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Au pied d’une cathédrale, vous avez certainement levé la tête au ciel pour admirer l’édifice prestigieux. Vous n’avez pas pu éviter le regard de ces créatures effrayantes et inquiétantes, perchées sur ses promontoires. Ces sculptures, creuses, permettent à l'eau de pluie de s'écouler du toit, un peu comme les gouttières d'aujourd'hui. C'est sans doute le bruit que fait l'eau en coulant à l'intérieur qui leur a donné leur nom . Quand les sculptures ne sont pas creuses et ne servent qu'à décorer le bâtiment, on les appelle des chimères. Gargouilles comme chimères semblent nous narguer. Elles tirent la langue comme pour se moquer de nous et font les pires grimaces comme si elles voulaient faire détourner notre regard et notre esprit malin ou démoniaque. Leur aspect terrifiant est celui du gardien du Bien que représente l’église contre le Mal, pire ennemi de la religion catholique. Il fallait un moyen pour éloigner le Mal des églises, Maisons de Dieu.. Les gargouilles étaient donc les gardiennes du Bien, et par extension les gardiennes des églises. La légende raconte que les gargouilles hurlaient à l'approche du Mal, qu'il soit visible (sorciers, magiciens, démons incarné) ou invisible. Le vent sifflant dans les arches des Églises . La légende de la Gargouille de Rouen, origine de la naissance des Gargouilles. Une créature aux airs de dragon surgit des eaux de la Seine en crachant des torrents d’eau qui détruisirent les récoltes et firent de nombreuses victimes semant la désolation autour de lui. La bête avait un corps de reptile à la tête l écailleuse dotée de grosses dents pointues et de deux yeux brillants. En l'an 520, un prêtre du nom de Romain , qui deviendra par la suite Evêque de Rouen, promît aux habitants de se débarrasser de la bête à la condition qu’ils adoptent la religion catholique. Assisté d’un prisonnier condamné à mort, Saint Romain partit alors à la rencontre de la créature. L’antre de la gargouille se situait au bord de la Seine. Le prêtre réussit à l’amadouer d’un simple signe de croix, passa son étole autour de son cou et ramena la bête à Rouen, tel un chien en laisse ! Les Rouennais, ne croyant pas à la soudaine innocence retrouvée de la gargouille, demandèrent sa mise au bûcher. Mais, alors que la bête se consumait, sa tête et son cou, endurcis par son feu intérieur ne purent brûler. Seul le corps de l’animal brûla, contrairement à sa tête et son cou qui restèrent en parfait état et furent exposés sur les remparts de la ville, servant ainsi de modèle à ce qui allait devenir par la suite "la grande cohorte des gargouilles". Voilà qui explique la multiplication des représentations de gargouilles aux styles variables, selon l’inspiration des sculpteurs de l’époque Attention ! C’est à la tombée de la nuit, bien après le couvre-feu, que ces statuettes flanquées au bord des toits des monuments que ces créatures de pierre reprennent complètement leurs droits. Pensez-y quand vous passez, le soir, près d’une cathédrale ornée de ces sculptures fantastiques |
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