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Après l’échec de la colonisation libre en Algérie, c’est la colonisation officielle qui prend le relais.. La colonisation « avec le concours des militaires » encouragée par Paris voit dans l’Algérie un des moyens de régler la question sociale. Le projet de septembre 1848 prévoit ainsi la venue de colons volontaires, installés aux frais de l’État et devant recevoir une concession, une maison, des instruments, du bétail, des semences, des rations journalières de vivres, pendant les trois premières années durant lesquelles ils dépendraient de l’autorité militaire.
Lorsqu'en 1848, la France décida d'occuper "civilement" l'Algérie, des convois furent organisés au départ de Paris. La création de ces convois faisaient suite au décret du 27 septembre établissant des Colonies Agricoles dans les provinces d'Algérie. Il y eut en tout 17 convois qui transportèrent entre 12000 et 14000 personnes depuis Paris vers les terres d'Algérie. Le projet de colonisation civile est proposé en août à l’Assemblée Constituante. Sur les murs de la capitale s'affiche le 20, un "Avis aux ouvriers" : un crédit de 50 millions sur 5 ans est ouvert au ministère de la Guerre ; 5 millions sont réservés pour l'exercice 1848, ils serviront à installer en Algérie 12 000 colons avant le ler Janvier 1849 ; dans un certain délai et sous certaines conditions de travail, ceux-ci pourront devenir propriétaires de leurs concessions. Une Commission est nommée par le pouvoir exécutif. Elle est chargée de vérifier les titres des colons et de désigner ceux qui seront admis à jouir du bénéfice du décret. La commission fait imprimer les circulaires et affiches et saisit les maires et préfets. En fait, seuls les Parisiens bénéficieront en général des mesures prises. Les candidats à l'inscription doivent produire leurs papiers civils et militaires, un certificat de bonne vie et mœurs, un certificat médical. La visite médicale est sommaire : santé: bonne - force: bonne - faiblesse: nulle - maladies: nulles - auscultation de la poitrine : rien ; chances d'acclimatation : très bonnes.
On demanda aux volontaires du onzième convoi quel nom ils se proposaient de donner au village qu'ils avaient pour mission de créer. Ils avancèrent "Mondovi": une proposition destinée peut-être à honorer l'empereur, oncle du vainqueur de la bataille qui se dérouila dans la ville italienne. C'est en effet à Mondovi, dans ce Piémont italien, que Bonaparte, neveu de l'Empereur Napoléon III, remporta la première victoire de sa campagne d'Italie. La bataille eut lieu le 21 avril 1796 entre l'armée française et ce qui restait du royaume de Sardaigne. C'est ainsi qu'est né le MONDOVI d'Algérie, un village situé à 25 kilomètres au sud de BÔNE du côté de la frontière tunisienne. De 1848 à 1962, la vie du village a donc été courte, marquée, bien sûr d'évènements malheureux, parfois tragiques (rudesse des conditions dinstallation, de l'acclimatation, maladies, épidémies, tueries, attentats, contraintes de toutes sortes) tout en étant émaillée de moments heureux qui faisaient oublier ce que l'on qualifiait d'évènements pour ne pas parler de guerre.
Tout commence à Paris, le 16 novembre 1848 - Quai de Bercy. Nul doute que, pour certains, le fait de mettre le pied sur les chalands qui les attendaient sur la Seine a été l'évènement qui a marqué le début d'une nouvelle vie. Amarrées aux quais, cinq péniches attendent l’ordre du départ. Aux lucarnes se pressent des colons qui assistent à la cérémonie organisée en leur honneur. D’autres sont montés sur les cabanes des chalands. Dans deux autres bateaux on a chargé les bagages. Chaque voyageur a droit à un poids et à un volume de bagage limité (50 kilogrammes). Une tolérance est admise concernant le moyen de couchage : un matelas pour deux personnes est autorisé.
Tous les départs de convois se font le dimanche ou le jeudi. Nous sommes le 16 novembre, un jeudi. Il fait un temps magnifique Comme pour les autres convois un monde fou est venu assister à la cérémonie du 11ème qui doit créer Mondovi.. Il y a là les amis, la famille mais aussi les badauds et les curieux. En tout, peut-être 40 à 50.000 personnes.
Parmi eux, les personnalités politiques : ministres, députés, maires… La deuxième République a été proclamée le 25 février après l'abdication du roi Louis Philippe.
Chaque colon, chef de famille est muni d’un billet d’embarquement qui précise le nombre de personnes faisant partie de la famille et la destination. Il possède le règlement à respecter durant le voyage.. Les migrants constituent deux groupes. Ceux destinés au "Centre N°1" sont au nombre de 275 hommes et 199 femmes. Quant au "Centre N°2", il recevra 193 hommes et 128 femmes. La cérémonie est longue et grandiloquente. La fanfare est là qui donne un air de fête aux préparatifs pour compenser la tristesse ressentie par les partants. A la musique succèdent des chants patriotiques des colons ou des chants religieux de congrégations venues assister au départ et encourager les aventuriers.
Voici des extraits des discours prononcé au départ :
"Colons de l’Algérie, chers concitoyens ! C'est un moment solennel que celui où vos derniers regards saluent la France. Vos coeurs sont serrés d'angoisse, car vos familles, vos amis vous entourent, ils vous pressent dans leurs bras, ils vous couvrent de leurs adieux fraternels. Mais vos coeurs s'ouvrent aussi à l'espérance, vous savez que la France africaine est devant vous, et que là vous allez fonder un peuple, une civilisation ; vous savez que de hautes destinées vous attendent". Général de Lamoricière, ministre de la guerre en 1848.
Peupin, membre de l’Assemblée Nationale
"Je vous remets ce drapeau. Vous allez en Algérie fonder la Commune de Mondovi. Ce nom vous rappellera de glorieux, de grands souvenirs. Mais, ce drapeau que je vous remets n'est point un signe de guerre, c'est un signe de paix, d'ordre, de travail. Vous allez en Algérie assurer, par votre énergique persévérance votre subsistance, votre avenir, la subsistance et l'avenir de vous enfants. Général Cavaignac, le drapeau en main.
Au moment du départ, M. le général de Lamoricière a détaché de la boutonnière de M. le commandant Jarras, aide-de-camp du général Cavaignac, la croix de la Légion d'honneur, pour l'attacher à la boutonnière de M. le capitaine d'état-major Schmitz, commandant du convoi, auquel le chef du pouvoir exécutif venait de l'accorder. Cet officier qui a servi pendant cinq années en Algérie, est chef du bureau arabe de la subdivision de Bône et s'est déjà occupé de travaux de colonisation.
Le départ est annoncé, comme aux précédents convoi, le chant des colons résonne sur les deux quais de la Seine alors que le vapeur « Neptune » amorce le remorquage des péniches. « Adieu donc, France, Adieu mère adorée. Souvent le soir, à notre doux foyer, Nous parlerons de la sacrée, Qui nous berça sur son sein nourricier. »
Le long périple des futurs fondateurs de Mondovi commence…
La presse fait echo de l'évènement:
Article dans le « Moniteur Universel » du lundi 17/11/1848, journal officiel :
Article du Journal Le "Moniteur Algérien" de début décembre.
Article du journal LE « MONITEUR DES ARMEES »
Article du journal "La Seybouse" de Bône le 25/11. Les nouveaux colons vont arriver à Bône dans quelques jours. Nous ne reviendrons pas sur les conseils que nous avons donnés au sujet de la solennité qu'il serait convenable de mettre à leur réception, nous espérons que les personnes auxquelles l'initiative en revient ont pris toutes les mesures nécessaires pour que l'accueil qui leur sera fait à Bône ne le cède en rien aux démonstrations fraternelles dont ils ont été l'objet à Oran, Alger, Philippeville. Le génie militaire travaille activement aux baraques destinées à recevoir les colons...deux compagnies ont été envoyées à cet effet sur les lieux. Les ouvriers civils travaillent à l'arsenal qui occupe les charpentiers et menuisiers que l'on a trouvé à Bône. Les baraques sont situées au milieu de l'emplacement des futurs villages, de manière à ne pas géner les constructions définitives . Monsieur le Colonel du Génie Bouteilloux arrivé depuius peu, s'occupe jour et nuit de cette occupation provisoire. On dit qu'un certain nombre de familles seront dirigées sur Guelma, où se font les préparatifs pour les recevoir.
Le trajet de Paris à Marseille
Tiré par le bateau à vapeur Neptune le convoi s’ébranle pour remonter la Seine. Pour déplacer à moindres frais les 12 000 personnes prévues pour créer les colonies, le seul moyen possible à cette époque est la voie d'eau. En effet il n'est pas pensable d'utiliser des diligences et le chemin de fer n'en est encore qu'à ses débuts. Le bateau choisi est le chaland de la Loire sur lequel on a édifié une cabane pour les passagers. Chaque bateau mesure une trentaine de mêtres de long sur 5 m de large. La longueur a été fixée en fonction de celle des écluses à passer. Les chalands ont été sommairement équipés. A l’avant un compartiment sert de cuisine et de réserve alimentaire. Chaque jour les partants ont droit à une ration qui est convenable (pain, viande, légumes, laitage pour les enfants, vin) A l’arrière, un local est réservé à l’équipage. Deux chambres permettent de « caser » chacune 90 personnes sur des banquettes aménagées dans le sens de la longueur. Ces banquettes servent de couchettes la nuit. C’est dire l’inconfort dans lequel le voyage se fera. D’autant que les bagages sont rangés sous les banquettes ou sur des étagères prévues à cet effet au dessus. Il est, bien sûr, interdit de débarquer entre deux haltes, c'est-à-dire pendant au moins 48 heures. Un système de plancher amovible , à l’avant et à l’arrière du bateau permet d’évacuer les eaux usées et les latrines. Quelques anecdotes
De Paris à Melun sur les canaux la vitesse du halage n'était que de 2 km/heure. Cette vitesse et le passage des écluses qui trainait en longueur permettaient aux colons de descendre des bateaux, de se détendre et d'y remonter facilement quand ils le souhaitaient. Le 18 novembre le convoi est à Nemours où des marques de sympathie réconfortent quelque peu les colons jusqu’à fêter leur passage par quelques beuveries. Le 19 novembre, à l’écluse de Montargis, un homme un peu ivre, tombé à l’eau est sauvé de justesse. Le 21 novembre le convoi atteint BRIARE qui est un lieu d’approvisionnement. Les haleurs refusent alors de poursuivre leur travail prétextant le financement insuffisant de leur activité. L’initiative des colons, de tirer eux même leurs bateaux fait avorter la grève. Une nouvelle tentative d’arrêt de travail le 24 novembre sera à nouveau avortée par le zèle des colons prêts à prendre la relève des haleurs. Le 27 novembre que le convoi atteint Chalon-sur-Saône. Un arrêt à Lyon permettra un ravitaillement en vivres et en boissons organisé par l’administration et apprécié de tous. A PONT-SAINT-ESPRIT les haleurs sont remplacés par un remorqueur à vapeur qui les mènera jusqu’à ARLES où l’arrivée se fera le 30 novembre. C’est dans la cité antique que cessera le voyage sur canaux, tandis que les bateaux transportant du matériel continueront jusqu’à Marseille. Arles étant atteint en soirée, il fallut passer la nuit en ville. Munis de billets, les colons furent dirigés dans des logements d'habitants dont l' accueil ne s'avéra pas particulièrement agréable.
Durant la journée du 30 les colons furent par contre heureux de pouvoir prendre le train, certains pour la première fois. Ils finirent ainsi leur trajet jusqu'à MarseilleIls apprécièrent ce myen tout moderne de transport malgré l'inconfort occasionné par le manque de vitres aux wagons. A MARSEILLE, dans la toute nouvelle gare St Charles les mauvaises conditions sont cependant vite oubliées. A Marseille c’est au Grand Lazaret que les colons devront patienter pour attendre le « Labrador », bateau à vapeur qui doit traverser la Méditerranée.
La traversée de la Méditerranée de Marseille à Bône. C’est le 4 décembre que le bateau rentre au port mû par sa grande roue à aube. Les personnes sont aussitôt invités à monter à bord. Une nuit se passe avec l’impatience de voir le bâtiment quitter le port. Le 5 décembre vers 8 heures du matin le capitaine MALET ordonne qu’on lève l’ancre. A la fois curieux, heureux mais anxieux, les futurs mondoviens assistent à la manœuvre depuis le bastingage qui leur sert d’accoudoir. Pendant quatre jours, l’énorme roue du "Labrador" battra l’eau de la Méditerranée. Dans la matinée du 8 décembre « le Labrador » entamera son approche du port de Bône. Les futurs mondoviens sont accueillis par des "coups de canons qui partent des bâtiments de la Casbah. Ils distinguent alors les remparts et le minaret de la mosquée de la vielle ville. Au môle Cigogne se sont réunies les personnalités et les personnes venus accueillir les nouveaux arrivants. Une musique militaire retentit. A sa descente du bateau le convoi se voit offrir le vin d'accueil par la municipalité : le premier vin prit sur la terre d’Afrique sur laquelle se proposent de vivre désormais les fondateurs de Mondovi. Les futurs Mondoviens sont logés dans la Casbah de la ville. Le 9 après l’appel de l’officier, commandant lé garnison on leur précise que le départ ne se fera qu’après leur participation à l’élection du Président de la République prévue le lendemain. Le 11 décembre, une partie du convoi escorté par les militaires part pour le lieu d’implantation du village. L’armée a mis à la disposition du convoi des attelages et des charrettes. La route empruntée sera celle que les militaires ont tracé pour pousser leurs investigations vers l’intérieur du pays.
Le trajet de Bône à Mondovi.
Les routes arabes à la conquête n’étaient que de simples sentiers tracés par les pieds ou les sabots du cheval ou du mulet. Les itinéraires correspondent souvent aux routes romaines. Pour les arabes deux choses faisaient le mérite d’une route à leurs yeux : l’eau et la sécurité. La première explique le fait que très souvent on trouvait des points d’eau sur les chemins qu’ils empruntaient. Pour ce qui est de la sécurité, le danger le plus fréquent était la rencontre de « coupeurs de route ». De misérables bandits de petites tribus logées sur des positions presque inaccessibles s’embusquaient sur le passage des caravanes. Pendant une dizaine d’années à partir de la conquête, la route menant à l’intérieur des terres n’était sécurisée que sur quelques kilomètres. C’est la prise de Constantine qui permit de descendre beaucoup plus bas dans l’arrière pays. Les français avaient besoin d’une communication carrossable : ils ont suivi les tracés romains et découvert d’imposants vestiges à chaque pas. On peut évaluer à plusieurs milliers le nombre d’établissements romains de toute grandeur répandus sur la surface de l’Algérie.
Le voyage, au travers d’une végétation sauvage et désordonnée d’un bout à l’autre avait été pénible. Moins dangereux que le lion, mais surprenant et irritant par ses piqûres soudaines, le moustique virevoltant sans répit autour de la caravane n’en était pas moins agressif. Aucun pont n’avait été construit. Il fallut passer ruisseaux et rivières à guet. Arrivés au camp de Dréan on dit aux migrants que le point de chute n’était pas loin. Il n’y eut, en effet que quelques kilomètres à faire pour découvrir le terrain que les militaires avaient commencé à défricher et à sécuriser. Un bataillon militaire accompagne les migrants et avec lui, le jeune sous-aide Boyer, muni de deux cantines renfermant les médicaments « que l’autorité médicale avait jugés les plus indispensables ». C’est la première fois que le jeune médecin est chargé d’un service sous sa responsabilité personnelle
Tout au long du trajet les colons découvrent un monde nouveau. La végétation est luxuriante. Ils longent la Seybouse, rivière la plus important de la région. Les lauriers roses succèdent aux cactus et aux figuiers de barbarie, aux oliviers et aux orangers sauvages couverts de fruits. Ils croisent des personnages à la tête enveloppée d’un turban guidant un âne croulant sous un chargement couvert d’un linge. Ils découvrent ici oulà des huttes ou des gourbits gardés par des chiens aboyant à leur passage. Des curieux enveloppés dans une vieille couverture sont assis au bord du chemin.Les militaires apprennent aux marcheurs que la région est peuplée de nombreuses tribus. La plus puissante et la plus nombreuse est celle des HANNENCHA qui occupe les campagnes de Constantine et de Bône : des personnes plutôt pacifiques à la différence de certaines peuplades plus belliqueuses tels les BENI-SALAH installées aux abords sud de la zone sur laquelle le village doit être édifié..
Arrivée sur les lieux "La Province" (journal de Limoges) insère dans ses colonnes la lettre d'un colon qui fait partie du convoi.
Juste après le camp de Dréan les migrants sont surpris de découvrir une bâtisse à l'architecture particulière. Les militaires leur apprennent que c'est un lieu saint. Autour de l’édifice, dans un champ sont disséminées quelques tombes qui laissent penser qu'il s'agit d'un cimetière musulman. Des toiles tendues abritent des hommes et des femmes assis. Ce sont des pèlerins venus à pied, parfois de très loin pour honorer l’homme dont le caveau, protégé par la bâtisse. Cet homme était Sidi HAMEIDA, un disciple d’ Abd el Kader contre lequel la France eut fort à faire, considéré dans presque tout l’orient comme le patron des pauvres et des malheureux. C’est en son nom que presque tous les mendiants imploraient la charité du passant. Par un chemin traversant le futur lieu d'implantation, les pélerins marquaient une pause pour y faire des prières.
A propos de Marabout
On sait que le mot "Marabout" désigne, outre l’oiseau, échassier des régions tropicales, la personne nantie de pouvoirs de voyance ou de guérison en même temps que le religieux respecté de tous temps par le peuple arabe. Les colons découvrent que le Marabout désigne aussi l’édifice sous lequel a exercé ce religieux avant d'être inhumé au coeur de cette bâtisse.Un marabout, c’est, dans l’islam, une personne sainte, détentrice d’un savoir coranique. Elle s’est retirée pour étudier l’islam et vit de manière simple, dans l’ascèse.
Alexandre Dumas
À une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Bône existent des vestiges romains. Il y a là des puits que les militaires ont entrepris de récurer. Un des puits est suffisamment profond pour contenir régulièrement pas moins d’une hauteur de 1 m d'eau. Nous sommes dans un ancien camp Romain que les militaires français ont pris pour base avant de poursuivre leurs investigations à l'intèrieur des terres. Les militaires installés dans des baraques en bois avaient pour mission de préparer, sécuriser et protéger les nouveaux arrivants. Ce lieu était indiqué sur les cartes sous le nom de Dréan. Les militaires connaissaient donc bien la route de Bône à Dréan. Leur escorte permit aux colons de circuler sans trop de crainte. Un facteur d’insécurité était tout de même à prendre en considération : l’attaque possible d’une bête sauvage. Un animal faisait parler de lui dans la région : le lion qui peuplait encore tout le massif de l’Edough. L’animal s’attaquait tout particulièrement aux troupeaux des indigènes et faisait l’objet d’une traque constante. Un camp qui a pour nom DREAN (nom que porte actuellement le village de Mondovi). À l'Est du lieu d'implantation, dans un lit relativement large coule une rivière au débit important : il s'agit de l'oued Saïbous que l'on nommera plus tard "Seybouse". Au sud coule l'Oued "GUERIG", un affluent de la "Seybouse". À l'ouest un chemin est régulièrement emprunté par les caravanes de bourricots ou de chameaux couverts de marchandises pour se rendre à Annaba, transportant leurs marchandises telles que les laines des brebis pour les vendre. Ancienne route romaine le chemin reliait Hippone, ville romaine située près de Bône, à Thagaste .
Thagaste a été le lieu de naissance de St Augustin. La ville a été rebaptisée Souk-Ahras à sa conquête par la France. Saint Augustin a été le dernier évèque d’Hippone.
Les impressions de colons arrivés sur les lieux d'implantation.
Lettre d'un colon Mondovi, 10 Janvier 1849 Nous sommes arrivés un peu tard pour semer du blé, mais on a fait venir des arabes en masses pour labourer et semer pour nos récoltes de l'année prochaine. Nous sommes en train de faire les fortifications, nous gagnons 5 à 6 francs par jours les bons ouvriers et nous ne sommes pas malheureux. Nous recevons les vivres de campagne, mais nous avons du pain de sous-officier fi livre de viande, 12 grammes de café, autant de sucre et un quart de vin, mais nous sommes obligés de laisser 60 centimes de notre journée pour notre nourriture, on a fait aussi des fours à chaux et des briques pour bâtir des maisons. Nous sommes près d'une rivière et notre convoi est divisé en deux villages que l'on a appelé Centre ler et Centre 2 de la Commune de Mondovi. Nous sommes dans les baraques et chaque famille reçoit des vivres et l'on s'arrange comme on veut..."
Lettre de colon Le 19 Mars 1849 Les arbres dont des oliviers, des peupliers, des charmes, des frênes, des myrtes et d'autres dont je ne connais pas les noms. Il y a beaucoup de terre argileuse et des grès sur le bord de la Seybouse. On voit beaucoup de pierres à chaux. Il y a des mines de fer : le Capitaine dit que toutes les montagnes qui nous entourent en contiennent beaucoup. On peut se livrer à la culture de la vigne, des oliviers, du tabac, du blé qui est double en grosseur de celui de France : mais il faut du travail et du courage.
Un article de presse du journal "Le Moniteur Universel" Le 13 avril 1849.
Les mauvais temps qui empêchaient l'arrivage des navires chargés de bois, ou rendaient les communications difficiles, ont pendant longtemps retardé les travaux d'installation provisoire. Sauf quelques rares exceptions, quelques esprits inquiets, les émigrants ont semblé comprendre toutes les difficultés que l'administration éprouvait, et ont accepté franchement les inconvénients de la vie sous la tente, toute nouvelle pour eux. Dans toute l'étendue de la province, les neuf dixièmes au moins des jardins ont été mis en valeur ; des moniteurs d'agriculture, choisis presque exclusivement parmi les émigrants, ont prêté le concours le plus utile dans ces circonstances. Des effets d'habillement hors de service ont été distribués aux colons les plus nécessiteux. Tous ont reçu, depuis leur arrivée dans les colonies jusqu'au 20 février, époque à laquelle elle a été supprimée, une allocation journalière de 10 centimes par personne et de 5 centimes par enfant ayant droit à la demi- ration. Dans un moment où les légumes étaient chers, où il était difficile de s'en procurer, cette allocation a été d'un grand secours aux familles, en leur permettant d'améliorer leur ordinaire. L'esprit des colons est généralement bon ; le sentiment de la propriété, l’attachement au sol, semblent se développer chez eux. Dans les trois colonies du cercle de Philippeville, aucune demande de retour en France n'a été présentée. Six familles de la division de Bône ont demandé à renoncer au bénéfice de leur position et sont reparties pour la France à leurs frais. L'état sanitaire est partout satisfaisant ; aucune fièvre, aucune maladie particulière au pays ne s'est encore déclarée. Des écoles primaires distinctes pour les garçons et pour les jeunes filles ont été établies dans les centres de la subdivision de Bône ; leur direction a été confiée à des instituteurs et à des institutrices choisis parmi les émigrants, et qui étaient munis de diplômes délivrés en France. Les constructions définitives ont été entreprises dans toutes les colonies. Elles sont le plus avancées dans le cercle de Philippeville, qui a reçu les premiers convois. Partout les fours à chaux, les briqueteries, les fours banaux, les maisons de secours ont été construits. On presse les travaux avec la plus grande activité, afin que la majeure partie des émigrants puisse être logée définitivement avant l’époque des chaleurs. L'ensemble de ces renseignements permet d'apprécier la situation favorable dont jouissent les nouvelles colonies; aucun moyen ne sera négligé pour que cet état de choses tende à s'améliorer. On doit reconnaître cependant que les colons n'ont point encore eu à lutter devant les véritables difficultés de l'entreprise. jusqu'à présent, en effet, leurs efforts se sont appliqués aux seuls soins du jardinage ; mais bientôt les travaux de la récolte, plus tard ceux des labours et des semailles soumettront leur courage à de plus rudes fatigues."
Un Almanach pour aider les colons.
Une grande proportion de colons qui s'installent à Mondovi, comme dans les autres colonies, sont des citadins qui ne connaissent pas grand-chose de la vie d'un agriculteur. Bien que l'armée soit là pour aider les nouveaux arrivants, le gouvernement édite une brochure qui tient lieu d'almanach dont le but est de suggérer les activités à mettre en œuvre tout au long de l'année. Cette brochure est publiée sous l'appellation d'Almanach du laboureur algérien.
Voici la page complète de l'Almanach concernant le mois d'Août. Ne te laisse pas dire que la terre est trop sèche ou trop dure. Ce labour sera difficile, mais il vaudra de l'engrais.
En avril 1849, alors que la colonie de Mondovi est en pleine organisation de création du village, la terrible maladie s’abat sur la région. Dans le village, la rue de l’Espérance est le souvenir de la période où le choléra fit des ravages dans la région de Mondovi. Difficile d’imaginer l’ambiance que crée une telle épidémie. Voici ce qu’en dit quelqu’un qui l’a vécue ( Pauline De Noirefontaine) « Le choléra a fondu sur notre pauvre ville comme un vautour qui la couvre de ses ailes noires… il est presque impossible de sortir de chez soi ni d’ouvrir sa croisée, sans entendre le râle de la dernière heure, ou voir quelque exposition funèbre…depuis six semaines que le choléra a étendu sur nous son bras de fer, il a déjà fauché le huitième de la population, et le tiers de la garnison, sept médecins, quatre-vingt-cinq infirmiers et douze sœurs de Saint-Vincent-de-Paul... Mais c’est surtout la rapidité avec laquelle on passe de la vie à la mort qui ébranle les âmes les plus intrépides. On ne peut même plus se fier à la jeunesse, à la fraîcheur et à l’éclat des belles années ; le monstre sévit avec une fureur tellement aveugle, qu’il frappe indistinctement jeunes et vieux, faibles et forts, pauvres et riches, sans distinction d’âge, de fortune. »
En 1851, le cimetière du village, signe de tristesses annoncées est officiellement ouvert. Il était malheureusement impossible d’imaginer la création d’une commune sans envisager le cimetière. Fous nous l’étions puisque nous entamions l’âge ingrat de l’adolescence avec en ligne de mire le lycée qui nous attendait à Bône. Je me rappelle ce jour où deux immenses meules de paille étaient implantées juste en face du portail. Notre premier exploit avait été de tenter l’ascension des meules pour nous asseoir au sommet. Inutile de vous dire combien la courbe de la meule avait évolué. Elle finit par former, à la base, un tas de paille qui nous servit de réceptacle lorsque nous décidâmes de nous lancer depuis le sommet. Je me suis, par la suite, souvent posé la question de savoir si le curé connaissait le propriétaire de la paille...C’était en 1955. A deux pas, derrière le mur d’enceinte du cimetière, mes deux grands-pères devaient nous entendre crier. Ma jeunesse insouciante a occulté la possibilité d’un recueillement même furtif. Il faut dire qu’à cette époque j’étais loin de penser qu’un jour ils mourraient une deuxième fois parce qu’abandonnés de tous. Ils sont maintenant de l’autre côté de la mer livrés au bon vouloir des gérants du lieu.
Est-ce une coïncidence ? Durant l'année 1852 le pouvoir civil remplace le pouvoir militaire. Le premier maire de Mondovi prend ses fonctions. En même temps, les locaux administratifs sont "ouverts". Quatre ans seulement se sont écoulés depuis que les « aventuriers » du 11ème convoi ont entrepris de créer le village et déjà le centre « névralgique » de la cité est né. La mairie, le bureau de poste… je devrais dire les PTT (Poste Télégraphe Téléphone) et ce qu’on appelait la Justice de Paix peuvent entrer en fonction.
Sur la place se déroulait la fête du village. Elle fut interrompue au moment des « évènements » par crainte d’attentats. Mondovi a eu une existence courte mais sa vie a été intense et appréciée aussi bien de ceux qui y habitaient que des habitants des communes voisines. Les structures créées à la naissance du village ont aidé à la mise en place de nombreuses réjouissances. Les installations telles que terrain de boule lyonnaise, stade de football, salle des fêtes, grande place centrale ont influé sur le désir de bien vivre des mondoviens. de l'engouement d'une population toujours prête à participer d'une façon ou d'une autre aux attractions proposées. Rien n'aurait été possible cependant sans la présence de boute-en-train capables d'endosser le costume d'animateurs talentueux quand cela était nécessaire. De 1848 à 1962 de nombreuses attractions ont attiré du monde de tous les horizons. Il pouvait s'agir de grands concours de boules, de fêtes votives dont les animations couvraient tout l'espace du centre ville, de concerts donnés dans la salle des fêtes, de match de football mémorables, de retraites aux flambeaux. Un des meilleurs tours de forces du comité des fêtes a été de créer une troupe théâtrale .. A Mondovi un personnage excellait dans l’utilisation de la langue « Pied noir » : René BUSSUTIL. C’était un amuseur né, toujours prêt à faire rire ceux qui le côtoyaient. Tour à tour, expert des tabacs à la coopérative des tabacs du village, père Noël, joueur de boules lyonnaises expérimenté, amuseur, musicien, entraineur de football, il avait plusieurs cordes à son arc. Un jour, à la réunion du comité des fêtes, il avança une idée qu'il avait en tête depuis longtemps : créer une troupe théâtrale. A cette proposition plutôt originale, une question suivit immédiatement : une troupe pour interpréter quoi ? Outre ses blagues et ses sketchs, René avait dans ses archives une pièce inspirée de la fameuse histoire de "l'Auberge rouge" née d'un fait divers et peut-être plus connue sous le nom de "Auberge de Peyrebeille". L'évènement a fait l'objet d'un film en 1951, dont l'interprète le plus connu est Fernandel. Dans cette auberge pendant près de vingt-trois ans, aux alentours des années 1805-1830, les époux Pierre et Marie Martin, d'anciens fermiers pauvres devenus propriétaires et tenanciers, auraient détroussé plus de cinquante voyageurs avant de leur ôter la vie. À leur mort, leur fortune fut évaluée à 30 000 francs-or. L'originalité de l'œuvre que René intitulera "L'Auberge du chien mort" est qu'elle est écrite en "Bônois", une sorte de dialecte dont seuls les habitants de la région de "Bône" ont le secret. Avant que ce dialecte ne naisse, existait ce que l'on peut appelait le langage "Pied noir" appelé aussi "Pataouette". Comment est né ce langage ?
La population de Mondovi, comme celle de toute l’Algérie était composée d’ Espagnol, de Maltais, d’ Italiens, d’ Alsaciens qui sont venus se mêler aux Français et aux Arabes. Tous ces gens ont appris à communiquer, en utilisant leur propre langage et un peu de ce qu’ils ont appris des autres. Cet amalgame verbal a donné naissance dans toute l’Algérie à une langue spéciale.
Cette « langue » n’est pas, cependant, une spécialité régionale ou un patois. Tout le monde peut la comprendre. C’est un mélange, de toutes les langues d’origines des Européens avec, en plus, des déformations qui sont sans doute la conséquence de l’apprentissage orale du vocabulaire utilisé. Tous les « é » se prononcent de la même façon : « C’est vrai » se dit « c’est vré ». Quant au "o" il n'en existe qu'un, que ce soit "cause" ou "chose" ou "rose". Le "u" est parfois transformé en i ou inversement. Ainsi « la figure » devient « la fugure ». On entendra dire, par exemple :"J'ai la honte qu'elle me monte à la fugure ». Ces expressions viennent souvent agrémenter les échanges verbaux en allant parfois vers l’exagération. Exemple : « Si je me déchire le pantalon, ma mère elle me tue ». Ces expressions en nombres font partie intégrante du vocabulaire de tous les jours. Lorsque ce langage est pratiqué à "Bône", il devient "Bônois" et on y ajoute les expressions du cru. Exemple : J’ai « tombé la veste » avant de me « taper une sieste carabinée». « J’vous dis pas « ce que j’ai écrasé ».« Bon ti’arrète mainant », « oublie moi cinq minutes » ou « j’ten donne une que le mur y t’en donne une autre ». « Fais entention » à toi. Ecoute moi « si ti as peur n’a pas peur ».
Une pièce c’est fait pour être joué. L'idée mise à la réflexion des membres du comité fut adpotée à la réunion suivante. Le projet devait aboutir à une représentation donnée dans la salle des fêtes du village. Une fois la troupe créée la plus grosse difficulté résidera dans la distribution des rôles. Pas facile de s'improviser acteur quand on n'a jamais fait ça. On fait appel aux affinités de chacun, on encourage les plus réticents, on calme le plus "emballés", on dissuade les plus aventureux et on demande à tous de s'approprier le scénario pour en connaître la trame. Les dialogues sont dactylographiés autant de fois qu’il le faut sur le dos des bordereaux de réception de la grande coopérative des tabacs qui s'est implantée au village durant les années 1920. A la Tabacoop, René joue le rôle d’expert des tabacs de temps à autre…(c’est pour rire…). On utilisera pour cela les machines à écrire du bureau. On met à contribution les secrétaires et de nombreuses feuilles de papier carbone. Les répétitions commencent. Chaque séance est une crise de fous rires. La plus grosse difficulté, mis à part le fait de retenir le texte est de s’empêcher de rire en le disant. A force de répétitions l’équipe sent que le moment est venu de passer aux étapes suivantes. D’abord donner un nom à la troupe pour lui faire un peu de publicité : elle sera appelée « Comaedia ». Ensuite organiser la représentation pour la faire connaître. Il faut dans un premier temps créer les décors. Rien de plus facile, dans la mesure où, des artistes font partie des acteurs : les deux frères BAËZA, François et Michel se feront aider par tous les collègues et amis prêts à mettre la main à tout. A la Tabacoop on utilise beaucoup de toile de jute pour emballer le tabac expédié à la SEITA. Le matériau fera très bien l’affaire pour peindre les décors qui seront fixés sur des cadres en bois. Il suffira de demander l’autorisation à Monsieur Alzeto, le Directeur…si nécessaire…A temps perdu l’équipe de peintres se met au travail. Dès qu’un tableau est fini, il est monté et l’on se met à répéter dans de meilleures conditions. On a comme l’impression que les acteurs sont meilleurs même si on a du mal, parfois, à s’accaparer de certaines expressions spécifiques aux bônois.
« Bois Coco bel œil mais entention te taffogue, truque ac les amis, c’est moi qui regole » dit Mme Raphaël. Dire la même phrase en espagnol ne serait peut-être pas plus difficile…Mais les répétitions aidant, les acteurs deviennent presque expert en « bônois ». On peut alors envisager d’organiser le spectacle. La salle des fêtes du village a été préparée pour recevoir les spectateurs de toute la région. Tout le village est là, bien sur. Mais il ya aussi des spectateurs de Barral, Randon, Penthièvre, Duzerville, Bône. Leurs rires sont autant l’illustration de l’appréciation des dialogues que la découverte des hommes du bled dans un contexte tout à fait particulier. La salle des fêtes est comble. La pièce a un énorme succés. Rires et applaudisssements se succèdent. A la fin, les spectateurs se lèvent pour applaudir à tout rompre les acteurs réunis sur la scène. Le spectacle a un franc succès. Nous sommes le 11 décembre 1948. Il y a 100 ans, les premiers mondoviens arrivaient sur les lieux où le village a vu le jour. Le 11 décembre 1948 est un samedi. Cela tombe bien. Les mondoviens sont bien décidés à faire la fête pendant deux jours. Le comité prépare cela depuis de nombreux jours. Parmi eux figurent en bonne place les musiciens de la philharmonique. Il y a entre autres, les frères Baëza , Michel et François, Zamith Robert, Daoud père et fils, Poli Napoléon. C’est en 1893 que la première société de musique de Mondovi a été créée. Elle a existé, jusqu’en 1953, année au cours de laquelle son activité a cessé. Ce qu'on a appelé les "évènements" y ont été sans doute pour quelque chose. Le dernier chef de musique a été Baëza Michel, remplaçant de Baëza François, son frère, devenu indisponible. L'école de musique s'est tout le temps tenue dans la salle qui jouxtaient la salle des fêtes, réservée normalement à l'entrepôt du matériel des pompiers. J'ai eu l'occasion de suivre l'équipe des musiciens au moins une fois. C’était au mois de novembre. La nuit s'était terminée fort tard. Faute de me proposer le petit verre chaque famille m'avait offert, qui des bonbons, qui des gâteaux. J'étais rentré à la maison, les poches du manteau bourrées de friandises.
Les employés municipaux ont eu pour mission durant toute la semaine d’illuminer le centre du village. Des milliers de lampes électriques scintillent tout au long de la rue nationale sur la place du village, sur le parvis de l’église. Tout est fin prêt. |
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Le hasard du calendrier veut que le 10 décembre, la veille donc, l’assemblée générale des Nations Unies, a adopté à Paris, au Palais Chaillot, la Déclaration Universelle des Droits de l’homme. Le texte énonce les droits fondamentaux de l'individu, leur reconnaissance, et leur respect par la loi. |
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