connotation péjorative (racine « cac » comme dans cacophonie, caguer!). On trouve également, dans les textes et la toponymie, celle de Capots (en référence au port de la patte d'oie sur la cape?) …

Charpentiers : ce dernier terme est introduit « officiellement »au XVIIIème siècle et reconnaît implicitement les compétences et savoir-faire des Cagots ; preuve en est que certains hameaux, dits des Cagots ou des Capots, sont appelés « des Mestres » comme par exemple à La Sauvetat.

La situation des cagots s'est dégradée au cours des siècles et restera longtemps bloquée à cause des trois interdits qui les frappent :

-  l'impossibilité de se marier hors de leur groupe social

 - l'obligation d'habiter dans la cagoterie, toujours établie près d'une fontaine, souvent voisine d'un point qu'ils ont mission d’entretenir (pont de Crestian à Bassoues ou des Capots à Mirande), parfois, pour les plus importantes, (Vic-Fezensac) regroupée autour de son église (dédiée à Sainte Catherine) et de son cimetière.

- la ségrégation à l'église (une porte et un bénitier leur sont réservés) et au cimetière (carré réservé en terre non bénite)

 Ces interdits sont renforcés et justifiés par des préjugés tenaces (sueur abondante, haleine fétide, courtes oreilles... qu'entretiennent « des savants », tel Ambroise Paré :

Ambroise Paré passa  plusieurs semaines à étudier quelques spécimens. S'efforçant de ne pas se laisser influencer par les rumeurs, il s'attacha à accumuler de véritables constatations médicales et à les consigner soigneusement par écrit.

Il rapporte notamment la capacité́ prodigieuse d'un cagot   à pratiquer la «momification par magnétisme ». Cet exercice est supposé́ révéler la puissance du magnétisme personnel:

«L'un d'iceux tenant en sa main une pomme fraîche, icelle après apparaisoit aussi aride et ridée que si elle eut resté l'espace de huit jours au soleil».

 

Ambroise Paré explique cette réaction par la chaleur anormalement élevée dégagée par le corps du cagot. On dit aussi  que lors d'une saignée, il sortait de ses veines un liquide presque bouillonnant et d'une teinte entre le bleu et le vert ! Un arsenal juridique fut mis sur pied et ils furent mis au ban de la société́.

 

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Mettant à profit la croyance que le bois ne pouvait transmettre les maladies on les cantonna dans les métiers touchant à ce matériau. C’est ainsi qu’ils devinrent  au cours des siècles, les experts,

( les « mestres ») des métiers de la charpenterie et de la menuiserie.

 

Au Moyen-Age, le bois est un matériau très utilisé  tant pour le chauffage que pour la construction : colombages, charpentes tournantes des moulins, roues à aubes, couvertures de bardeaux, ponts, portes des villes, hourds, clochers, tonneaux...

 

Les cagots ne manquent pas d'employeurs.

A titre d'exemples, parmi tant d'autres, le contrat passé par l'abbé de Flaran, en 1574, pour reconstruire le clocher détruit quelques années plus tôt : il s'adresse à deux cagots de Valence, Jean et Menjolet Manciet qui

 « devront bastir et édifier ung clochier de boys sur l'esglize de l'abbaye et icelluy rendre parfiat et couert de tilles à quatre eaux. » Moyennant quoi, ils recevront pour leur peine 14 livres tournois, 3 cartels de froment et 2 pipots de vin,

ou encore celui que passe Gaston Fébus, en 1379, avec 88 Crestias (cagots)

qui devront recueillir dans les forêts vicomtales et transporter jusqu'à Montaner les poutres nécessaires à recouvrir le château alors en construction ; en contrepartie, tous les Crestias sont exemptés pour un an des impôts de fouage et de taille.

 

Indispensables, ils s'enrichissent, veulent s'insérer dans la société et multiplient les provocations :

A Lectoure, en 1560, ils se mêlent au reste de la population, au « commun peuple », un jour de fête. On les insulte et on les rosse. Ils intentent un procès, et ils le gagnent !

Car les comtes d'Armagnac, le Parlement de Toulouse mais aussi les archevêques et évêques prennent de plus en plus fait et cause pour eux.

A Guiserix, où Monseigneur Louis d'Aignan passe ostensiblement par la porte dite des Capots pour pénétrer dans l'église « suivi du curé des autres ecclésiastiques et du peuple. ».

A Monbert, le curé qui avait « enterré le fille de Guillaume Delon, charpentier, dans un lieu salle et aussi peu décent que celui où on la mise » se vit condamné à « déterrer ou faire déterrer la fille dudit lieu pour être enterrée dans le carré qui est dans l'église destinée pour les enfants qui viennent à décéder avant l'âge de la communion ou dans le cimetière dudit lieu, à quoi faire il sera contraint à peine de 100 livres et saisie de son temporel. »

En France, une ordonnance de Louis XIV tenta de mettre fin à l'emploi du terme "cagot". Mais le clergé persista à employer le terme jusqu'à une grande partie du XVIII siècle. Puis "cagot" disparu presque partout. Le terme continua néanmoins d'être utilisé en Navarre, et en Espagne où le phénomène survécut jusqu'en 1819, et même avec des traces au XX siècle.

 

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Les préjugés ont la peau dure et, en dépit des édits ou jugements qui leur sont favorables, les "cagots" devront attendre les guerres meurtrières de la Révolution et de l'Empire pour obtenir leur statut de citoyen à part entière : sur les champs de bataille, les hommes deviennent, par nécessité, solidaires.. et égaux !

 

« Toute société fabrique ses Cagots »

Abbé Gilbert Loubès

« L'énigme des Cagots »

Atelier d'Histoire du Foyer Rural de Bassoues

 

 

 

 Le Cami - N°84  Au Moyen-Âge, les églises étaient  colorées.
   

Des décors peints, mais aussi des scènes figurées, recouvraient  les murs.

Au Moyen Âge on utilisait surtout des ocres et ses dérivés (rouge, jaune), du blanc aussi, un peu de noir.

À la fin du Moyen Âge, au XIVe siècle, s’emploient de plus en plus le bleu et le vert que l’on voyait rarement auparavant.

Fabriquées à partir d’oxydes de fer, ces deux couleurs coûtent néanmoins plus cher. S’insèrent aussi dans les peintures médiévales des dorures.

 

BASSOUES - La décoration des églises

 

 

 On trouvait des peintures murales principalement dans le sud de la France, là où le climat est moins humide.

Le climat méridional a favorisé la préservation de grands ensembles peints,

 

BASSOUES - Décorations des églises

   

Les images avaient indiscutablement un rôle décoratif. Cependant, elles remplissaient aussi une fonction pédagogique à l’attention des fidèles. Elles représentaient par exemple le bien ou le mal.

 Les artistes représentent la vie quotidienne.

Certaines peintures illustrent parfois  des événements contemporains.

BASSOUES - Décorations des églises

   

On connaît très rarement les auteurs de ces œuvres.

On reconnaît la technique d’un l’artiste d’un monument à l’autre, la même façon de faire un visage ou un drapé. Mais le nom de l’auteur est généralement passé sous silence, comme d’ailleurs chez les architectes.

 

BASSOUES - La décoration des églises

   

 

 

BASSOUES - La décoration des églises

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La basilique Saint Fris a une architecture unique.  

Elle est composée de trois niveaux lui donnant un volume inattendu.

En contrebas, dans la crypte se trouve le cercueil en grès de Saint Fris ainsi qu'un reliquaire

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En 732, l’armée arabe d’Abder Rhaman, battue à Poitiers par Charles Martel, reflue vers les Pyrénées.

Légende -  Bassoues, Fris le combattant

Elle suit l’antique chemin de crête « la Ténarèze » qui relie la Garonne au col de Rioumajou, au-dessus de Bielsa en Espagne, quand, ici, au lieu-dit « l’Etendard », son arrière-garde se heurte à une petite troupe de Francs commandée par un certain Fris, fils de Rabbod, roi des Frisons et neveu de Charles Martel.

BASSOUES - Une bastide du Gers

 

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Le combat s’engage, les Francs sont victorieux,

mais au cours de l’action, Fris est frappé d’une flèche.

Son cheval l’emporte loin du champ de bataille, sur les bords de la petite rivière « la Guiroue » où le héros expire. Ses compagnons l’ensevelirent sur place.

 

 L’emplacement de la tombe était ignoré. 

Deux cent ans plus tard, un paysan du lieu fut fort intrigué par le comportement d’une de ses vaches : jamais cette bête ne prenait de nourriture et pourtant elle était la plus belle du troupeau. Il la surveilla et constata qu’abandonnant ses compagnes, elle allait lécher une pierre dissimulée dans les broussailles.

Le paysan dégagea la pierre et découvrit un sarcophage. 

Ayant soulevé le couvercle, il se trouva en présence du corps intact d’un guerrier encore recouvert de son armure, avec son casque et toutes ses armes. Une fontaine jaillit du sol à l’instant même ; alors l’homme se souvenant de la bataille qui s’était jadis livrée ici, ne douta pas un seul instant qu’il venait de découvrir les reliques de Fris, le saint martyr, mort pour défendre la chrétienté. 

Avec ses voisins accourus, il décida de lui donner un tombeau plus digne de lui.

A quelques centaines de mètres de là, au lieu-dit

« Tapia », où ils avaient certainement leur hameau, ils édifièrent une chapelle.

 

Le jour du transfert arrivé, en présence d’une grande foule, le sarcophage fut hissé sur un char auquel étaient attelés les bœufs les plus beaux et les plus forts du pays.

A la stupéfaction générale, ils furent pourtant incapables d’ébranler le char. 

Alors quelqu’un suggéra d’atteler la vachette qui venait lécher la pierre tombale. Seule et sans effort apparent, elle amena sa charge jusqu’à la nouvelle église.

 

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Depuis les miracles se succédèrent et les pèlerins accouraient de tous côtés.

Les moines de Pessan bâtirent un couvent sur les terres que leur avait donné le seigneur Raymond ; il connut vite la prospérité ainsi que le village venu se blottir autour de lui et de l’église. 

 

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En son centre, comme dans la plupart des bastides, s'élève une halle dont « le permis de construire » fut accordé en 1521 par le cardinal de Clermont-Lodève, alors archevêque d'Auch, en même temps que le droit de tenir un marché hebdomadaire et quatre foires annuelles. Sa solide charpente en cœur de chêne a fort bien résisté au temps et, il y a quelques décennies, elle était encore le « centre commercial » de la petite cité. 

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A l'origine la place était ceinturée de « couverts », boutiques ou ateliers protégés des intempéries par les habitations qui les surplombaient. Ceux qui ont survécu continuent d'offrir aux passants ombre et fraîcheur.

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A quelques pas, subsiste le puits commun. De ses deux fonctions premières, approvisionner les habitants et sauvegarder une réserve d'eau suffisante pour faire face à un éventuel incendie, il a conservé la seconde.

La légende prétend que sa profondeur correspond à la hauteur du donjon, soit quelques 45 mètres ! Ce qui est certain, c'est que pou immerger la pompe qui remplace les seaux d'antan, il fallut la descendre à 35 mètres

 

 

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La halle, un lieu d'imposition !

Au Moyen-Âge la halle était la propriété du roi. C’est en général le seigneur local qui demandait l’autorisation au roi de la construire. La halle faisait l’objet d’impôts (droits de cohuage et d’estalage).

Notez bien que, de nos jours encore, le vendeur de nos marchés paye un droit pour pouvoir s'installer.

 

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Dans les bastides du Sud-Ouest, la halle se doublait d’un bâtiment fermé.  

Ainsi, les halles servaient à la fois de lieu de transaction, de salle de réunion, de justice, d'administration, d'entrepôts du matériel d'incendie, voire de prison.  Souvent, le marché se tenait sous les arcades de la place,

 

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Au Moyen Âge et à l'époque moderne, la halle est désignée sous le nom de cohue.

Cette dénomination explique les droits de cohuage que devaient payer les négociants autorisés à s’installer.

 La halle pouvait parfois jouer le rôle de maison commune servant aux réunions municipales.

 

Elle était réalisée le plus souvent en bois. C’était la responsabilité des charpentiers.

 

 Depuis la Haute Antiquité, la dénomination de charpentier était donnée à toute personne œuvrant dans le domaine du bois.

Au Moyen Âge, le métier de charpentier recouvre encore tous les métiers du bois de fuste (de construction), opposé au bois de chauffe (de chauffage).

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On distingue  2 types de charpentiers :


1- Le charpentier de la grande cognée.

Il correspond, au charpentier actuel qui réalise avant tout des charpentes de maisons mais aussi de bateaux ; il monte également des planchers et réalise des façades en colombages.

 

2- Le charpentier de la petite cognée 

Le charpentier de la petite cognée travaillait plutôt en atelier et fabriquait toutes sortes de meubles et d’objets (sièges, armoires, portes, fenêtres, etc…).


Le charpentier de la petite cognée deviendra « menuisier » à partir du XIIème siècle.

 A la fin du XVIIIe siècle les halles en bois connaissent  des fortunes diverses.

 Leur entretien coûteux  fait que beaucoup de bâtisses, se trouvent en ruine et contraignent les « communes » à leur destruction.

 Pour des raisons politiques, la Révolution a été aussi à l’origine de la destruction de certaines halles parce qu'elles symbolisaient le pouvoir seigneurial.

Au  xixe siècle les grandes charpentes en bois sont abandonnées pour des questions d’hygiène. Les marché couverts en dur (fer et béton) s’imposent.

 

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