En cette année 2025, voilà 120 ans que le Sénat et l’assemblée nationale ont adopté la loi de la séparation des églises et de l’état. A cette occasion, nous allons nous rendre dans le hameau de COMINAC qui se trouve dans une vallée voisine de celle de MASSAT.

Quel rapport avec la loi de séparation des biens de l'état et des églises, me direz-vous.

Vous le saurez lorsque j’aurai fini mon récit.

Pour aller de Massat à Cominac, il faut emprunter la route départementale D17 et franchir le col du Saraillé.

Autrefois, seuls le mulet et la charrette pouvaient conduire le voyageur jusque là par un chemin de terre étroit. A son point de départ à Massat, sur le mur de la chapelle de L' Aisle une plaque rappelle que le chemin avait pour nom  "Chemin d’Oust » parce qu'il pouvait mener jusqu’à Oust, le plus gros village de la vallée voisine.

 

Deux charrettes pouvaient tout juste se croiser sur un trajet  sinueux.

Aujourd’hui la route est toujours aussi sinueuse mais le revêtement bitumé la rend beaucoup plus agréable.

Il nous est souvent arrivé de la pratiquer à vélo. Le circuit permet d’allier sport et culture.

Le franchissement du Col d’Ourben ( et non "Urben" comme indiqué sur la carte) peut permettre la visite du rocher mythique du Ker.

MASSAT - La petite église du Ker

Aller au Ker de Massat c'est faire un voyage au sein d’une nature troublée par le temps et les hommes, c’est suivre les traces d’un passé historique local chargé mais c’est aussi découvrir un lieu mythique. 

 

Sur le lieu marqué "Petchets", sur la carte, étaient célébrés autrefois des offices religieux. Si on s’amusait à creuser le sol au pied du rocher du Ker, on arriverait peut-être à trouver des os de ceux qui ont cru à une religion nouvelle et qui ont suivi les préceptes de contestataires du catholicisme tel qu'on le pratiquait .

 

 

Une légende se rattache au lieu, celle d’un Saint, seulement connu de quelques massatois. Il s'agit de Saint Branda.

 

 

 

Le mysticisme aidant, une grande croix existe depuis belle lurette au sommet du rocher. Son remplacement, il y a quelques années a été l'occasion d'une curiosité évènementielle  lorsqu'il a fallu la remplacer. On a fait appel à un hélicoptère. Dernièrement le courroux des cieux -peut-être celui de Dieu - s'est manifesté en la faisant prendre pour cible par la foudre. Le monument emblématique du rocher, abimé n'a pas résisté aux intempérie. La presse locale s'en est fait l'écho.

Peut-être les massatois, verront-ils à nouveau une grande croix voler dans les cieux pour se poser sur le sommet mythique qui a vu les hommes préhistorique s'installer sur les rives de l'Arac..

MASSAT - La légende de St Branda

 

Juste après le col, existe encore la grange qui abritait la charrette du laitier qui passait chaque jour de ferme en ferme pour récolter le lait destiné à la coopérative.

 

Et puis la route longeait les terrains de la ferme d’un paysan qu’on a toujours connu sous le nom de Tristenaz, ( Triste nez en français). Ce n’était pourtant pas quelqu’un de triste, loin de là, surtout quand il avait un peu forcé sur la gnole.

Plus haut, juste avant un passage un peu plus étroit, une grande croix avait été plantée près d’un bassin alimenté par une source. C’était parfois l’occasion de se désaltérer. Notre surprise a été grande le jour où nous avons constaté que le christ avait disparu. S’était-il, une fois de plus libéré de ses clous ? On apprit plus tard qu’on voulait le repeindre pour le faire tout beau tout neuf.

Ainsi, de découverte en découverte, la route mène au village du Saraillé, point de départ du dernier kilomètre particulièrement ardu avant le col qui débouche sur un plat très agréable qui traverse un bois avant une ouverture providentielle sur le plateau de Cominac.

 

 

COMINAC - Plateau découverte

 

Cominac est un hameau situé prés d'Ercé dans la vallée du Garbet connu pour ses granges à l'architecture particulière dites "granges à pas d'oiseau". Leurs pignons comportent des gradins formés par des dalles de schiste. Ces "peyrous" servaient à protéger le toit de chaume. La culture de seigle et de blé ayant disparu les toits sont maintenant couverts d'ardoises ou de tôles.  Autrefois l'élevage des bovins était l'activité principale des habitants de Cominac. En été les troupeaux paissaient sur les estives. Puis, ils étaient déplacés de pâtures en pâtures en se rapprochant du village prés duquel ils passaient l'hiver. Sur chaque pré une grange dans laquelle était stocké le foin récolté durant l'été apportait un complément de nourriture au bétail. Ainsi s'explique le grand nombre de granges aux alentours de ce village.

Placé sur la soulane sur un plateau dominant la vallée du Garbet, Cominac est le départ de quelques sentiers de randonnée à travers bois et prés avec une belle vue sur le mont Valier

 

COMINAC - Plateau découverte

 

Ce site est classé comme site d'intérêt patrimonial pour la spécificité de ces Granges à pas d'oiseaux. Elles étaient construites en pierre de Granit avec des toitures en Chaume. Les pignons à redents étaient couronnés de dalles de Schiste formant des gradins. Cette disposition avait plusieurs avantages :

1.Proteger les murs pignons

2.Créer un arrêt pour le toit de chaume et éviter une altération trop rapide

3.Permettre d'accéder à la faitière.

 

 

 

COMINAC - Plateau découverte

COMINAC - Plateau découverte

COMINAC - Plateau découverte

COMINAC - Plateau découverte

 COMINAC - Plateau découverte  

COMINAC - Plateau découverte

 

 

 

 

ARIEGE - DES GRANGES A PAS D'OISEAUX

 

ARIEGE - DES GRANGES A PAS D'OISEAUX

 DES PHOTOS DE GRANGES

 

 

ARIEGE - DES GRANGES A PAS D'OISEAUX

 

ARIEGE - COMINAC, DES GRANGES A PAS D'OISEAUX

 

 

 

Après le plateau de  Cominac il est possible, soit de prendre à droite pour aller sur OUST, soit continuer à gauche pour rejoindre le village d'Ercé.

Descendons sur Ercé !

MASSAT : DES OURS NON LOIN DE Là.

  Ercé, petit village non loin de Massat.

Le village d'Ercé se niche au bas du versant ensoleillé de la vallée du Garbet.

 La vie à Ercé durant les années 1800 n’était pas facile. Sur les pentes aujourd’hui boisées se cultivait autrefois la pomme de terre, jusqu'en haut, sur des terrasses étroites.

LES OURS d'ERCE

 Les mois d'été on  engrangeait du foin et des provisions pour l'hiver. La moindre parcelle de terre était exploitée pour produire  de quoi vivre en autarcie ( légumes, seigle, maïs, fruit), chaque maison élevait cochon, volailles, bétail.

Les vallées d’Alet et du Garbet  étaient très peuplées. Vers 1850, on y comptaient jusqu'à 10.000 habitants (pour 1500 environ aujourd'hui). Mais en raison des conditions de vie difficiles les habitants s’expatriaient pour exercer des travaux leur permettant de continuer à vivre  au pays (vendanges, travaux agricoles en Espagne, colportage)

Dans ces deux vallées on n’ira pas sur les routes pour vendre breloques, statuettes ou articles de mercerie. Un gros bâton à la main les bergers d' Ercé, d'Aulus ou d' Ustou, mèneront à travers le pays un animal enchaîné qu’ils ont dressé. Ce compagnon c’est l’animal de rêve des enfants : l’ours.

 

LES OURS d'ERCE

En 1880 une cinquantaine d’hommes exerçaient le métier de montreurs d’ours. Il y eut même à Ercé une école, unique en France qui forma jusqu'à la guerre de 14-18, ceux qui partaient exercer ce métier en France, en Europe puis aux Etats-Unis pour essayer d’y faire fortune. C’est ainsi qu’ Ercé connut une forte émigration

 

LES OURS d'ERCE

Le métier de Montreur d’Ours était pratiqué depuis le Moyen-Age, en France et dans toute l'Europe, par les Tziganes ou Bohémiens

A la fin du XVIIIe siècle, on voit les premiers Montreurs d'Ours pyrénéens à Ustou..

Au XIXe siècle, cette activité périclite à Ustou pour se  développer dans la vallée du Garbet (Ercé, Oust, Aulus).

Les oursons capturés jeunes, dans les Pyrénées étaient dressés. On leur apprenait à marcher sur leurs deux pattes de derrière, à mimer un corps à corps ou l'attaque d'un troupeau. Les oursons  vinrent petit à petit à manquer. Cela a poussé les dresseurs à les acheter à Marseille où l'on trouvait des marchands d'animaux s'approvisionnant dans les pays des Balkans

Les Montreurs d'Ours pyrénéens ont été moins nombreux à partir du début du XXème siècle. C’est sans doute le début de la guerre 1914-18 qui a favorisé l’extinction de cette activité. Les Tziganes et le Bohémiens continuèrent néanmoins à parcourir l’Europe avec leurs ours.

Il est bon de noter que cette activité de Montreur d’Ours a favorisé l’émigration de nombreux habitants de la vallée du Garbet vers les Etats-Unis. Ces hommes et femmes ont, par la suite, changé d’activité pour exercer d’autres métiers, dans la restauration, en particulier.

L’émigration temporaire au début, faisait que les pyrénéens revenaient au pays "fortune faite". Actuellement beaucoup ne reviennent dans la vallée que pour passer quelques jours de vacances.

Ce mouvement migratoire est caractéristique de la vallée. Rares sont les maisons qui n’ont pas un occupant ayant passé un temps en Amérique : on les appelle  les Américains de la vallée.

Le hasard a voulu qu'un dimanche, nous puissions assister à la fête du village.

Trois musiciens attendent sur le parvis de l'église. Ils sont accompagnés de trois magnifiques ours. Après la messe, les paroissiens assistent à un mini concert de musique d'origine slovaque.

Instruments utilisés : un cymbalum, une flute de pan, une mini harpe.

 

A la sortie de l'église les paroissiens mangent  le pain qui a été béni durant la cérémonie. 

 

 

 

 

MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"

MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"

MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"

MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"

Aujourd'hui, l'histoire incroyable des "oursaillers" de la vallée d'Ercé garde des traces au travers des cartes postales émises lors de cette période extraordinaire.

A Ercé et dans les villages voisins d'Ustou, Aulus et Oust, dans les vallées du Garbet et de l'Alet, en Pyrénées ariégeoises, beaucoup d’habitants ont,  parmi leurs ancêtres, un montreur d'ours.

On les appelle ici les «oursaillers».

En 1850, la vie dans ces vallées boisées était difficile. La misère poussait les jeunes Ariégeois à trouver de nouvelles sources de revenus. Ils achetaient un ours et ils partaient sur les routes de France puis en Amérique. Certains décidaient d'apprivoiser des ours, de les dresser et d'aller les montrer.

 

On chassait l’ourse souvent pour récupérer le petit. Celui-ci était  nourri au lait et à la farine de maïs pour lui soustraire son instinct carnassier. On lui apprenait quelques numéros.…

A Ercé, existait une école de dressage.  Quand l'ours entrait dans l'âge adulte, on le ferrait c'est-à-dire, qu'on lui plaçait un anneau au niveau du museau pour y accrocher une chaîne pour le conduire et l'obliger à obéir.

Durant la période de 1850 à 1914, 300 à 400 personnes se prétendaient «oursaillers» à Ercé.

 

A partir de 1860, les ours des Pyrénées moins nombreux, ne suffirent plus à «équiper» les montreurs. On faisait venir les ours des Balkans. Marseille  devint la plaque tournante du commerce des ours.

Après avoir parcouru les routes de France avec leur ours certains montreurs partaient pour Liverpool et New York. 

Le montreur d'ours gagnait bien sa vie (plus qu'un instituteur du pays). C'était le prix des difficultés auxquelles ils devaient faire face. Ils ne savaient pourtant ni lire ni écrire.

Au départ, ils ne parlaient que l'occitan mais avec le temps étaient capables de maitriser parfaitement l'anglais.

Leurs gains permettaient d'aider les familles restées au pays.

Près de 200 montreurs d'ours ariégeois ont franchi l'Atlantique pour se retrouver à New York, au cœur de Manhattan.

 Malheureusement, une nouvelle loi américaine entrava l'activité des montreurs. Celle-ci interdit de promener les animaux sauvages. La Première Guerre mondiale mit complètement fin à leur activité.

 

Une Chapelle a été édifié pour se souvenir de l'aide apportée par les  "Oursaillers" (montreurs d'ours) à la construction de l'église. 

Après avoir traversé le petit village de Cominac,  il faut prendre la direction d'Oust pour découvrir une chapelle creusée sur la bas-côté de la route pour renouveler la mémoire de certains "oursaillers" restés célèbres dans le pays pour avoir grandement aidé la population.

 

 

 

MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"

 

 

MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"

 

 

MASSAT (Cominac) - La chapelle des "oursaillers"

 

 

Ils ont été en particulier les défenseurs de leur église lorsque l'état décida la séparation des biens de l'état et des églises

 

 

1905 En France, la loi concernant la séparation des biens de l'état et des églises est promulguée.

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Les catholiques français refusent l' application de la loi.  Ils s’opposent aux inventaires destinés à distinguer biens publics et biens des Églises. La résistance est en général pacifique (Église fermée ou barricadée, lecture de protestation par le curé, sonnerie de cloches, rassemblement de fidèles disant prières et cantiques), mais elle réédite parfois d’anciennes formes de violences politiques et sociales.

A partir de janvier 1906, l’administration organise les inventaires prévus sur le territoire national. Les évêques incitent les prêtres à protester contre les agents de l’Etat tout en restant passifs.

Voici un article parue dans le journal "L'ILLUSTRATION"

 

 

Première page du journal "LILLUSTRATION"

 

 

 

 

 

 

Première page d'un supplément du "Ptit journal"

 

Dans le même temps revenons dans la région de MASSAT.

Au moment de la préparation et du vote de la loi à l’assemblée nationale la première manifestation pacifique des contestataires prit la forme de pétitions signées dans chaque commune du canton.

En 1905, le Maire de Massat est alors Léon Galy Gasparrou. Il a été élu député de l’arrondissement de St Girons en 1902 avec 9290 voix. Sur ce même territoire la pétition est signée par environ 11000 personnes. Face à l’importance de cette contestation le député se voit pratiquement contraint de défendre la position de ses électeurs. Dans le Canton de Massat il y avait un total d’environ 1900 signataires contre les inventaires.

Le 30 janvier 1906 le curé de Massat, Bernard Daran suit à la lettre les consignes de l’évêque de St Lizier en lisant une protestation.

A l’église Notre Dame comme à la chapelle de Laisle, l’inventaire se passe sans embuche devant quelques personnes complètement désintéressées par les activités des huissiers.

Le 12 février, les agents du Domaine se déplacent au village de Liers. Ils sont reçus par le prêtre Nigoul qui les guide et assiste à l’inventaire devant quelques fidèles indifférents.

Dans l’église du Port , le 15 février l’intervention des agents se passe dans une ambiance plus agitée.

Le curé du village, Doumenjou, lit une protestation murement préparée démontrant le côté « atteinte aux libertés » que représente cette loi du 9 décembre 1905. Après son intervention, des fidèles venus lui prêter main forte se mettent à chanter des cantiques. Cela dure jusqu’à la fin de la démarche des agents.

Il arrivait souvent, au cours de ces inventaires que certains fidèles réclament des objets qu’ils avaient offerts à l’église, considérant qu’ils en étaient propriétaires. Ce fut le cas au Port mais aussi à Biert où le curé Bonzom insista sur le fait que « ce sont les paroissiens eux-mêmes qui ont bâti l’église » . « Quant aux objets mobiliers, ils sont le produit de leur générosité … »

Que s'est-il passé à COMINAC ?

Dans le hameau de COMINAC, la population refuse de laisser le percepteur entrer dans l’église.  Des ours montent la garde à l’entrée. Le curé de la paroisse lit une lettre dans laquelle il explique que la construction de l’église a été financée par les paroissiens et qu’il n’est donc  pas question de se laisser confisquer ce bien qui leur appartient. 

 

Le 6 mars 1906 est prévu l'inventaire de l'église de Cominac  sur la commune d’Ercé. 

  Trois jours auparavant l'inventaire des chapelles d’Ercé se déroulait dans l'agitation.  L'agent des Domaines peut alors penser que la résistance s'étendra au reste de la commune, comme cela s'est passé dans bon nombre de communes et de cantons ariégeois.  

 Le mardi 6 mars, le percepteur d’Oust se rend à Cominac afin de procéder à l'inventaire. Arrivés sur les lieux, un curieux spectacle s'offre à lui. 300 personnes, hommes, femmes et enfants bloquent l'entrée de l'église. Au curé de Cominac, se sont joints trois autres prêtes. Et au milieu de ce rassemblement, trois beaux ours

 Mais remontons quelques décennies pour comprendre cet épisode « historique ». 

En 1833, Cominac ne possèdent pas d'église sur ses terres. Les 67 familles du village sont composées de chrétiens croyants et pratiquants. Or, pour les offices du dimanche ainsi que toutes les autres cérémonies religieuses rythmant la vie des catholiques, les 600 habitants de Cominac doivent se rendre à Ercé, ce qui ne facilite pas la pratique de la religion. Aussi ils décident de construire à leurs frais une église, à Cominac.

Dans un acte notarié daté du 28 décembre 1833 67 chefs de familles s'engageant à bâtir cette église. 

EGLISE DE COMINAC

 

 

 

 L'église de COMINAC, le jour de l'inauguration  

 

Une première partie de l'édifice sort de terre entre 1834 et 1839.  Puis, au milieu du XIXe siècle, un nouvel horizon s’ouvre aux paysans de Cominac. Dès le printemps, les hommes de Cominac partent à l'aventure, avec leurs ours dressées sur les routes de France et de l'étranger.  Ce métier leur permet de rapporter de l'argent pour leurs familles ainsi que pour la construction de l'église. De la sorte, l'église est agrandie lors d'une seconde période de travaux entre 1862 et 1869.

 

Tous les habitants de Cominac sont conscients des sacrifices que leur a coûté la construction de l'église. 

Alors, quand en 1905, la loi de séparation est votée et que les inventaires sont institués la population ne veut pas laisser partir son bien. L'église a été construite par les habitants sur leurs propres terres. Elle ne revient donc pas à l'État, ni au département, ni à la commune mais elle reste à ceux qui l’ont édifiée. 

Lorsque le 20 février 1906,l'abbé Mirouze reçoit un avertissement lui indiquant la tenue de l'inventaire fixé au matin du 6 mars 1906, il est bien déterminé à défendre l'église. Le curé fait alors part de cette visite à ses confrères d’Aulus, d’Aleu et d’Ercé. Les quatre ecclésiastiques décident de résister aux pouvoirs républicains par tous les moyens.

Au petit matin du mardi 6 mars, quelques paroissiens sont postés sur la route qui mène à Ercé dès l'arrivée des représentants de l'État. Les hommes valides, mobilisés par le curé, se dirigent vers l'église ainsi que les trois curés conviés à l'opération.

Vers neuf heures trente, les guetteurs font de grands gestes et alertent à coups de sifflets le carillonneur qui s'empresse de sonner le tocsin : les autorités sont en vue.

La population de Cominac laisse ses travaux et accourt vers l’édifice religieux qu’elle a construit. Trois beaux ours sont déjà devant l'église.

L’organisation de la résistance ne fait aucun doute. Les paroissiens sont restés à l'intérieur de l'église après la messe du matin ; certains prient à genoux sur leur chaise d'autres égrènent leurs chapelets.

Quelques 200 femmes attendent à l'extérieur, protégées par une centaine d'hommes et les trois ours.

Quatre hommes arrivent enfin. Il s'agit de deux gardes champêtres d’Ercé, ainsi que du maire adjoint accompagnant l'agent des Domaines. Leur surprise est grande de trouver une foule si nombreuse, mais surtout de voir trois ours dressés sur les pattes postérieures prêts à défendre l'église.

Le percepteur tente alors de négocier avec les ecclésiastiques. Mais le curé d’Ercé appelle les habitants à la résistance et déclare :

« Nous résisterons jusqu'au bout car nous préférons mourir dans le sang plutôt que de vivre dans la boue."

Par précaution, le percepteur préfère se retirer et reporter l'opération d'inventaire à une date ultérieure.  

 

ARIEGE - COMINAC et ses ours.

Clocher de l'église

 

ARIEGE - COMINAC et ses ours.

Vue d'ensemble de l'église construite

par les  habitants de Cominac.

ARIEGE - COMINAC et ses ours.

 Un hameau de Cominac, l'église

et la vallée du Garbet

 

 Au plus grand étonnement des habitants de Cominac, leur histoire dépasse le cadre de la circonscription.

Le 11 mars suivant, un article de « La liberté Saint-Gironnaise » relate cet épisode de lutte contre le gouvernement. Le percepteur est présenté comme un bien piètre représentant de l'État. Il a peur. Il tremble à son arrivée devant la foule. Les trois ours sont à l'origine de cet embarras. Puis il se perd dans des explications erronées.

La semaine catholique de Toulouse du onze mars consacre également un article

« Cominac : une église défendue par les ours »

Des habitants de Cominac, canton d’Oust, ont trouvé pour défendre leur église, un moyen qui mérite d'être légué à la postérité. Monsieur Peytou, percepteur d’Oust se rendit à Cominac lundi 5 mars pour procéder à l'inventaire de l'église. Et se disposait à remplir sa besogne, quand tout à coup il aperçu quatre ours démuselés, l'air féroce, attachés à la porte des de l'église. Devant cette garde de nouveau genre il jugea bon de ne pas insister et se retira aussitôt. L'idée de défendre l'église avec des ours a obtenu, à Saint-Girons, un succès énorme. On fait circuler un propos tenu par les habitants de Cominac : « Nos ours ont bâti notre église, ce sont eux qui la défendront. » En effet, les gens de Cominac, après avoir fait danser leurs ours en France et à l’étranger, avait fait, à leur tour, des dons importants affectés à la construction de l'église. »

Malgré tout, une vingtaine d'années plus tard, l'ours continuait à faire parler de lui dans la régions... mais cette fois dans la logique des choses !

Voici un article de presse qui permet de le vérifier.

DES TRACES DE PATTES D'OURS DANS LA NEIGE.
 Le Cami - N°96
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