Certains élèves grignotent du pain tout en savourant une barre de chocolat. C’est leur goûter de fin d’après midi. Chaque jour à 16 h une queue se forme devant la porte du réfectoire. Les élèves se succèdent pour puiser dans une grande corbeille d’osier deux tranches de pain. Le préposé au goûter en veste blanche leur tend deux bâtons de chocolat.

La sonnerie de 17h annonce l’entrée à l’étude du soir. Les joueurs suant et soufflant, récupèrent les vêtements qui marquaient l’emplacement des buts pour courir aux toilettes se désaltérer avant de se mettre en rangs à l’entrée du bâtiment des études.

L’ambiance qui règne dans les salles d’études dépend de la gestion plus ou moins rigoureuse qu’impose le « Pion » . Elle est de toute façon extrêmement « rigide » durant l’étude de 5 à 7 réservée exclusivement à la préparation du travail pour le lendemain. Chaque jour l’élève est noté sur 10 pour sa conduite. Les notes sont consignées dans un grand cahier. Une moyenne inférieure à 5 en fin de semaine peut entraîner une colle pour le samedi suivant. La décision est prise lors de d’une intervention cérémoniale hebdomadaire du surveillant général.

 

 

 

Le temps passe… Les premières révisions ….Les premières compositions qui vous surprennent … …Les moyennes semestrielles jamais satisfaisantes …L’attente des décisions du conseil de classe et les déceptions contrariantes …parfois des joies mal dissimulées ..mais aussi des pleurs et des grincements de dents.. Oublions…Voici …Les études du soir et d’avant le dortoir et l’envie de chahuter…Les casiers des études et le cadenas fracassé … « Un seul debout… à la fois SVP ! » … Les récriminations des Maîtres d’internat : « Attention …je remarque et je marque » …les risques de consigne …le réfectoire et la soupe du samedi soir …

Le dortoir et le lit bâclé à revoir …la « chausserie » et les chaussettes nauséabondes … la perte des… pantoufles …Les lavabos et le manque d’eau ou …de dentifrice .Les armoires personnelles et l’oubli des clés dans les Etudes…21h extinction des lumières et la révision de la « compo ».. sous la couverture à la lumière d’une torche électrique …Les miaulements qui fusent discrètement et le grognement de ceux qui veulent dormir …Enfin le silence …

Chaque élève rassemble ses pensées et s’assoupit petit à petit …Voici le passage du veilleur à 23h ..à 2h30..et Hop ! .6h30 Debout …Au pied du lit…Attention aux retardataires…

Que de souvenirs ! Des souvenirs qui ont agrémenté nos jeunes années dans ce brave lycée St Augustin.. On se libère progressivement du cocon familial pour se retrouver devant le rempart des études et des examens, mû par les caprices de l’adolescence à qui « rien n’est impossible » mais vite rattrapé par les événements que traverse notre pays. L’adolescence est l’âge du choix des extrêmes. La sensibilité fiévreuse, les sensations fortes dominatrices, les hâtifs jugements ainsi que les rêveries parfois chimériques qui dominent nos esprits tandis que la Raison, rigueur suprême de personnes âgées, est reléguée au second plan. Nous suivions avec grand intérêt les événements d’Algérie. Nos informateurs patentés étaient les Externes qui avaient la radio chez eux ou nous apportaient les nouvelles locales et la Dépêche de Constantine, le journal régional.

Les jours de sortie, nous achetions les journaux français, Le Monde, France Observateur, L’express et aussi le Canard Enchainé dont les écrits nous donnaient beaucoup à réfléchir et à espérer .On les lisait en cachette pendant la récréation, juste avant l’étude de soir.

 

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