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1830 : Un corps expéditionnaire français est envoyé en Afrique du Nord et s’empare d’Alger au début de juillet. Petit à petit, l'Algérie est occupée par la France. Pour une partie des populations européennes, cette conquête crée l'espoir d'une vie meilleure. C'est ainsi que le port de Bône verra de nombreux Italiens et Maltais débarquer.
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| Antoine, le premier BOUGIOLI. |
| Parmi les étrangers arrivés en 1838 à Bône, figure Antoine. Son nom de famille est BOUGIOLI : un nom à consonnance italienne qui peut faire douter de son origine. Est-il Italien? Est-il Maltais? Antoine ...on devrait dire "Antonio" est un adolescent d'origine italienne qui s'est exilé en Malte avant de rejoindre le port de Bône.. Comme tous ceux qui ont débarqué sur ce rivage il n’a pas eu la chance de suivre une scolarité suffisante pour prétendre occuper des postes de responsabilité. Il doit donc se plier aux dures besognes auxquelles les français, plus instruits ne se plient pas.
Cependant, sa volonté de réussir et la situation dans laquelle il est acculé le pousseront à se persuader qu’il a bien fait de traverser la Méditerranée. Si c’était à refaire, il le referait…De toute façon il n’a plus le choix…
Antoine prend Marie pour épouse. Sa préoccupation première est de fonder une famille et de la faire vivre dignement pour ne pas connaître ce qu’il a vécu dans le pays que ses parents ont quitté. Il fait la connaissance de Marie RIVARRO… encore un nom à consonance Italienne…et décide de la prendre comme épouse. A deux la vie semble plus facile. Il renonce définitivement à retourner au pays. Antoine est installé à Bône avec Marie. Il revient de la vieille ville où il n’a pas rencontré grand monde. Les indigènes y étaient installés avant que les français n’arrivent.
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| Le couple s'installe à Bône. |
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De l’autre côté des remparts, la ville moderne prend forme. Une promenade ombragée est esquissée : elle deviendra quelques années plus tard le cours national puis le cours Bertagna. L’église est maintenant achevée. Chaque cérémonie donne l’occasion aux dames de montrer leurs belles robes. C’est particulièrement le moment puisque les beaux jours arrivent.Antoine se lève et prend négligemment le journal mal plié qui traîne sur la table de la cuisine. Son titre : « LA SEYBOUSE ». La Seybouse c’est la rivière qui musarde dans la plaine de Mondovi et va se jeter près du port de Bône. Le premier numéro de « La Seybouse » parut le 4 juillet 1843. En grosses lettres, au dessus des 3 colonnes de la première page on peut lire : « LA GUERRE DES SAUTERELLES. » En 1866, en effet, les sauterelles se sont abattues sur la colonie comme elles ont pu le faire à d’autres reprises. Une vraie calamité qui détruit tout dans les champs en un rien de temps.
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| Marie et Antoine ont un garçon : François. |
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Antoine reposant le journal sur la table dit « Il ne manquait plus que ça ! » Marie qui reprise des chaussettes le regarde et se remet à tirer l’aiguille. Chez les Bougioli un regard suffit souvent pour se comprendre. Celui de Marie était plein de compassion pour Antoine. Les Bougioli ont emporté dans leurs maigres bagages la mentalité qui régnait dans le pays d’origine de leurs parents. Là-bas les relations sentimentales étaient codées, encadrées, surveillées. Si Antoine a épousé Marie, c’est qu’il a eu l’assentiment des parents. Un assentiment qui n’a pas été verbal mais qu’il a compris dans la façon dont les parents ont reçu et considéré la fille. La complicité s’est installée. Marie est maintenant sous la protection d’Antoine. En ce jour de mars 1866, la complicité est allée suffisamment loin pour que Marie attende un bébé depuis bientôt 9 mois. Les nouvelles de « LA SEYBOUSE » touchent Antoine mais ne parviennent pas à effacer de son esprit ses préoccupations premières : la naissance du bébé.
TEMPÊTE A BÔNE « A la tombée du jour, les nuages chargés de grains, la mer grossissant de plus en plus et le vent redoublant d'intensité ne laissaient aucun espoir sur le sort des bâtiments livrés à la merci de la tourmente, et, en effet, le lendemain matin, nos plages, jonchées de débris, nous apprenaient la grandeur du désastre, qu'une nuit affreuse avait dérobé aux yeux de tous ». Que des mauvaises nouvelles, tous les jours…. Quelques jours passeront et la bonne nouvelle tombera. Il la lira fin avril 1866 quelques jours après la naissance de son garçon au bas de la quatrième page.
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Etat civil « Le 3 avril 1866 Antoine et Marie BOUGIOLI ont donné naissance à un garçon François Nous félicitons chaleureusement les parents » |
| François choisit le métier de charretier. |
| François est allé à l’école tout juste le temps d’apprendre à lire et à écrire.
D’ailleurs pour le métier qu’il a décidé d’exercer inutile d’avoir une grande instruction. Il veut être charretier. A cette époque la seule force motrice disponible est encore le cheval. Le charretier joue le rôle de transporteur routier. Les charrettes tirées par un ou plusieurs chevaux sont adaptées aux types de marchandises à charger. Un autre métier est en vogue, c’est celui de maréchal-ferrant qui s’occupe en particulier de ferrer les sabots des animaux. François a connu l’époque où les premiers camions ont commencé à concurrencer le cheval. Cela ne l’a pas vraiment gêné parce que leur nombre était encore insuffisant pour prétendre répondre à toutes les demandes. Il a donc pu continuer à exercer son métier sans problèmes. 1892 : François prend Angèle pour épouse. Dans l’année de ses 26 ans il fait la connaissance de Angèle Vella dont les grands parents sont originaires de Malte. Angèle a 7 ans de plus que François mais qu’à cela ne tienne :« Plus le fruit est mûr, meilleur il est » disait-il. Ils se marient le 3 novembre 1892. |
| 1898 : Naissance de Rosine, 4ème fille du couple. |
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Le fruit a été si bon qu’ils auront 5 enfants et parmi eux ROSINE MARIE . Rosine Marie est née le 28 février 1898 Les parents de Rosine se préoccupèrent davantage à lui apprendre ce qu'une fille, à leur idée, doit savoir faire avant même d'envisager une carrière quelconque. Comme ses sœurs elle apprend tout ce qu'un mari attend d'une femme à cette époque : cuisiner, laver le linge, le repasser, coudre et même broder. Insouciante, Rosine passe une enfance heureuse dans la ville qui l'a vue naître. Cette ville que l'on qualifie de "Coquette" parce qu'elle possède tout ce dont un citadin exigeant aspire : un cours qui permet les plus belles promenades, des rues larges et animées, une corniche aux plages plus attirantes les unes que les autres. Rosine, bonne vivante aime bien rire et parler, comme tous les bônois, avec les mains pour préciser sa pensée. A Bône cette pratique est courante. Tout le monde se connaît ou semble se connaître...de vue. |
| Rosine rencontre Michel, un espagnol. |
| Un jour, Rosine rencontre un garçon qu'elle voit pour la première fois. Il s'exprime avec un accent étranger. Cela n'est pas extraordinaire parce que de nombreux étrangers sont installés à Bône. Les plus nombreux sont Italiens. Il y a tout de même quelques Espagnols. Le jeune homme est justement originaire de Carthagène (en espagnol Cartagena) située dans la Région de Murcie, au sud-est de l'Espagne. Il raconte à Rosine qu'il est arrivé en Algérie vers 1910. Et puis au fur et à mesure des rencontres, il dévoile la raison de son départ d'Espagne, le décès de sa mère. Son père qui décide de se remarier. Les relations avec sa belle-mère qui ne cessent de se dégrader. Son envie de passer des jours meilleurs loin de tous ces tracas et de la misère qui étouffe tout projet dans cette région de l'Espagne.
A Bône, il exerce le métier de peintre en bâtiments. 1916 : Rosine et Michel se marient. Rosine se met à l'écouter d'une "autre oreille" lorsque le jeune homme lui apprend qu'il est musicien. Elle, qui aime s'amuser et rire voit en Michel...le jeune homme s'appelait ainsi...un homme avec qui il ferait bon vivre. Ils finissent par se marier en 1916. Rosine sort à peine de son adolescence mais elle a la vivacité d'esprit et la maturité qu'il faut pour faire face aux responsabilités d'une femme au foyer. Ils s'installent à Bône. Avec les quelques sous que possède Michel, ils décident d'ouvrir une petite droguerie. Pendant que lui poursuit ses activités de peintre, elle, s'occupe de la boutique. Les affaires leur permettent de vivre décemment. Deux ans après leur union, ils ont un premier garçon. Ils s'appellera Michel, comme le père. Michel premier garçon né en 1918, parle de son père. "Artiste il l’a été c’est sûr. Son métier l’a poussé à faire, de belles choses puisqu’il a été décorateur au théâtre de Bône. Cela m'a permis d’assister gratuitement à de belles représentations. On venait nous chercher avec ma mère, en calèche pour nous conduire jusqu’au théâtre. A chaque tableau on descendait les décors. Mon père les retouchait avant que les rideaux ne s'ouvrent. Nous étions confortablement assis dans une loge qui était cédée à la famille. Je revois ma mère, avec la plastique et la grâce que je lui connaissais, bomber le torse de fierté pour montrer combien elle était digne d’occuper la place qu’on lui avait aimablement cédée. C’était la belle vie. En fait quand on n'a rien, ou presque rien, que faut-il pour être heureux ? Pas grand-chose…" |
| 1920 : Un deuxième garçon : François. |
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Deux ans après la naissance de Michel, Rosine attend un nouvel enfant. Il s'agit d'un deuxième garçon que le couple nommera François. La petite famille continue à mener une vie suffisamment confortable lorsque François est atteint de la variole. La maladie terrasse l'enfant jusqu'à risquer de lui faire perdre la vie. C'est ensuite le tour de Michel pour qui le mal est moins virulent. Le couple est obligé de se séparer de la boutique pour faire face aux frais médicaux et de soins des deux enfants. Ils décident de quitter Bône pour s'installer à Mondovi, pensant qu'au village la vie serait plus aisée.
A Mondovi, Michel fait la connaissance de Carmelo.
« Tu te rends compte, ils se tapent dessus » dit-il à Carmelo tout en trempant son pinceau dans le pot de peinture posé au sol. « Qu’est ce que tu veux que je te dise, un homme c’est con par nature… Peux être que si on était à leur place on serait assez cons pour faire comme eux. » Et Michel se remet à étaler la peinture sur la porte qui sépare la chambre de la salle à manger. Carmelo lui fait repeindre toute la salle à manger de la maison. On peut atteindre la pièce en gravissant les marches d’un escalier extérieur. C’est par là que les invités entrent pour ne pas traverser la cuisine qui est au rez de chaussée. Une fois la porte terminée, il dit : « Bon ! Pour aujourd’hui j’abandonne, je vais retrouver la segnora » Taïeb c’est le docteur qui est installé derrière l’école de filles du village. « Oui elle est allée le voir mais il arrive pas à trouver ce qu’elle a. » répond Michel. |
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« Y’a un moment que ça dure, ce cinéma. La dernière fois qu’elle est venue, elle disait qu’elle avait comme envie de rendre» réplique Carmelo Michel finit de s’essuyer les mains, prend son vélo, le pousse jusqu’au portail de la ferme et, une fois sur la route, l’enfourche en direction de Mondovi. A la maison il retrouve ses deux fils, Michel, 19 ans et François, 17 ans assis face à face à la table de la cuisine. Tout le monde s’inquiète de l’état de santé de la mère. « Si ça continue il faudra aller voir un professeur à Bône » dit Michel Quelques jours passent. Le mois de juin est entamé. Ce matin là, Rosine vient de faire sa lessive. Elle sort pour étendre le linge. A l’angle du toit de la maison, les hirondelles tournoient devant un nid qui a été déserté à l’automne. On perçoit au loin les claquements de becs des cigognes qui sont sans doute perchées sur le toit de l’église. A ce moment là, Rosine a une pensée pour Michel qui est justement dans l’église. Il avait promis à Monsieur le curé de repeindre le chœur. Chaque matin il se rend dans la maison du Bon Dieu. C’est l’occasion de refaire le monde avec son représentant sur terre. L’été est là. Rosine fixe une à une les épingles en bois sur le linge étendu en travers de la cour. Voila que les nausées lui reprennent. Elle ne se sent pas bien. Elle décide de retourner voir le docteur. Peut-être lui donnera t-il quelque chose qui la soulagera. Elle sort comme abasourdie de la consultation. Se précipite chez elle, appelle Michel. |
| "Michel, Michel" |
| Celui-ci vient justement de rentrer. Il accourt
« Qu’est-ce qui se passe ? « Tu sais ce que m’a dit Taïeb? » « Et qu’est-ce qu’il t’a dit ? » « Je suis enceinte!» Enceinte ! Michel la regarde sans même pouvoir dire un mot. Un coup de massue n’aurait pas eu plus d’effet. Rosine était effectivement enceinte d’environ 6 mois. Six mois pendant lesquels toutes les investigations n’avaient permis aucun diagnostic. Un évènement au village : La naissance d'Armand. La nouvelle fut un évènement au village. Rosine avait eu un 3ème garçon en 1927 qui mourut malheureusement assez jeune. Onze ans après, elle attendait un nouvel enfant. Rien, de façon visible ne permettait de le deviner. Deux mois après l'enfant naissait. « On aurait dit un gros rat. Il était tout noir. Ceux qui l’ont vu, pensaient qu’il ne vivrait pas longtemps » « On s’est empressé de lui donner un prénom. Personne n’avait pris le temps de le choisir. C’est une personne de l’entourage qui a prononcé le prénom : Armand…. » Michel n’a pas tardé à organiser le baptême. Tout le village y a été convié. La fête a été organisée dans la salle des fêtes. Puisque Armand risquait de ne pas vivre longtemps, il fallait de son vivant lui offrir la plus grande fête qui soit. Chaque convive participa à l’organisation de la cérémonie. C’est sans doute ce qui a fait que, le bébé, reconnaissant, a tenu à survivre afin de pouvoir remercier tout ce monde qui avait manifesté tant de solidarité. |
| Dure épreuve pour Rosine. |
| L’aventure qu’a vécue Rosine avant cette naissance a ému tout le village. Mais voila qu’une autre épreuve se prépare...
« Rosine, à cette époque a été bien mal. Michel, son fils était alors militaire en garnison à Constantine. Nous étions fiancés. Nous nous étions entendus pour lui rendre visite. Elle était à la clinique du docteur Bouquet de Beauséjour à Bône. Elle était très fatiguée. On ne savait pas trop ce qu’elle avait. C’est le docteur Taïeb qui demanda à ce qu’elle rentre en clinique. Là, le docteur qui l’a prise en charge décida de l’opérer pour vérifier son diagnostique : un cancer. La sœur de mémé qu’on appelait Fifine,( Joséphine), habitait Bône. Elle était constamment à son chevet. A la sortie de la salle d’opération, le docteur lui apprit la nouvelle, précisant qu’il était inutile qu’il la recouse étant donnée la gravité de ce qu’elle avait. Elle risquait même de ne pas passer la nuit. Il conseilla à Fifine de rentrer chez elle, précisant qu’elle serait avertie si quelque chose de nouveau se passait. Fifine rentra chez elle, toute retournée et le cœur gros de devoir ainsi se résoudre à perdre une de ses sœurs. Elle ne ferma pas l’œil de la nuit. Le lendemain matin n'ayant aucune nouvelle, elle ne tarda pas à se rendre au chevet de Rosine pour découvrir qu’elle était en vie et bien en vie. Le docteur prit la décision de finir son opération en recousant l’incision qu’il avait pratiquée. Elle avait « la peau sur les os ». Ses doigts ressemblaient à des pattes de poulets. Elle resta un bon mois à la clinique puis elle rentra à Mondovi où on continua les soins. Petit à petit, elle reprit « du poil de la bête » . Sa convalescence a été assez longue. A notre mariage (1942), elle n’était pas encore tout à fait remise. On n’a jamais su vraiment ce qu’elle a eu mais sa maladie ne l’a pas empêchée, de reprendre les activités d'une vie, tout à fait normale. Malheureusement, cela a fichu un sacré coup au moral et à) la santé de son mari. Michel tombe malade à son tour." |
| C'est au tour de Michel, le mari, de tomber malade. |
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Michel le fils , 22 ans s'est engagé. Il est affecté au 67ème régiment d’artillerie d’Afrique à Constantine. Son seul fait d’armes est pour l’instant un déplacement en Tunisie. Le 67e R.A.A, devenu le 67e RA, a en particulier combattu durant la Seconde Guerre mondiale sur le front de Tunisie puis lors de la Campagne d'Italie (Seconde Guerre mondiale). Après la mobilisation d'août/ septembre 1939 , il est intégré à la Division de Constantine puis à la 3e DIA qui la remplace.
En 1940, la guerre étant perdue, il réintègre Constantine avec la préoccupation d’aller rendre visite à sa fiancée. Le mariage a été repoussé à cause d’un empêchement majeur. Michel père est bien mal. Il souffre depuis un bout de temps. Il a un poumon atteint par la maladie. Ses souffrances ont fait qu’à bout de force; il a dû cesser de travailler. Les revenus du foyer ne permettent plus de payer la maison qu’il occupe rue Thouin à Mondovi. Il ne peut pas, pour l’instant, honorer la promesse qu’il a faite au propriétaire indigène de payer par tempérament la somme qu’il lui doit. Il y tient, à cette maison. Il a entrepris de rénover les locaux et il est sur le point d’achever les travaux. Malheureusement, aucun compromis de vente n’a été signé. Un « malfrat », dénommé N...., sentant la bonne affaire, propose à l’indigène de lui acheter la maison « cash », coupant du même coup, l’herbe sous le pied à la famille. Une signature entérine la proposition. L’homme est un habitué du "truandage". Il s’en est fait une réputation. Rien n'a pu l’empêcher de renoncer à ses manigances. Pas même les menaces de Carmelo qui, le rencontrant par hasard sur le pont de la route à la sortie du village, était à deux doigts de le faire basculer dans l'Oued Guerig par dessus la rambarde. Le colosse le tenait par le collet en proférant les pires insultes que lui dictait la rancœur de constater une telle bassesse. Le « moins que rien »eut la vie sauve grâce aux prières insistantes d’une tierce personne témoin de la scène. « NON, NON, ne fais pas ça,… ne fais pas ça ! » |
| Au revoir Michel ! |
| L’année 1940 s’acheva de triste manière. Outre la guerre, Michel était au lit s’affaiblissant de jour en jour.
Il mourut fin 41 avec, à son chevet sa femme Rosine. Ce jour là, quand il apprit la nouvelle, Carmelo, le colosse , pleura comme un gamin. Il aimait Michel pour sa gentillesse, sa simplicité, sa discrétion. Il se faisait un plaisir de le voir se rapprocher de lui par le lien que devait créer le mariage de sa fille avec son fils Michel. Michel père a été enterré dans le cimetière de Mondovi. Le cimetière de Mondovi où sont enterrés Michel et Carmelo. Armand n’avait pas tout à fait 4 ans, Michel en avait 23 et François 21. C'était la guerre. Michel et François continuèrent leur temps à l'armée. Il ne resta plus à Rosine qu’à reprendre son tablier de cuisinière pour subvenir à ses besoins et à ceux de son plus jeune fils. |
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Michel et Rosine étaient mes grands-parents paternels. Carmelo, mon grand-père maternel. |
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