Pour se retrouver le 4 février 1945, parmi les libérateurs d’UFFOLZ, commune d’Alsace il a fallu que Charles traverse la Méditerranée après s’être engagé dans l’armée française à 18 ans.
Fils d’un modeste agriculteur, installé près de Mondovi, Charles menait, avant de se retrouver en Alsace, une vie relativement tranquille.
Lorsqu’en 1962, au moment de l'indépendance de l'Algérie, contraint et forcé, Charles traverse la Méditerranée avec sa famille pour rejoindre la France il sait quelle sera sa destination. Il quitte le pays où il a vécu 39 ans pour rejoindre l’Alsace. C’est là qu’il avait connu sa femme Jacqueline en 1945 alors qu’il était militaire. Arès le mariage, Charles avait convaincu Jacqueline de le suivre en Algérie après la guerre. Le couple y a vécu une grande partie de sa vie et a eu quatre enfants.
En 1945 Charles n’avait que 18 ans quand il s'est engagé pour défendre la France. Il a fait un temps en Italie puis il a été rapidement enrôlé dans les troupes Algériennes qui ont contribué à repousser les Allemands hors de France.
L' alsace est sous l’occupation allemande depuis 1940.
En janvier 1945, la guerre est le quotidien des habitants de la région d’UFFOLZ (bombardements, tirs d’armes semi-automatiques, dégâts de plus en plus nombreux).
Charles participera aux combats acharnés qui ont eu lieu en janvier et février 1945.
Le 15 janvier le général De Lattre signe l’ordre d’opération visant à réduire totalement la poche du Pont d’Alsace.
Le 17 janvier l’opération est montée. Les commandos d’Afrique se voient confier une tâche difficile : faire sauter le verrou de Steinbach, Uffholtz et Cernay, Wattwiller.
Du 20 janvier au 9 février le grignotage de positions allemandes par les troupes françaises est lent et pénible. Durs combats entrainant de lourdes pertes.
Le 21 janvier le 1er Régiment de tirailleurs marocains et le 1er Régiment de tirailleurs algériens ont pour mission d’envelopper Cernay par le nord. C’est le plus violent assaut de la bataille de Cernay (185 morts et 196 blessés parmi les commandos d’Afrique).
Le 30 janvier la bifurcation Vieux Thann- Cernay et Steinbach- Uffholtz est prise par le 1er Régiment de Tirailleurs Algériens.
Le 2 février Colmar est libérée par la 5ème DB.
Le 4 février 1945 les troupes ennemies font retraite.
Vers 8h le 1er Régiment de Tirailleurs Marocains entre à Cernay.
Charles fait partie des premiers combattants du 1er Régiment de Tirailleurs Algériens qui occupe UFFOLHZ.
Pour commémorer cet évènement le Rond-point à l’entrée d’UFFOLZ a été baptisé « Rond-point des Libérateurs ».
Marie-Antoinette, fille aînée de Charles, que l’on voit sur la photo a été conviée à cette inauguration. Elle a gardé en souvenir l’article du journal d’Alsace qui relate l’évènement.
Quoi de plus normal que de rappeler l’engagement des troupes d’Afrique pour la défense de la France aux moments les plus difficiles.
Le vendredi 31 janvier 2025 Marinette fille de Charles écrit dans un message :
Je suis dans des recherches de documents historiques avant d'aller assister aux cérémonies sur la libération de la région, le 02.02. à Wittelsheim et le 09.02. à Cernay et j'apprends beaucoup de choses sur le parcours de papa pendant cette période de la seconde guerre mondiale .
Grâce au livret militaire- pas très détaillé- je découvre un parcours exceptionnel:il a fait partie de la 1er Armée à laquelle on doit la libération de la partie Est de la France , jusqu'à Colmar , où ils ont rejoint l'armée de Leclerc, libératrice du Nord du pays jusqu'en l'Alsace.
Papa a ensuite traversé le Rhin , armée Rhin et Danube , 2 mois de guerre et 2 mois d'occupation au bord du lac de Constance apparemment.....Tu connais!
Je viens de suivre son périple de Oran à Naples et ensuite l'avancée du CEF Corps expéditionnaire Français dont il a fait partie sous les ordres du Général JUIN ,Bônois, Naples, le Mont Cassin.Avec sa jeep il est probablement passé à l'Ouest c'était la ruse de Juin parce que les Allemands savaient l'endroit inaccessible mais les mulets de nos goumiers ont pu gravir les pentes! Rome et un défilé sans chaussures, les pieds dans des bandes molletières , St Pierre du Vatican et son baldaquin impressionnant , la fontaine de Trévi.....Les combats de Sienne où un prêtre lui a donné une image pieuse .....le Débarquement de Provence du côté ou chez Laurence....La libération de Marseille et la montée vers l'Alsace où ils ont dû supporter - en plus- des températures de moins 20° .
Je cherche les jeeps( la sienne : modèle 1940!) ...Je scrute les photos ...je stoppe les vidéos pour voir le visage du conducteur.....
J'ai fait des captures d'écran de leurs photos sur ta vidéo "Les Africains" mais ils sont trop raccourcis !!
Autre message du 02 février
J'ai assisté en début d'après midi à la célébration du 80ème anniversaire de Wittelsheim , libérée le 03.02.1945 ;j'avais sur moi le livret militaire de papa avec un morceau de ruban tricolore. Arrivés avec quelques minutes de retard, nous avons dû trouver une place pour pouvoir faire quelques photos ...L'accès au Monument aux morts était resté libre ; ce n'était pas idéal avec des poteaux et des fils électriques partout mais je me suis trouvée sur le passage des officiels à la sortie ! J'ai sorti le livret en le leur présentant de loin. Il se trouve que l'un des représentants du département est un ancien collègue, prof de sport Wittelsheimois, Pierre Vogt ,dans la politique (que la politique) depuis longtemps. ...Le maire et les deux autres huiles s'y sont intéressés, l'ont ouvert... J'ai rapidement expliqué le parcours pas banal de papa : Corps expéditionnaire en Italie , débarquement sur Cavalaire , libération de Marseille , vallée du Rhône et combats de la poche de Colmar avant l'entrée en Allemagne avec l'armée Rhin et Danube et bien sûr la libération d'Uffholtz et... de maman qui avait était "sélectionnée" pour aller procréer dans une pouponnière d'Hitler, un lebensborn!
Pierre m'a adressée au photographe communal. Avant qu'il ne me quitte car la cérémonie devait continuer devant la mairie , je lui ai dit :
-"Il manquait quelques chose ...."
Il m'a regardée surpris ....
- "...C'est nous les Africains."
Le maire avait cité l'origine de la majorité des soldats de la première armée sans mentionner les Français d'Algérie !
Je pensais hier à ce que je considère comme une injustice : dans une commune voisine vivait Y. L , qui a combattu dans les mêmes rangs que papa .Il était originaire de Rénier (comme tonton Zouzou), fils de l'allumeur de réverbères.Il est resté en Alsace , s'est marié à une française ,a ouvert un restaurant ET a été le conseiller pour le tournage du film "INDIGENES" qui a fait passer les "indigènes" pour les seuls sauveurs de la France comme certains l'ont fait remarquer et qui dénonce des mauvais traitements de ces troupes à partir de son expérience personnelle . A lire l'histoire de papa, je ne crois pas qu'il se soit trouvé dans des endroits moins dangereux que lui !!!