C’est le 15 avril 1934 que Marcel est appelé sous les drapeaux. Son service militaire dure 12 mois qu’il passe à Narbonne.
Dans ses récits Marcel nous a souvent parlé de ces maisons « installées » sur le canal de la Robine (photo). Il s'agit du "Pont des romains" sur lequel passait la "Via Domitia", voie romaine qui traversait Narbonne en direction de l'Espagne. Un tronçon de cette voie est visible sur la place de l'Hôtel de Ville de la ville.
Durant son instruction à Narbonne, Marcel manipule les canons dans le but de se perfectionner dans le "pointage", apprentissage indispensable si l'on veut viser juste. Mais,faute de canons en nombre suffisant , l'instruction est réduite au strict minimum.
Marcel se voit alors « déplacé » à Bages, non loin de l’étang de Sigean, avec quelques camarades. Sa mission est de garder un dépôt de munitions.
Bages est alors un charmant petit village essentiellement habité par des pêcheurs. Marcel et ses compagnons ont une telle indépendance et le lieu est si agréable que le groupe refuse la relève.
Le temps passe dans la joie et la bonne humeur mais , un jour, Marcel est convoqué à l’infirmerie de l’hôpital de Narbonne. On lui propose de remplacer un des veilleurs de nuit devenu indésirable. Il apprendra un peu plus tard que l’homme avait été congédié pour avoir fait des avances « désobligeantes » à la sœur chargée du service de garde des malades militaires.

Cette proposition intrigue Marcel.Pourquoi l’a-t-on choisi , lui et pas un autre pour remplacer ce veilleur ?
Il apprendra bien plus tard c’est sa simple qualité d’Ariégeois qui a joué dans la sélection faite par le capitaine major responsable du service de santé. L'officier était originaire de Saurat, petit village d’Ariège, situé non loin de Massat, sur la route de Tarascon après le Col de Port.
Voilà donc, notre leune appelé avec un camarade, chargé jour et nuit de la surveillance des malades. Ils se partagent le service sous la responsabilité de la bonne sœur spécialiste des soins.

Les malades sont de plus en plus nombreux.
La bonne sœur qui se charge des piqûres, débordée de travail décide un jour de confier une partie de son travail aux deux acolytes.
Quand ils apprennent qu'ils s'agit de faire des piqures, se sentant incompétents, les deux jeunes refusent...
- « Si vous refusez, je vous fais muter à la caserne » leur dit la sœur…
- « Je vais vous apprendre à faire les piqûres, vous verrez, ce n’est pas difficile ».

Les premières injections furent pénibles, à la fois pour les apprentis et les malades. Puis, avec la routine, tout rentra dans l'ordre.
Marcel a passé neuf mois de son service à faire des piqures aux militaires de passage à Narbonne. Il a quitté avec regret le service pour rejoindre son régiment sur le plateau du Larzac.


On ne sait pas ce qu’est devenue la sœur…Une chose est sûre, c’est que Marcel était tellement bien dans cette infirmerie que, de peur d'être muté, il n’a pas même essayé de découvrir sous sa robe, la couleur des chaussettes de la soeur…d’autant que le major était aux aguets…peut-être par jalousie……
Les douze mois devaient se terminer le 13 avril 1935, date à laquelle il espérait rentrer en Ariège.
On imposa à tous les appelés de sa classe, 3 mois de plus, en raison des menaces de la seconde guerre. Il fit ce temps à Metz pour n'être libéré que le 6 juillet 1935.
Après son service militaire, de retour dans la ferme familiale, Marcel a profité de sa nouvelle compétence en piquant lui-même ses bêtes. Tout le canton apprenant qu'il savait faire des piqures, il eut de mutpiples occasions d'aider ses voisins souffrants en se rendant avec fierté à leur chevet pour les piquer.
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