La route Mondovi-Bône.

MONDOVI - Prenons la direction de Bône.

 

 

La route MONDOVI-BÔNE, les mondoviens la connaissaient  parfaitement.

C'est à Bône qu'ils allaient faire leurs courses. C'était aussi le passage obligé pour rejoindre la Méditerranée.

Là les plages s'alignaient, plus belles les unes que les autres.

La magnifique corniche  de la ville offrait un spectacle constant jusqu'àu Cap de Garde, sémaphore sur la grande bleue.

La route était aussi le chemin emprunté chaque semaine par les pensionnaires des Lycées de Bône qui poursuivaient leurs cursus scolaire après la "communale".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Avant que les mondoviens puissent posséder une automobile, les familles utilisaient le car qui  faisait la navette chaque jour , matin et soir.

Il arrivait que le véhicule soit également loué pour les déplacements occasionnels du personnel de l'usine de tabacs du village.

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Le car de Mondovi, devant le local des pompiers du village.

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Au village, le terminus se situait devant le petit local des pompiers tout près de la salle des fêtes, en plein coeur du village. Le véhicule avait le style des modèles des années cinquante, tout en rondeur, assez haut sur pattes, les phares globuleux. 

 

Avant que ce transport collectif ne soit organisé, il arrivait souvent que le moyen usuel pour se rendre à Bône

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soit la bicyclette. Ainsi, à maintes reprises, Michel militaire à Bône fit l'aller retour pour rendre visite à Désirée, sa "dulcinée". Il est même arrivé qu'ils fassent la route côte à côte avant qu'ils ne soient mariés.

Svelte et léger, Michel avait le gabarit d'un cycliste professionnel. Lorsque les deux amoureux roulaient à deux, le vélo de Désirée étant lourd, il arrivait qu'ils échangent leurs "montures". Il était alors plus facile à la jeune fille de couvrir les 25 kilomètres qui séparaient le village de la ville.

 

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Cette pratique du vélo  fut définitivement interrompue par les "évènements". La crainte d'une embuscade ou d'un attentat interdisait toute "aventure".

Restaient les transports publics. Mais même ces moyens devenait une "aventure". Il devint assez rare que les mondoviens empruntent le train pour aller à Bône.

Les accidents survenus à cause de mines posées sous les rails dissuadaient les utilisateurs potentiels. Une ligne de chemin de fer desservait pourtant le village.

 

 

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Le train qui passait par Mondovi s'arrétait à la gare installée en périphérie tout près de l'entrée de la cave coopérative. Un wagon de transport de marchandises précédait presque toujours la cabine du conducteur pour la protéger de tout dégat pouvant être occasionné  par le minage d'une voie.

Le train qui passait à Mondovi desservait les villes de Guelma et Souk-Arras. Pendant longtemps, le Chef de gare, a été un personnage "haut" en couleurs,  "petit" par la taille, la tête protégée par une casquette blanche qui semblait large pour sa tête.

 

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LE TEMPS DES DILIGENCES à BÔNE.  

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Par Louis ARNAUD

  

Les hommes et les choses passent, ils ne laissent qu'un souvenir; un souvenir qui, à son tour, s'effacera lentement, et finalement, il ne restera plus rien de ce qui faisait le charme de la vie d'autrefois. La vie trépidante d'aujourd'hui, les chemins de fer, les automobiles, les avions, laissent à peine transpercer le souvenir de cette époque si calme et si paisible que l'on appelle encore « Le Temps des Diligences ».

 

Le monde est pris par la tourmente, le progrès l'emporte, le transporte. Le Passé est aboli par la vitesse. et le vertige qu'elle provoque, annihile l'effort qui pourrait rappeler le souvenir. Et pourtant, ce passé n'est pas loin, derrière nous, et certains se souviennent encore, d'avoir connu à Bône, ce temps des diligences, qu'on pourrait croire tenir à un temps de légende, tant ce mode de locomotion parait archaïque à côté de nos actuels et luxueux sleepings et wagons-restaurants, de nos avions confortables et de nos autocars commodes et rapides. 

De Bône, en effet partaient autrefois, - un autrefois relativement récent des services de diligences, réguliers et quotidiens, qui reliaient notre port à Jemmapes, La Calle, Sédrata et Ain-Bàida, qui n'étaient pas encore pourvues de liaisons ferroviaires avec le reste du Département. 

Ces diligences, voitures énormes, monstrueuses presque, attelées de six chevaux, à la croupe ronde et lustrée, soigneusement et solidement harnachés, partaient à la tombée du jour,... faisant le service de Bône à Guelma et Souk-Ahras. D'autres enfin, pour Ain-Beïda. partaient de l'ancien café Couronne, exactement en face de l'Hôtel d'Orient et tout près du Crédit Lyonnais. 

On pouvait lire encore après la guerre 1914-1918, sur les colonnes des arcades, devant ce café, les indications des itinéraires et heures de départ des diligences. Chaque départ était une véritable attraction pour les enfants et les gens du quartier. 

Lorsque tous les voyageurs étaient à leurs places, que tout était prêt pour le départ, le cocher, coiffé de son énorme bonnet de fourrure, enfoncé jusqu'aux oreilles et vêtu de son lourd manteau, allait se jucher sur son siège. De là, dominant la foule des badauds, il faisait claquer, en virtuose, la large lanière de son fouet, par dessus la tête des hommes et la croupe des six chevaux qui frémissaient sous les « clic - clac » sonores et ne demandaient plus qu'à s'élancer sur la route. Puis brusquement, d'un seul coup, le cocher qui tenait, bien rassemblées et bien tendues, les quatre rênes commandant l'attelage, rendait la main et faisait claquer une dernière fois son fouet et les chevaux partaient au grand trot et , aussi, au grand bruit des grelots sonores dont leurs harnais étaient abondamment garnis.

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 A Mondovi : Du cheval à l'automobile.

 

Je m’adresse à mon père

-         Papa est-ce que tu as connu tes grands parents ?

-         Je n’ai connu que ma grand-mère du côté de ma mère. J’ai aussi connu la sœur de ma grand-mère..

-         Tu n’as donc pas connu ton grand-père.

-         Non il est décédé avant que je puisse le connaître. Il était charretier.

-         Charretier ?

-         Oui. A l’époque il n’y avait pas de voitures. On avait les chevaux.

-         Il faisait ce que faisait Onorati au village. Tu l’as connu Onorati?

-         Non

-         Il avait des tombereaux et avec ça il transportait le sable, les cailloux. Mon grand père faisait ce travail. Il était conducteur des chevaux.

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-         On appelait ça un charretier.  Y’en avait qui conduisaient des tombereaux, d’autres des voitures à plateau. Je ne me souviens plus comment on appelait ces charrettes. Elles avaient un nom... C’est pas vieux...

Onorati il avait ce matériel. Il transportait les balles de paille dessus. Y’avait un siège pour le conducteur  une plateforme sur 4 roues. Quand on partait en pique-nique pour Pâques on l'utilisait. On faisait asseoir, les gens sur le pourtour du plateau, les jambes pendantes et on mettait le ravitaillement  au milieu…

Plus tard, en plus de ce matériel Onorati avait acheté un Berliet, le premier Berliet qui était sorti avec des

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bandages. Y’avait pas de pneu ni de chambre à air. C’était un bandage dur en caoutchouc et l’entraînement se faisait grâce à une chaîne comme une chaine de bicyclette mais plus grosse. On la voyait sur le côté.

Quand les camions modernes sont sortis, il avait toujours ce Berliet. Quand on transportait le tabac de la Tabacoop à la gare on prenait une entreprise de Bône mais lui, on le faisait travailler parce qu’il était du village. On lui donnait d’ailleurs la priorité. Il utilisait aussi ces fameux plateaux pour transporter  le tabac.

Y’avait aussi ce qu’on appelait la « jardinière » qui permettait de transporter le fourrage.

 

A l’époque c’étaient les chevaux qui travaillaient. Onorati avait une grande cour. Tout autour c’était les écuries.

C’est lui qui ferrait ses chevaux. Il livrait le gravier et le sable aux maçons. Il avait le droit de le tirer de la rivière.

Pour sortir les matériaux du lit de la rivière jusqu’au véhicule, il utilisait  des bourricots. 

Chaque bête avait un panier de chaque côté que l’on remplissait de galets. Dés que les paniers étaient pleins , les ânes montait jusqu’à la route sans même avoir besoin de conducteur tellement ils étaient habitués. Inutile de te dire qu’il en avait des bourricots. C’était une queue à n’en plus finir quand il les déplaçait. 

On s’aperçoit que ça a vite évolué. On a l’impression que c’était hier.

 

Je me souviens quand ils ont sorti les tractions avant…Pépé (Auguste) a acheté la  première 201 Peugeot du village et la première traction a été achetée par Perruche, l’instituteur. 

Quand Amédé Lopez nous disait qu’il mettait 25 mn avec sa traction pour faire Mondovi Bône ça nous paraissait extraordinaire. 

Plus tard, le greffier a eu en cadeau une Willis. Quand il arrivait au village, tu avais tous les gosses autour. Quand le moteur tournait on ne l’entendait pas. Il s’est tué avec ce véhicule.

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 Une course à bicycles de Bône à Mondovi en 1889. 

 

Voici un article de la Dépêche de Constantine du 19/10/58 qui rapporte les commentaires d’une personne ayant assisté à une des premières courses de vélo. Outre l’aspect historique de la bicyclette, cet article est intéressant pour les précisions qu’il donne sur l’état de la route Bône, Mondovi et sur les moyens de transports en 1889.

 

 

Dépêche de Constantine du 19/10/58


BÔNE , SON HISTOIRE ....SES HISTOIRES de Louis ARNAUD

"J’ai vu, aux environs de l’année 1889, le départ d’une course de « bicycles » à Bône .C’était un dimanche matin, dans la rue Gambetta .La compétition devait avoir lieu, sur route, entre Bône et  Mondovi et retour, soit donc sur une distance d’environ cinquante  kilomètres.
 Les routes étaient loin d’être alors ce qu’elles sont aujourd’hui et, de la région bônoise, le tronçon de Bône à Mondovi était certainement celui qui était dans le plus mauvais état, en raison du charroi intense qui se faisait quotidiennement entre les grands vignobles, particulièrement à cause du transport des vins.
La chaussée était toujours littéralement défoncée, pleine de trous, d’ornières et de poussière .
Le départ était donné, dans la rue Gambetta même, à hauteur de l’immeuble qui porte le n° 6 de cette artère, où se trouvait le magasin de l’animateur de l’épreuve et où devait avoir lieu, quelques heures plus tard, l’arrivée des concurrents .
 

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Les « bicycles » était un genre de véhicule bizarre, que le populaire appelait « araignée », consistant en une grande roue de un mètre cinquante de diamètre et une autre roue, beaucoup plus petite, placée en arrière .Ces deux roues étaient en fer et munies d’un étroit bandage de caoutchouc plein . L’homme était juché sur un siège situé exactement au-dessus du moyeu de la grande roue sur lequel, de chaque côté, étaient fixées les pédales qui actionnaient, ainsi, directement la roue motrice .
 

 

L’épreuve, au départ de laquelle j ’assistais, sur ce trottoir de la rue Gambetta, était donc une véritable épreuve d’endurance, d’énergie et de courage .
La bicyclette n’avait pas encore fait son apparition à Bône, dont les rues n’étaient sillonnées que par des véhicules et des moyens de transport disparates et archaïques : lourds chariots traînés par des bœufs, convois de chameaux qui envahissaient nos trottoirs, au repos, ânes et mulets lourdement bâtés - dont la lenteur était désespérante .

La petite reine ne vînt qu’après 1890 - dix ans, à peine, après sa naissance parisienne - montrer ses performances autour de notre « Cours national », sous les yeux ébahis  des  badauds qui n’avaient jamais vu ça ."

 

 

 

Relevé dans « Le Progrès » (1900)

 

Accident: "En cette matinée de novembre où vers 11 heures, la voiture à quatre roues tirée par un cheval, qui appartenait à une boulangerie et conduite par le nommé Mohamed ben Tahar, suivait la rue située place Saint Augustin devant les arcades. En arrivant en face du " cercle Amical ", les deux roues de cette voiture sont sorties de leur essieu, la caisse est tombée par terre et le cheval effrayé par le bruit s'est emballé. C'est alors que l'agent Fieschi de service sur la place Saint Augustin, s'est courageusement lancé à la bride du cheval et a réussi à l'arrêter, évitant ainsi, peut être, un grave accident car des enfants jouaient sur la place et dans la rue."

 

 

 

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