L’Ariège profondément ancrée département de la ruralité a formé des centaines d’enseignants qui ont maintenu longtemps l’école dans les villages, les hameaux parfois, pour répondre au vœu de Jules Ferry instruire les enfants de la France profonde.

 

 

  MASSAT - Ecole 2

 L’école de Massat : un « Cours Complémentaire » permettaient aux élèves de poursuivre leurs études jusqu’à la classe de troisième avant d’être orientés.

La vie d'un écolier autour de Massat durant les années 1920-1930

Les écoles sont disséminées dans les hameaux, sur les hauteurs. Il faut, matin et soir, dévaler ou remonter les chemins à pied pour les atteindre avec, aux pieds, les socs : ces lourds sabots de bois ornés d’un bande de cuir.

Quand il neige pour plus de sécurité, les parents accompagnent les enfants quand ils ne partent pas en groupes.

Quand la neige est vraiment abondante, pour éviter des aller et retours harassants, le repas de midi est pris chez des familles voisines de l’école.

Les enfants iront ainsi jusqu’au Certificat d’Etudes. Ce diplôme d’un bon niveau clôturait le cycle d’études primaires. Un apprentissage rigoureux a fait qu'à 80 ans certains ont prouvé qu'ils étaient encore capables de réciter par cœur la leçon d’histoire concernant la campagne de Russie : c’est dire qu’ils avaient les capacités de  poursuivre des études. Mais à la maison on préfère les voir prendre en mains le métier des parents pour se préparer  à la succession. Après obtention du diplôme, ils délaissent donc l’école pour entamer d’autres apprentissages : celui de la conduite d’un attelage de vaches pour labourer les champs par exemple. 

Jusqu'à  12 ans ils se plieront, comme il se doit, à l’éducation religieuse et descendront au village pour se préparer à la communion solennelle. 

Pour arrondir les fins de mois du foyer ils descendront avec le père ou la mère dans la région de Béziers ou de Narbonne pour "faire" les vendanges. Les journées sont rudes mais ils sont jeunes et, au travail, succèdent la danse et les amusements avec les vendangeurs dans un sentiment d’évasion. Ces "incartades" resteront de merveilleux  souvenirs malgré le fait que, souvent, ils ne verront pas un centime de ce qu'ils ont gagné à cette occasion…"l’argent ne fait pas le bonheur"…dit-on. 

La fille à 15 ans, suivra des leçons de couture. Elle descendra à Massat, chez une couturière.

L’angoisse des premiers jours au village s’estompant petit à petit, ces séances de couture deviendront une récréation. La vie au village est plus gaie. Chaque jour est une libération, un plaisir. On profitera de ce « stage », pour broder le trousseau, fabriqué entièrement avec le lin du pays. C’est, en effet, le temps où on cultive cette plante dans la région. La récolte est vendue à des commerçants de St Gaudens qui ramènent les draps tissés avec lesquels on confectionne les trousseaux.

Le trousseau prêt, on pourra attendre sereinement le jour où il intègrera l’ armoire d’une chambre conjugale. 

    

   

MASSAT - L'école en Ariège.

 

1927 - Une école à la campagne ariègeoise.

Onze élèves. Il n’y a pas de distinction d’âge. Les classes sont uniques. On peut voir les tout petits cohabiter avec les plus grands qui ont alors une douzaine d’années.

 

LES PREMEIRES ECOLES MUNICIPALES NAISSENT EN 1834.

Elles sont réservées aux  garçons , considérés comme les seuls dignes d’intérêt. Les écoles sont des maisons de particuliers  qui sont louées.

 

L’instituteur qui n’a aucune formation particulière s’attache surtout à l’apprentissage de la lecture avec une difficulté majeure : beaucoup d’enfants ne parlent que le patois local.

Un autre obstacle réside dans le fait que l’école n’est pas obligatoire. Elle n’est même pas gratuite.

 

LES ECOLES NORMALES

Au début de la 3ème république les écoles normales ouvrent à FOIX.Elles permettent une formation des instituteurs et imposent aux enseignants l’obtention du « Brevet de capacité » pour prétendre distribuer le savoir..

L’École Normale de garçons fut créée en Ariège et fonctionna à partir de décembre 1833. 

On les appelait les "normaliens".

Il préparaient le beau métier d'instituteur donnant un enseignement permettant de sortir bon nombre de familles de la misère.

A partir  du ministère Jules Ferry, l’école devient obligatoire et gratuite. L’apprentissage du Français est inscrit dans les programmes.

Cela perturbe les parents qui ne parlent que patois et qui ont besoin de leurs enfants au moment des travaux des champs.

L’instituteur, fonctionnaire est alors considéré comme un agent à la botte de l’état qui ne fait qu’exécuter ce qui lui est dicté en haut lieu. Quant à l’institutrice elle est tout simplement déconsidérée parce que jugées incompétente et pas assez sévère, à la différence des mères de familles.

L’absentéisme  est de règle au moment des foins ou des labours pour les garçons. Quant aux filles on ne comprend pas pourquoi l’école leur est obligatoire. L’instruction n’est pas indispensable pour faire le ménage ou garder les troupeaux ou les oies.

La fréquentation n’est régulière que pendant les mois de mauvais temps (Décembre, Janvier, Février).

 

LES CHOSES EVOLUENT

 

Au 19ème siècle l’école gagne un certain prestige. Les parents prennent conscience que l’instruction peut être utile. Même si eux ne parlent pas toujours le français ou le parle mal, ils trouvent normal que l’apprentissage du français soit obligatoire. Certains parents assistent même à des cours prévus pour adultes.

C’est au 20ème siècle que tous les enfants vont à l’école poussés par les parents. Cela peut s’explique par le fait que l’exode commence dans la région et que l’on s’inquiète de savoir ce que deviendra l’enfant s’il n’y a plus de travail au pays. Avoir un « Certificat d’Etudes devient alors un gage de réussite si l’on quitte la vallée. Ce bagage intellectuel accentuant les capacités d’adaptation en vient à favoriser  l’exode avec la bénédiction des parents qui sont restés dans la vallée, faute de pouvoir faire autre chose ailleurs

Aujourd’hui est née une nouvelle dénomination, les Inspe (institut national supérieur professionnel de l’éducation) depuis 2019. Les élèves sortent avec un niveau Bac +5.

 

 

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