MASSAT - Un monument pour les morts.

Niché au creux de la vallée de l’Arac le village de Massat se distingue par son église au clocher octogonale visible depuis les montagnes qui l’entourent. La porte de l’édifice donne directement sur une grande place triangulaire qui constitue le cœur du village.

MASSAT - Un monument pour les morts.

Longtemps, face à l’entrée de l’église un grand arbre, un orme planté par la municipalité et protégé par une grille, constituait le seul décor naturel.

MASSAT - Un monument pour les morts.

Pendant longtemps la place en terre battue était libre de toute circulation faute de moyens de transports nécessitant des emplacements de stationnement. Seule une éternelle charrette stationnait régulièrement sous le gros arbre. Il arrivait même que ce grand espace à l’époque en terre battue soit le terrain de jeu des écoliers à la sortie des cours.

Devant la fontaine publique, le café du commerce avait ses habitués. Une affiche publicitaire ventant l’apéritif réputé de l’époque : le fameux « BYRRH » inspirait peut-être les indécis dans le choix de leur breuvage.

MASSAT - Un monument pour les morts.

Sur le même trottoir le coiffeur attendait ses clients. Lui faisant face, l’Epargne un « bazar » d’une des premières chaines de magasins faisait la joie des massatois palliant les difficultés à se rendre à Saint Girons pour se pourvoir en denrées quotidiennes. Saint Girons, la ville la plus proche est située à 25 kms de là.

Nous sommes en 1920. Il y a 6 ans débutait la guerre 1914-18.

Elle a eu des conséquences catastrophiques sur la démographie en Ariège Des villages entiers ont vu disparaitre leurs plus jeunes hommes comme à Liers pas loin de Massat qui a perdu 27 hommes âgés de 18 à 28 ans.

Dans le canton de Massat il y a eu 342 morts sur 5000 habitants, sans compter les invalides et les blessés. Entre 1914 et 1921, l’Ariège a perdu 14% de la population.

Cet état de fait ne peut qu’inciter les communes à honorer leurs morts. Elles initient sous la pression de la population et des anciens combattants la construction de monuments aux morts que l’état encourage par sa loi du 25 octobre 1919, en subventionnant les constructions.

MASSAT - Un monument pour les morts.

 

 

 

Nous avons retrouvé l’historique de la prise de décision de la mairie de Massat de construire son monument à la place du gros arbre qui était implanté sur la place.

 

 

« Le 25 juin 1922, le conseil municipal et son maire Jean-Marie Servat décident "à l'unanimité d'élever sur la place de l'Eglise un monument aux soldats de la commune, morts pour la France". Les membres composant le comité sont désignés et chargés de recueillir la souscription publique qui s'élèvera à 8 000 francs. D'un coût de 20 000 francs couverts par souscription publique et le budget communal, ce monument doit être élevé sur la Grand-Place. La commission départementale d'esthétique rend un avis favorable le 27 janvier 1923 et la construction est approuvée par arrêté préfectoral du 29 janvier suivant. Monsieur Belaval, ingénieur distingué lauréat de l'école des Beaux-Arts de Toulouse et chargé à l'époque de la conduite des travaux du Transpyrénéen, conçoit ce monument exécuté par l'entrepreneur de Seix, Manuel Albiach. La liste des noms des morts à graver est affichée en mairie en février 1923 et l'inauguration du monument aux morts de Massat est prévue le dimanche 29 juillet de la même année. »

MASSAT - Un monument pour les morts.

 

Vingt-neuf juillet, jour de l’inauguration

 

Ce jour-là, en présence du sous-secrétaire d'Etat aux P. T. T., du préfet de l'Ariège, des parlementaires et de nombreux élus locaux, des représentants civils, religieux et militaires, le cortège, imposant, se forme place de la mairie. Les fanfares en tête, puis les jeunes portant des gerbes d'œillets, les élèves des écoles suivis des victimes de guerre et des anciens combattants et, fermant la marche, les invités et les membres du comité, se dirigent vers le monument aux morts. La "Marseillaise" est jouée et le monument est dévoilé, un mutilé dépose une gerbe. Puis le maire, président du comité, prononce un discours. La lecture des 120 noms est faite par les mutilés et le conseiller général, ancien combattant, monsieur Galy-Gasparrou, prononce quelques mots suivis par les parlementaires messieurs Lafagette, Reynald et Cazals, par monsieur Baby président des anciens combattants et victimes de guerre de l'Ariège et par le préfet du département. Paul Laffont, secrétaire d'Etat aux P. T. T. clôt cette série de discours avec le sien et les enfants des écoles défilent et déposent les fleurs, bouquets et gerbes.

 

Dés lors la place aura un autre « visage » avec son monument flambant neuf dont les habitants seront fiers à la sortie de la messe.

 

MASSAT - Un monument pour les morts.

L’inventaire des monuments aux morts de France précise

Description

 Orienté vers le nord, vers la route principale, il est sur un soubassement en béton armé entouré d'un espace végétalisé limité par une bordure en pierre dans laquelle est fixée une grille en fer de couleur verte équipée, en façade, d'un portillon à double battant … Il est composé d'un socle, d'une corniche, d'un obélisque surmonté d'une corniche et d'une statue de coq en fonte de fer, polychrome et, à l'avant, d'une statue en fonte de soldat sur un socle. Une croix de guerre … en bronze est fixée contre la face nord du socle. Les noms peints et dorés de ceux morts en 1914-1918 sont gravés directement dans des cartouches polis situés sur les faces est, sud et ouest de l'obélisque,

 

 

MASSAT - Un monument pour les morts.

 

                                               Sortie de messe - Un véhicule est garé près du monument. 

 

Il fallut, malheureusement, ajouter quelques années plus tard, les noms des morts de 39-45.

Cela se fera à la fin des années 1940. Les noms des morts en 1939-1945 sont gravés sur une plaque de marbre blanc fixée contre la face principale du socle du monument.

 

Le COQ GAULOIS sur l'OBELISQUE

 

Les statues de ce monument, œuvres de Charles-Henri Pourquet et de Prosper Lecourtier sont protégées au titre des Monuments Historiques

 

MASSAT - Un monument pour les morts.

 

 

 

Le sculpteur du soldat

Charles-Henri Pourquet 

 (1877-1943) né à Colombes (Hauts-de-Seine), décédé en 1943.

 

 Légion d’Honneur en 1931.

Auteur de trois modèles de monuments aux morts dont celui de Massat, coulés par la fonderie du Val d’Osne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fonderie du Val d’Osne qui a coulé le soldat conçu pat le sculpteur a fait l’objet d’une restauration.

 

MASSAT - Un monument pour les morts.

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