1848 Les futurs habitants du village de Mondovi partis de Paris ont traversé la France sur des canaux. A Marseille il prennent le bateau pour le port de Bône où ils arrivent le lendemain de la Saint Ambroise. Est-ce une coïncidence s’ils choisissent de placer la paroisse du village sous sa protection ? Ambroise a été évèque de Milan de 374 à 397. C’est auprès de lui que le berbère Augustin se convertit au catholicisme avant de rentrer dans les ordres pour devenir plus tard, évèque de la ville romaine d’Hippone située tout près de Bône

A-t-on choisi Ambroise pour cette autre raison ?

 

En 1849 le village subira l’effroyable fléau du choléra. Plus que jamais, les aventuriers auront besoin de l’aide de Saint Ambroise.

Le sept mars la paroisse est fondée. L’église n’est alors qu’un local constitué de quatre murs de torchis construits à la « va vite » dans lesquels sont percées de petites fenêtres. Beaucoup de familles s’y rendent pour implorer Dieu de faire cesser cette hécatombe qui fera 200 morts sur les 900 personnes qui ont constitué le convoi pour Mondovi.

 

MONDOVI : Ce qu'est devenue l'église ?

 

 

 

 

Le premier curé responsable de la paroisse est originaire des Vosges. Il a pour nom L’Abbé MALBET. Il officie devant un petit autel face auquel ont été placés quelques bancs de bois confectionnés par les habitants.

En 1851 un nouvel Abbé est nommé à la tête de la paroisse. C’est l’Abbé NOIZAUX. C’est un fervent adepte de la chasse dont il est passionné. Sur le territoire du lieu d’implantation du village, des bêtes sauvages manifestent encore leur présence. Parmi elles, le fameux lion de Numidie, fauve robuste à la crinière noire. On doit à l’Abbé NOIZAUX  d’avoir abattu le dernier lion de la région.

 

Ce n’est qu’en 1877 que l’église a été officiellement inaugurée et remise à la municipalité alors gérée par Monsieur WARION.

On confiera à la paroisse un tableau offert par Napoléon III lors de sa visite à Bône en 1865.

Un peu plus tard, en 1920 l’environnement de l’édifice sera aménagé pour y implanter de part et d’autre le monument aux morts et un terrain de jeu de boules lyonnaise.

 

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De 1877 à 1962, le même rituel s’est perpétué. Juste avant que la cérémonie ne commence les fidèles attendent, sur le parvis ,le moment fatidique pour rentrer dans l’édifice. On voit essentiellement des hommes « bien mis ». Les dames sont déjà installées dans l’église. C’est une habitude ; les hommes entrent les derniers, restent au fond de l’église, debout, même si des places sont libres sur les bancs. Cela vaut au curé de demander parfois qu’on s’avance, pour permettre à ceux qui sont derrière, de rentrer.

 

Lorsque la messe est finie, les hommes sortent... les premiers, bien sûr... pour aller boire une anisette au bistrot le plus proche. Les femmes après un brin de causette vont mettre la dernière main à la macaronnade ou au couscous.

 

 

 

 

Outre le curé, l’homme qui a passé sans nul doute le plus de temps dans l’église c’est mon grand père paternel. Sa qualité de peintre décorateur lui a valu de rafraîchir  à plusieurs reprises les saints de l’église. Il était parfois secondé par mon père dont le plus grand plaisir fut, un peu plus tard d’interpréter lors d’une cérémonie, l’Ave Maria au saxophone.

En 1948 une grande messe solennelle est organisée pour marquer le centenaire du village. Le curé qui officie alors est l’Abbé Conseil. Il est secondé par Monseigneur Duval, évêque de Constantine. Pendant la cérémonie religieuse, les musiciens sont là pour ajouter, la solennité qui convient à l’évènement. A la sortie de l’église les mondoviens ont fait une haie d’honneur au cortège ecclésiastique chacun se presse au passage de l’évêque pour embrasser sa bague, comme il est de coutume. Le cortège se rend au monument aux morts pour rendre hommage aux morts du village.

 

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Certains curés sont restés longtemps au village. Cela leur a permis de nouer des liens avec la population. Je me souviens du Curé Galléa qui avait pour coutume de rendre visite aux familles. Je l’ai vu chez nous à plusieurs reprises. Rares sont les fois où il est reparti sans emporter quelque chose . Cela pouvait être un objet quelconque qui lui plaisait. Un jour il a quitté la maison avec un cendrier qui décorait la table de la salle à manger. D’autre fois il pouvait  emporter une part de daube qui mijotait dans la marmite ou une bouteille de rouge. Etait-il possible de refuser quoi que ce soit au représentant de Dieu ?

 

 

Le dernier curé que nous ayons connu à Mondovi était l’Abbé Robert. C’était un homme grand et respectable.

En 1962, une importante partie de la population a quitté le village avant la date « butoir » de l’indépendance (fin juin). Le nombre des fidèles s’étant considérablement affaibli c’est  un curé d’une paroisse de Bône qui assurait l’office le dimanche.

 

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Après l'indépendance, ce à quoi il fallait s'attendre est arrivé. La structure de l'édifice  a été transformée pour donner naissance à une mosquée. Seule, une partie du clocher rappelle l'ancien édifice.

 

MONDOVI : Ce qu'est devenue l'église ?    

MONDOVI : Ce qu'est devenue l'église ?

 

 

Le monument aux morts a, bien sûr disparu (rapatrié en France) et le terrain de boules a permis l'agrandissement de l'édifice religieux. Il faut dire que Mondovi est passé de 10000 habitants à environ 60 000.

 

MONDOVI : Ce qu'est devenue l'église ?

Plus que les pierres ce sont les souvenirs qui ont marqué la vie du village qui ont disparu. Heureusement, les photos sont là pour nous rappeler toutes les cérémonies officielles ou privées qui ont marqué les évènements qu'a pu vivre la population aujourd'hui disséminée en France ou dans d'autres pays du monde.

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