Le Clôt c’est la ferme de Baptiste. Tout le monde l'appelle Baptistou.. Il a hérité des terres de ses parents. Un acte d’achat fait foi que, avant de s’installer au « Clôt », la famille possédait des terres non loin de là sur le lieu-dit Carrabas situé dans le massif de l’Arize.

Tout près de la ferme s’étale le long d’un chemin, le hameau « Les Rhodes ».

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Durant les années 1800, les jeunes désireux de rester au pays montaient sur le massif ensoleillé pour défricher un morceau de terre, construire une maison, tout ce qu’il y a de plus simple et s’installer.

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Le Clôt caché dans les bois du massif de l'Arize

 Baptiste possède trois vaches. Il s’apprête à les traire. Il ramènera le lait dans les deux « marmitous » qu’il tient dans sa main droite.

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Lucie et Batiste devant leur maison

 La production moyenne d'une vache en  lait est de 2 ou 3 litres par jour, soit un sixième de ce que donne une bonne laitière normande.

Compte tenu de la modeste production, ce lait sert surtout à la consommation domestique (consommation directe, cuisine, confection de beurre et de fromages).

 

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La maison de Lucie et Batiste durant les années 1970

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Comme il n'y a pratiquement aucun bœuf, le travail de somme est imposé aux vaches, notamment au moment des fenaisons,

 Les vaches ariègeoises sont le plus souvent des montagnardes robustes mais des modestes laitières. Ce sont elles qui fournissent l'indispensable fumier qui enrichit les terres du jardin et les surfaces cultivées.

 

La parcelle de blé indispensable à la production du grain permet la fabrication de la farine.

Lucie et Baptistou font leur pain qu’ils conservent dans la maie, à l’abri des rongeurs.

La main gauche de Baptistou, cache une cigarette qu’il vient de « rouler » avec du papier à cigarettes « JOB » fabriqué à St Girons sur les bords du Salat.

Comme il est de coutume à cette époque, Lucie est vêtue de noir. Elle a, aux pieds les chaussettes qu’elle a tricotées. Baptistou a chaussé ses sabots, chaussures qu’il est d’usage de porter pour travailler.

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Recensement du bétail du 30 juin 1918

Quatre vaches, deux cochons 

 

Au Clôt deux cochons étaient achetés tout jeunes chaque année. On prenait le temps de les “préparer” en leur donnant à manger tout ce qu’il y avait de mieux pour les engraisser. 

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Une des deux bêtes était destinée à la consommation personnelle, l’autre à la vente. Quand on avait décidé de s’en débarrasser, on choisissait la foire à laquelle on comptait la vendre. Cela se passait à Massat.

Le commerce du bétail se faisait aux foires de Saint-Girons et de Massat, lieux d'approvisionnement des éleveurs du Nord du département, qui les achetaient aux montagnards pour les engraisser avant de les revendre ; c'était aussi là que venaient s'approvisionner les acheteurs espagnols. Quand la frontière était fermée (en période de guerre, notamment), les paysans n'hésitaient pas à se rendre à pied avec leurs bêtes jusqu'en Espagne pour les écouler.

 

La veille du marché on attelait les vaches au tombereau. Le cochon était chargé dans le tombereau . On descendait au village. Le cochon était placé en pension moyennant quelques consommations chez “La Bergère” qui tenait un café face à la mairie.

Le jour du marché il fallait absolument vendre le cochon pour ne pas avoir à le remonter.

L’autre cochon était dorloté jusqu’au jour fatidique : celui de sa fête que l’on choisissait suffisamment à l’avance pour permettre aux “couteaux affûtés ”d’assister à sa mise en pâté, en boudin, en rôtis, en jambons, en côtelettes ...en un mot...en morceaux. La nuit s’achevait par des blagues ou des jeux de cartes en sirotant de l’eau de vie flambée dans laquelle on trempait de temps à autre une pierre de sucre.

 

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Une des occupations des femmes est de surveiller les "bêtes".

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A Massat, le marché aux bestiaux se tenait au « Pouetch », un espace vert attenant au village.

C’est la que les bêtes à vendre et leurs propriétaires attendaient un acquéreur éventuel.

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La Mairie de Massat

   Une autre fête rassemblait tous les gens qui s’aimaient bien : c’était celle du dépiquage du blé.

Les hommes regroupent leurs efforts pour certains travaux pénibles ou devant être menés rapidement : coupes d'arbres, transports volumineux, constructions de granges, de murs ou de maisons, aménagements de l'irrigation, abattage d'un cochon qu'il faut charcuter entièrement en quelques heures. Certains sont connus pour leurs talents de charcutier (tâche également féminine), de couvreur, de maçon, de menuisier, de sabotier.

Les femmes, quant à elles, se regroupent pour filer le lin, lent travail manuel qui paraît moins fastidieux quand il est fait à plusieurs. Communautarisme et individualisme vont ainsi de pair, dans un milieu où tout le monde vit peu ou prou de la même manière. Le rôle social de la veillée, que l'on pratique à tour de rôle chez les uns puis chez les autres pour économiser le coûteux pétrole, n'est pas négligeable dans le renforcement de cette vie communautaire.

Au Clôt, il y avait chaque année au moins trois meules de blé qui attendaient que l’on sépare le grain de la tige. Cela se faisait avec une batteuse rudimentaire animée par des vaches qui, a force de tourner en rond étaient comme saoules. Il arrivait que certains convives soient dans le même état pour avoir trop apprécié le vin tiré de la barrique aidés par la folle ambiance qui naissait de cette réunion.

“Les fêtes étaient simples mais très conviviales. La vie n’était pas facile mais personne ne se plaignait”, nous dit Yvonne. “ Nous étions tous placés à la même enseigne.

 

Le blé servait chaque année à produire son pain. Il était porté au moulin de Biert.

 

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Le vieux moulin de Biert situé tout près de l’actuelle route de St Girons, appartenait autrefois aux seigneurs de Massat. On devine le chenal qui amenait l’eau pour actionner les meules.

Nous remontions la farine.

A chaque fournée on faisait 4 ou 5 pains que l’on stockait dans la huche.

Bien sûr ce n’était pas du pain blanc. Seul Batistou avait droit au pain blanc à son petit déjeuner.

De temps à autre, Maman faisait des fougasses...Je me rappelle qu’elle passait du jaune d’œuf sur la pâte...c’était un régal avec du sucre...”

On plantait aussi des pommes de terre. On les stockait dans la grange du haut. La quantité m’impressionnait quand on les récoltait. On en gardait une partie pour notre consommation et on vendait

  

 

Le premier quart du XVIIIe siècle voit arriver la tomate puis le mounjé, haricot blanc qu'on apprend vite à sécher pour le conserver l'hiver. Le mounjé remplace d'abord le millet dans une partie des repas, avant qu'apparaissent des recettes plus élaborées. Mais la véritable révolution alimentaire est celle de la pomme de terre, apparue au milieu du siècle. D'un rendement à l'hectare sept à dix fois supérieur à celui du millet et du mounjé, elle éradique le millet et l'orge des champs et des marmites en quelques années.

À la fin du XIXe siècle, les premiers géographes à sillonner le Couserans décrivent le Massadel comme se nourrissant presque exclusivement de pommes de terre, et s'étonnent de la santé et de la longévité d'une population soumise à un régime alimentaire aussi peu varié. Preuve de l'importance prise par le tubercule, il modifie l'architecture des maisons, auxquelles on rajoute désormais une cave ou une remise aveugle, spécialement conçues ou creusées pour la conservation de ce légume-phare.

On avait beaucoup de poules. Tellement qu’on ne pouvait manger parfois tous les oeufs qu’elles pondaient. Mon père les jetait. Ma mère n’était pas contente. Mais il ne fallait rien dire : c’est lui qui commandait. On gavait aussi les canards pour les engraisser et en faire du confit.

 
 Les femmes ne se contentent pas des travaux d'intérieur ou ménagers. Elles doivent s'occuper des potagers proches des maisons

La basse-cour et les clapiers sont à la charge de la maîtresse de maison. Poules, canards, oies, pintades, lapins, tous sont voués à la marmite, les poules bénéficiant d'un sursis tant qu'elles pondent. Les plumes des volatiles finissent en garnissage de couettes..

On avait en moyenne 6 à 7 vaches par an qui nous produisaient le lait et de temps à autre un veau que l’on vendait à la foire. Une de mes occupations était de garder les vaches.

Le bétail bovin est toujours surveillé, pour éviter qu'il aille chez le voisin et pour lui faire brouter méthodiquement le pré : on le mène au champ à l'aube, on le rentre pour midi afin de ne pas le laisser sans surveillance, puis on le ressort jusqu'au crépuscule. Il faut surveiller le bétail pour éviter qu'il ne s'échappe ou ne se blesse. Ces travaux de garde incombent aux enfants, ainsi que le renouvellement des litières de fougères dans les granges. La perte de l'unique vache est, pour une famille modeste, une catastrophe : les petits pâtres sont responsabilisés tôt.

 
 

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Sur le massif de l"Arize le bois reprend ses droits. Le hameau "Les Rhodes" sur la versant ensoleillé du massif où les jeunes sont montés s'installer après avoir déboisé des parcelles de terre.

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 Aujourd'hui, le hameau "Les Rhodes" est habité par des "estivants" qui viennent profiter de la vue sur la vallée de Massat.

 

L'hiver, le milhas, galette de maïs), est frit à l'huile ou à la graisse pour améliorer épisodiquement l'ordinaire. Prunes, poires et baies (mûres, framboises,  myrtilles, fraises) permettent d'échapper un temps à la pomme. La pomme est l'unique fruit frais d'hiver ; noix et noisettes se consomment également jusqu'en décembre.

 

Lorsque nous nous déplacions, nous le faisions le plus souvent à pied. Nous prenions les chemins de traverses pour nous rendre à Massat par exemple…Nous étions habitués.

Le transport de masse étant impossible à cause de la médiocrité des voies de communication, l'alimentation ne consomme pratiquement que les produits de la vallée et de la ferme et varie fortement, en nature et en quantité, au fil des saisons.

 

 L’été, la production du potager fait exploser la variété des menus : salades, choux, haricots verts, petits pois, carottes, poireaux, navets.

 

 

 

 

 

 

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