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La première des conditions pour reprendre une activité pleine est de renouveler l'équipement d'avant-guerre qui a subi les séquelles de l'abandon
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Il faut réparer les barques quand il ne s'agit pas de les reconstruire. La barque catalane à fond plat est l'outil indispensable pour aller sur l'étang
Indispensables, également les "perches en bois" qui plantée au fond de l'étang permettent d'accrocher les filets.

Les "pals" (perches en bois) qui permettaient de fixer les filets.
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Une barque de pécheur et ses filets.
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Autre préoccupation d'importance, trouver le coton nécessaire à la confection de nouveaux filets. Nous sommes à une époque où seule cette matière permet la réalisation de cette œuvre d'art que constitue le filet d'un pécheur. Le coton est vendu en bobines et représente une part conséquente du budget d’un pêcheur. Il faut en outre se procurer le plomb nécessaire au lest du filet. Le plus petit morceau de métal est le bienvenu. Fondu avec d'autres dans des moules de fabrication artisanales il constituera les éléments indispensables au lestage du filet. |

La place du village de Leucate autrefois
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Le lieu-dit la Caramoun en 1971.
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Assis devant leur maison, sur le perron, sur une chaise ou en haut de l’escalier les hommes montent leurs filets. La technique de pêche en étang nécessite des connaissances particulières souvent acquises d'une génération à l'autre. Le pêcheur a auparavant fabriqué ses aiguilles en bois de différentes grosseurs en fonction de la maille à obtenir. Selon l'espèce traquée la maille était plus ou moins large. Les anguilles et crevettes par exemple exigeaient une maille très serrée |
Les filets étaient fixés à des endroits choisis en fonction de l'espèce et de la saison. Les bâtons une fois enfoncés d'un geste circulaire dans le fond de l'étang permettait t de les maintenir. Les bâtons étaient appelés des pals. Un cordage permettait de maintenir le filet sur le pal. Des filets verticaux (les paladières) servaient de barrage et permettaient de renvoyer le poisson vers les poches qui constituaient les pièges dans lesquels ils s’engouffraient.La pose des filets nécessitait un temps clément. Parfois l'installation était interrompue à cause du mauvais temps et d'un vent trop fort. La manipulation des filets n'était pas chose facile vu leur poids. Le seul moyen de les déplacer après la guerre était la brouette. C'était le moyen de transport le plus souvent employé pour aller du village au "Moural de Bilo" qui était l'anse dans laquelle les barques étaient amarrées.
Les filets une fois implantés, il fallait attendre que le poisson se prenne.
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Pas question de laisser les filets dans l'eau trop longtemps. Ils avaient vite fait de se couvrir d'algues ou de coquillages. Il était donc indispensable de le lever presque chaque jour pour le nettoyer et retirer le produit de la pêche . Cela se faisait le matin de bonne heure en général. L'étang était alors couvert de barques qui manipulaient dans tous les sens. Avant de rejoindre les points d'attache. Les deux anses les plus fréquentées étaient le Moural et la Caramoun. |
Le pécheur retrouvait sa brouette avec laquelle il ramenait son poisson au village.

LOUP DORADE MULET SOLE
Il y avait des mulets, des soles, des loups ou des dorades. Sans tarder la distribution se faisait en honorant d'abord les commandes passées par les particuliers. Le village était à la fois connaisseur et consommateur de poisson. L'anguille était sans nul doute l'espèce que les leucatois préféraient le plus. Après la guerre la pêche à l'anguille avait pris une telle importance que les pécheurs avait été contraints de mettre au point un système de conservation de l'espèce. Il s'agissait d'utiliser des viviers en bois capables de flotter sur l'eau. On y conservait les anguilles vivantes jusqu'à leur vente. Une partie de la pêche étaient écoulée en Italie. Un bateau amarré à Port la Nouvelle permettait une liaison régulière vers ce pays. Un camion vivier acheminait les anguilles jusqu’au port

Barques de pécheurs à la Caramoun.
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En fonction du fond de l'étang certaines espèces se multipliaient plus que d'autres à certains endroits. Sur les fonds sablonneux les carrelets et les plies se plaisaient. C'était en particulier du côté mer où de nombreux filets étaient relevés deux à trois fois par jour tellement ils étaient pleins. Les plies en quantité permettaient de fabriquer une gourmandise appréciée qu'on appelait la "boutargue". La production en était devenue si importante que les consommateurs en étaient rassasiés.

La "boutargue" appelée "poutargue" dans certaines régions est fabriquée avec des œufs de poissons. Les pécheurs de Leucate utilisaient les œufs de plies.
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Un CARRELET
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Une PLIE
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Ainsi l'après-guerre fut une période où la pêche fit revivre le village. Longtemps, certaines familles leucatoises en ont vécu. Mais la rentabilité de l'activité, les conditions de son exercice ont éloigné les jeunes d'une pratique qui devenait de plus en plus difficile particulièrement l'hiver quand la tramontane et l'eau gelée de l'étang rendaient les mains douloureuses.
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