"Faire une virée" à l'étang de Lers depuis Massat est un rituel au plaisir toujours renouvelé.

De temps immémorial le site est une estive d'été où pâturent vaches, moutons et chevaux.

L'hiver le ski nordique, les promenades en raquettes, la luge font la joie des adeptes de plein air.

Mais l'étang de Lers ce n'est pas que ça ...Le plan d'eau est connu par les géologues du monde entier...

MASSAT - Incontournable étangde Lers

Dans la région ceux qui usaient du droit de pacquage ont mis du temps avant de se mettre à l'idée que les activités du site pouvaient être diversifiées. Faire fouler l'herbe par des skieurs ou des randonneurs était inimaginable parce que cela abimerait l'herbe que devaient brouter les bestiaux, disait-on.

Il est vrai que de temps immémorable des vaches et des moutons y ont été conduits durant la belle saison. C'était un simple chemin qui conduisait les familles là haut.

Longtemps isolé et particulièrement impressionnant  l'hiver, le site a inspiré les conteurs qui en ont fait le lieu de légendes.

Lire "La légende de l'étang de LERS"

Tout au long du trajet des villages pastoraux ont été implantés, occupés par les bêtes, leurs gardes et les familles qui suivaient les troupeaux.

Le village pastoral de PEYRE-AUSSELERE

La route bitumée a été achevée durant les années soixante. Des lors il était plus facile d'atteindre ce haut lieu de randonnées de plein air. Il ne passait pas une année sans que l'on ne se rende sur les bords du lac, quelquefois simplement  pour l'admirer et prendre l'air. D'autrefois pour en faire le tour, multipliant les points de vues sur l'eau où les monts se reflétaient.

 Durant de nombreuses années pour la fête de Massat, une course cyclistes était organisée. Partant du village, l'épreuve se terminait à l'étang

Autre ascension, beaucoup plus ancienne, cette fois, pour s'entrainer.

Le site était beaucoup fréquenté par les pécheurs. Devant l'affluence toujours grandissante on règlementa les prises de poissons. C'est ainsi qu'est née la première "cabane" qui abrita le gestionnaire de l'activité. 

On construisit ensuite la route qui permit la jonction avec Aulus, en passant par le col d'Agnes puis celle qui passe par le Port de Lers pour atteindre Vicdessos.

Lire la page : Le Port de Lers

L'ouverture de ces trois vallées à multiplié la fréquentation du lieu qui vivait de ses visiteurs durant les beaux jours mais souffrait du manque d'activités l'hiver. L'idée d'exploiter la présence de neige hivernale est née. Mais elle n'a pas été vue d'un bon œil par tous et en particulier par ceux qui se sentaient troublés dans l'activité ancestrale dont ils étaient les héritiers: la transhumance.

  La première bâtisse destinée à abriter les engins de damage a été détruite dès sa construction. Mais malgré les contestations et les mauvaises humeurs la station hivernale est née pour le plus grand plaisir de tous ceux- dont nous faisions partie- qui voyaient d'un bon œil, l'ouverture de la région vers les activités du monde moderne.

L'étang de Lers sous la neige

 

MASSAT - Incontournable étang.

L’étang de Lers (dit aussi Lhers ou Lherz) est un lac naturel situé à 1274 m d'altitude au carrefour des vallées de Massat, de Vicdessos par le Port de Lers et d'Aulus-les-Bains par le col d'Agnes

MASSAT - Incontournable étang.

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En Ariège, les terres sont très morcelées et de faible superficie, c'est pourquoi le paysan encore aujourd'hui, conduit ses troupeaux en estive, dans les pâturages d'altitude pendant toute la bonne saison

De nombreux vestiges de constructions en pierres appelées orris témoignent de cette pratique pastorale. 

MASSAT - Incontournable étang. 

L'orri est l'abri où le paysan-berger vivait pendant ces quelques mois. Il est de forme arrondie et entièrement en pierre sèche c'est à dire que la construction n'utilise aucun mortier

 

 MASSAT - Incontournable étang.

Le site a été longtemps connu des pêcheurs . A la belle saison, ils viennent toujours y taquiner la truite.

 

 

 

 

MASSAT - Incontournable étang.

C'est avec beaucoup de réticences qu'il a été admis que l'on donne une seconde vie au site en y créant un domaine de ski nordique.

L'hiver le lac est souvent gelé et la neige recouvre les chemins de randonnée. Un peu plus haut, tant en direction du col d'Agnes ou du port de Lers, fermés à la circulation, le manteau d'or blanc est un peu plus épais .

 

 

MASSAT - Incontournable étang.

Le restaurant et, au fond, l'étang gelé.

 

 

MASSAT - Incontournable étang.

On peut y pratiquer le ski de fond et les raquettes. 

 MASSAT - Incontournable étang.

On peut tout simplement passer une journée agréable dans un paysage remarquable.

 

 

 

 

 

 

 

Quelle est l'origine du nom de l'étang ?

Le plan d'eau est connu des géologues du monde entier pour la lherzolite, une roche rare émanant des profondeurs magmatiques de la terre. 

Tout près de l'étang un gouffre a été découvert : on lui a attribué le nom de Georges"

 

Nous avons découvert dans la "Dépêche du Midi" un article concernant ce gouffre.

 

Voyons d'abord ce qu'en dit "Wikipédia".

Le réseau du gouffre Georges (ou gouffre du Mont Béas) est le second gouffre d'Ariège par sa profondeur (- 721 m) pour une longueur de 3 490 m. Il comporte sept entrées (A0, A5, A3, gouffre Georges, A9, gouffre des Feuilles Mortes et le Tube)

Historique des découvertes.

L'abbé André Glory trouve l'entrée A5 (altitude 1624 m) en 1946 et explore jusqu'à -40 m.

Le gouffre Georges ou A1 à l'altitude 1 585 m est redécouvert en 1967 par J.P Claria et G. Prince de la Cordée spéléologique du Languedoc. La profondeur de - 420 m est atteinte.

Le 1er août 1968 la cote -726 m, ramenée depuis à -686 m, est atteinte sur un siphon.

Le gouffre des Feuilles Mortes est reconnu pour la première fois en 1960 par la Cordée spéléologique du Languedoc jusqu'à -90 m.

D’autres spéléologues poursuivent l’exploration qui sera terminée par un stage instructeur en 1983. Une imposante « salle de la famine » s'y trouve, ainsi appelée car les personnes qui l’ont découverte en 1968 y sont restées bloquées, par une crue, durant cinq jours.

Un des accès qui permet facilement de visiter les galeries terminales a été ouvert en 1986 après des escalades, à partir du gouffre des Feuilles Mortes. Il se nomme le tube car les quatre premiers mètres de descente se font dans un tube d'un mètre de diamètre.

 

L'article de la Dépêche du Midi.

Les 4 et 5 août 2018, des chercheurs géologues venus du monde entier sont descendus dans le gouffre avec l’aide de spéléologues du Club du Haut Sabarthès afin d’évaluer comment se sont créées les Pyrénées et, au-delà, comment les continents bougent sans magma pour fondre la roche.

Le gouffre Georges est un endroit unique au monde où ce type d’observations est possible dans de bonnes conditions car des roches venues du manteau terrestre y sont visibles. L'étang de Lers avait ainsi donné son nom à la Lherzolite remarquée ici dès la fin du XVIIIe siècle

 

…Une équipe de scientifiques et de spéléologues vont explorer le gouffre Georges, près de l’étang de Lers. Cette cavité exceptionnelle en Ariège pourrait expliquer à elle seule le processus de formation de la chaîne pyrénéenne. Comment les Pyrénées se sont-elles formées ? Cette question restée sans réponse depuis des années pourrait bien trouver sa réponse, au fond du gouffre Georges, au Port. C’est en tout cas ce que vont tenter de découvrir Éric Ferré et son équipe, au cours de l’expédition qu’ils vont mener demain et dimanche. Au total, les explorateurs vont passer 17 heures sous terre durant le week-end.

- « Nous allons descendre à près de 400 mètres de profondeur, pour comprendre d’abord comment cette cavité unique s’est formée, explique Éric Ferré, professeur au département de géologie de l'université de Louisiane, à Lafayette, aux États-Unis. Puis nous allons essayer de comprendre comment les continents se fragmentent en continents plus petits, sans qu’il y ait d’activité volcanique comme dans le grand rift africain. Les Pyrénées se sont formées dans un contexte froid, sans volcanisme. On va tenter de comprendre comment cela s’est produit ».

« Un seul endroit où l’on peut voir ça »

Pour cela, rien de mieux que le gouffre Georges, dans lequel il est possible d’observer des roches que l’on ne peut pas voir ailleurs :

« On pourrait aller regarder en Bretagne, mais c’est sous la mer. Quelques forages ont été faits, mais ce sont des trous d’épingle, raconte le scientifique. Seule l’Ariège possède un enregistrement de comment se sont créées les Pyrénées et de comment les continents bougent sans magma pour fondre la roche. Très souvent, on ne peut pas bien voir ce qui se passe, car il y a beaucoup de forêts en Ariège. Il y a un endroit où l’on peut voir tout ça, c’est le gouffre Georges ».

Les géologues vont effectuer des prélèvements et des photos en 3D - grâce à deux spécialistes mondiaux venus de Slovaquie - dans une galerie volumineuse, comparable aux grottes de Niaux et Lombrives.

Cette galerie est surnommée

                    « la salle de la famine »,

car les personnes qui l’ont découverte en 1968 y sont restées bloquées durant plusieurs jours.

Un tube d’un mètre de large

L’expédition ne pourrait se faire sans spéléologues expérimentés pour guider les scientifiques, qui « vont apprendre sur le tas », dit Éric Ferré. Son équipe s’est rapprochée du spéléo-club du haut-Sabarthès et de Robert Guinot, son président :

« Il y a 7 à 8 membres du club qui suivent l’expédition. C’est une première pour le club, se réjouit-il. Nous allons pénétrer dans le gouffre par une entrée basse, à 1 390 m d’altitude. C’est l’accès le plus facile au réseau souterrain. On entre par un tube d’un mètre de largeur sur 5 mètres de hauteur, que le club a découvert en 1986, détaille le spéléologue, inscrit au club du haut-Sabarthès depuis 1968. On explore le gouffre Georges depuis 1974. Il n’a plus de secret pour nous. Mais il y a tout un réseau sous le Mont Béas, avec plus de 200 cavités qui restent à

découvrir », conclut Robert Guinot.

 

Un petit film pour avoir une "idée" du gouffre
 

Quelques photos "volées" sur des sites spécialisés. 

MASSAT - Incontournable étang de Lers

 

MASSAT - Incontournable étang de Lers

 

MASSAT - Incontournable étang de Lers

 

MASSAT - Incontournable étang de Lers

 
 

 Le jour de l'exploration

 «Chacun aura une tâche spécifique. Certains feront de la photo 3D avec un outil laser, et d'autres, des géologues, étudieront les contacts entre les deux types de roches présentes ici : les lherzolites, qui sont des roches du manteau, et les marbres, explique Éric Ferré, professeur au département de géologie de l'université de Louisiane, à Lafayette, aux États-Unis.

Le gouffre Georges est le seul endroit où l'on peut voir ça. Il constitue un enregistrement unique de la manière dont se sont formées les Pyrénées, et au-delà, de comment les continents bougent sans magma pour fondre la roche. C'est une tectonique différente, avec moins de chaleur».

 

Après quelques minutes d'ascension sur les pentes du mont Béas, dit «La Pique», le groupe arrive à l'entrée d'un tube d'un mètre de diamètre, installé en 1986 par Robert Guinot et le Spéléo Club du Haut-Sabarthès :

«C'est une entrée majeure pour accéder au réseau du gouffre, car elle nous permet d'arriver sur les parties remarquables du site, comme la salle de la famine, très rapidement», explique le président du club, qui se félicite de la tenue de cette expédition. «Nous avons la chance d'encadrer une équipe de géologues, et avec eux, de comprendre les curiosités de ce massif. C'est une grande première, et on espère une suite avec des publications et une étude sérieuse sur le massif», confie le spéléologue.

Sans ce dernier, Riccardo Asti, géologue et chercheur à l'université de Rennes 1, n'aurait pas pu prendre part à l'aventure :

«On a pu très bien travailler même si certains, comme moi, n'avaient aucune expérience en spéléo. Samedi, c'était la première fois qu'on descendait dans le gouffre. C'était très excitant. On commence à voir des structures liées à la remontée du manteau des profondeurs de la Terre jusqu'ici. C'est une étude assez prometteuse», se réjouit le scientifique. 

 

Huit heures sous terre

L'heure de quitter la surface sonne pour l'équipe. C'est parti pour environ huit heures sous terre, par une température de 5 °C et une pente à 45°, à 190 mètres de profondeur. Un par un, un pied après l'autre sur la petite échelle, les mains serrées autour de la corde, spéléologues et géologues s'engouffrent dans l'étroit tube, duquel s'échappe un fort courant d'air froid. À leur remontée, et après plusieurs mois d'analyse des échantillons recueillis, les scientifiques feront, peut-être, faire avancer d'un grand pas les sciences de la Terre.

 
Mathieu Fontaine

 

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