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TOUTES LES PHOTOS DES RONDS-POINTS DU JOURNAL SONT "ORIGINALES. Les ronds-points qui nous intéressent sont ceux qui font la promotion d'une ville, d'une région, d'une activité économique. |
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Aurait-on pu croire que la taille d'une pierre se faisait avec des scies ? Ici la pierre est tendre. Nous sommes en Provence. Du Ventoux aux Monts de Vaucluse en passant par le Luberon, la Provence concentre un patrimoine considérable de constructions en pierre sèche : terrasses de cultures, cabanes (bories), aiguiers, bergeries, habitats troglodytes... Ce patrimoine fait partie intégrante des paysages provençaux. Cet ouvrier utilise une scie crocodile. La Scie Crocodile
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Nous sommes au cœur du Lubéron tout près d'Oppède et de la carrière des Estaillades. -Les pierres de cette carrière se retrouvent dans les merveilleux villages de Gordes, Bonnieux, Menerbes, Lacoste... Elles furent utilisées dans la construction massive dans de très nombreux édifices du grand sud de la France de la rue de la République à Marseille ou pour la construction de bâtiments sur les quais Lyonnais dans les années 60... La carrière était il y a encore 15 ans exploitée partiellement en galeries souterraines. Aujourd'hui la Pierre des “Estaillades” est extraite à ciel ouvert. La production est de l'ordre de 20 000 m3 par an. |
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| Sur un des blocs, une plaque indique que le rond-point a été réalisé à l'initiative d'une association. |
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Le Taillant Le Taillant ou Laie ou encore Laye est un marteau emmanché qui possède deux tranchants droits et parallèles au manche. Il est employé pour le dégrossi et la finition des parements. Dans la pierre tendre, il a été remplacé au XIXe siècle par le chemin de fer, plus rapide, donc plus rentable.
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LES CHANTS DE LA PIERRE par Thierry Lacombe |
| A 14 ans, comme tous les gamins de mon village, je suis allé travailler à la carrière. Pour se muscler, les premiers travaux exercés par les apprentis étaient de réaliser le découvert de carrière, c'est-à-dire le piochage et l'évacuation de la couche de terre et de rocailles qui recouvre le premier banc de pierre. L'autre travail était appelé la « fouille », il constituait à décoller les premières dalles de pierre exploitables de la couche supérieure. C'est dans ces bancs plus ou moins fracturés qu'étaient fabriqués les murs en moellons de nos maisons. Pour effectuer ce travail, nous étions 3 apprentis armés d'une lourde barre de fer, la pince, que nous glissions en force dans le délit naturel de la couche et en faisant levier de tout le poids de nos corps la pierre s'écartait de la masse. Ces grossières tranches étaient souvent très grandes et très lourdes. Une fois libérées, il fallait les transporter en les poussant sur des roules jusqu'aux chariots. Au départ, je trouvais le travail trop dur. De plus, nous étions payé à la pièce et pas bien cher... Mais, lentement j'ai appris à aimer ce travail. Nous étions une équipe unie de trois costauds, et même si le fait de déplacer ces cailloux pouvait paraître anodin, cela demandait une technique bien particulière. Personne ne ménageait son effort et chaque pierre arrachée à la carrière était une petite victoire commune que nous avions l'habitude de célébrer d'une tape mutuelle dans le creux de la main. Il me reste des souvenirs très forts de cette période. La vision toujours unique de la surface de pierre brute devant nous ; cette pierre, vieille de plusieurs millions d'années, qui voyait la lumière du jour pour la première fois. Et plus encore, il y avait le bruit, un bruit unique de succion humide, le signal de la séparation de la pierre de la masse, ce qui était pour nous un signe de victoire ou nous redoublions nos efforts pour soulever et basculer la plaque dans un même élan. Aujourd'hui, j'ai grandi et appris, je suis tailleur de pierre et la pierre continue à émettre sa musique à mes oreilles. Lorsque je travaille, j'écoute instinctivement le son de mes outils sur la pierre. Je suis le musicien à défaut d'être le chef d'orchestre; comme lorsque je teste la solidité d'un bloc en le frappant avec ma massette, il me révèle sa densité en sonnant comme une cloche, une matité me dit de me méfier. Le maillet qui frappe le ciseau d'un son clair, le « Poc » de la chasse qui éclate l'arête, le hurlement du chemin de fer qui rabote les reliefs, le feulement de la râpe qui use la pierre ; j'aime cette musique. Et je suis heureux lorsque la pierre chante pour moi et que, pour m'accompagner, tout l'atelier résonne des cloches et des carillons des tailleurs de pierre. |
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