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ASSOUVIR SA PASSION !
Quoi de plus grisant que de gravir les pentes d'un col au sein d'un paysage enchanteur et de savourer une victoire sur soi. Goûter à la satisfaction d'absorber 1000, 1500 voire 1700 à 200 mètres de nivelés pour profiter d'un panorama de rêve, c'est certainement un critère majeur d'appréciation de la "petite reine". Encore faut-il s'en donner les moyens. Par temps de confinement, finie la cerise sur le gâteau, finie la délectation face au spectacle grandiose de la nature. Dans l'entrainement en vase clos, le vélo n'avance que dans sa tête. Mais on est capable du sacrifice quand la passion nous dévore.
Un an plus tard il découvrit avec le tricycle, qu'il était plus facile d'avancer en pédalant. Le nouveau jouet était, comme un fil rouge, le recours à une activité qui meublait tous ses moments d'oisiveté. Il le suivit à la ville comme à la campagne jusqu'au jour où, pour faire comme les grands, il aspira à se contenter de deux roues.
Ce fut alors le début d'un long périple aux étapes multiples d'amusements, de joies et de compétitions.
Ces étapes, il les partagea avec son frère, plus jeune, un peu plus enclin à profiter du souffle d'Eole sur sa planche à voile mais toujours prêt à enfourcher son vélo pour gravir une côte.
Le temps passa. Un stage lucratif au rayon des vélos d'une grande surface lui donna l'occasion de mieux connaître l'engin qu'il chevauchait et d'améliorer ses performances. C'est peut-être ce qui le mena sur la ligne de départ d'une course mythique en Ariège. L'Ariègeoise, course digne d'une étape du Tour de France est organisée chaque année. Un rituel qui incite à la mise en forme, condition, pour, non pas gagner, mais pour arriver au bout de l'étape. Une victoire sur soi-même gratifiante qui pousse à reconduire l'expérience l'année suivante.
Mais voilà...confinement oblige, le test grandeur nature est compromis cette année. L' Ariègeoise est annulée.
En 2018 il apprit qu'une étape du Tour de France était ouverte aux amateurs qui "voulaient s'essayer". Il s'inscrivit, s’entraîna ardemment avec la crainte constante de ne pas être à la hauteur. L'épreuve fut l'occasion de quelques jours de villégiature à Annecy.
En attendant des jours meilleurs, le "casotte" (mot occitan qui désigne une cabane, un abri) voit, presque chaque jour un individu casqué se défouler sur un vélo qui n'avance pas, avec fixés sur le guidon toutes sortes d'appareils.
Faut-il pour autant abandonner l'entrainement ? Il n'en est pas question. Tous les artifices sont bons pour maintenir la forme avec le secret espoir de satisfaire un rêve : celui d'aller à vélo, par étapes de Hendaye à Massat. Coronavirus le permettra t-il ?
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