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1948 - Le village se remet lentement des plaies occasionnées par la guerre et essaient de retrouver l'ambiance des années d'avant guerre. On vient tout juste de graver sur le marbre du monument aux morts les noms des disparus durant le conflit de 39 45. Les jeunes soldats ont retrouvé leur famille. Ils tentent de renouer avec les habitudes que leur appel sous les drapeaux avait interrompues.
A la mairie le maire Roland Bertagna est installé depuis 1933. C'est le fils de Bertagna Dominique qui a été maire du village de 1909 à 1916. En nombre, la population n'a pas tellement évolué. Elle est toujours de 2 milliers d'individus. La consonnance des patronymes a cependant évolué.
Les maisons sont occupées par les Niéri, Grima, Boujados, Dingli, Cordina, Bougioli, Cardenti, Onorati, Falzon, Da Costa, Baëza, Bocca, Greloz, Alzetto, Bussutil. Ces familles sont d'origine italienne, Maltaise, Espagnole. Elles sont venues s'installer à Mondovi, répondant à la demande de main d'œuvre. Pratiquement tous les nom des familles sont à consonnance maltaise, italienne ou espagnole.
Beaucoup de chefs de familles ont été recrutés par la coopérative de tabac installée au village, la tabacoop, qui fait vivre le village. D'autres sont artisans installés à leur compte en tant que bourrelier, cafetier, peintre, coiffeur, menuisier, terrassier, maçon. Les textes qui relatent les difficultés de la colonisation de la région par les premiers colons venus de Paris ou des provinces françaises fait état de nombreux abandons consécutifs à la maladie ou aux échecs d’une agriculture difficile. Cela explique le fait que certains ont acquis un lopin de terre, saisissant l'opportunité de la défection de ces exploitants agricoles, installés en 1848 qui abandonnent le métier d'agriculteur pour entrer en France ou pour exercer un autre métier à Bône, la ville la plus proche du village..
Certains de ces migrants, quand ils ne s’adonnaient pas au commerce, se louaient comme ouvriers agricoles. Leur sens légendaire de l’économie leur a permis d’acquérir, par le travail et la privation, l’argent nécessaire à l’achat de terres souvent gagnées sur les friches. Au début de la colonisation, la très grande majorité des colons étaient d’origine française. Au moment de l’exil de 1962, le nombre d’agriculteurs français d’origine maltaise devait être au moins égal à celui des agriculteurs d’autres origines.
L'installation de ces "migrants" italiens ou maltais remplaçant les premiers arrivants français a influé sur la vie, les coutumes pour faire émerger une culture locale fortement teintée des traditions d'origine des nouveaux occupants. Ces Espagnol, Maltais, Italiens, se mêlant aux Français et aux Arabes ont appris à communiquer, chacun utilisant leur propre langage et un peu de ce qu’ils ont appris des autres. Cet amalgame a donné naissance à ce qu'on a appelé plus tard le pataouette, une langue dont les mots ne figurent dans aucun dictionnaire. De plus, Mondovi a beaucoup subi l'influence de Bône, la grande ville la plus proche où beaucoup d'italiens se sont installés. Ces transalpins ont importé la tradition des batailles de fleurs créant des ambiances festives telles que celles que l'on pouvait découvrir à Nice ou Vintimille. Régulièrement, le théâtre de la ville accueillait des troupes italiennes d'opéra et de balais qui logeaient dans les hôtels luxueux situés tout au long du cours Bertagna. Le village s'est imprégné de cette envie de renouer avec l'esprit de fête. L'année 1948 sera plus que jamais l'occasion de multiplier les réjouissances avec la renaissance de la fanfare du village et la célébration du centenaire. Vous pouvez lire aussi MONDOVI : Le centenaire du village.
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