Dans les archives familiales que je conserve précieusement, une chemise contient certaines des chansons qui composaient le répertoire favori de mon père qui « avait la musique dans la peau ».

Son grand plaisir dans la dernière période de sa vie était d’animer les sorties du club du 3ème âge dont il faisait partie

Une chanson a attiré mon attention par son titre un peu particulier : Zaza. Saisie à l'ancestrale machine à écrire, elle est reproduite ci-dessous.

Ni l’auteur, ni le compositeur ne figurent sûr le document en ma possession.

Curieux d’en savoir un peu plus je suis allé « fouiller » dans le « Net » avec l’espoir de dénicher des éléments pour « éclairer ma lanterne ».

MONDOVI - Chanson des années 20

J’ai été agréablement surpris de retrouver les paroles de mon document dans la bouche de Georgette Plana, une chanteuse qui a fait un retour dans le milieu médiatique en 1968, en reprenant Riquita, une chanson des années 1920.

 

Cette reprise avait été un immense succès. Le titre avait été premier au hit-parade. 

Forte de ce succès inattendu, Georgette Plana avait enregistré d’autres anciens succès accompagnés par l'accordéoniste Aimable et son orchestre. 

Zaza est une de ses chansons des années 20. 

 

 

A lire les paroles du premier refrain, il nous semble qu’à l’heure où dans la société d’aujourd’hui, la femme fait tout pour se montrer l’égale de l’homme et briser son carcan qui lui donne le sentiment d’être une femme soumise, Zaza parait être une femme forte. Les paroles de ce refrain écrites par la parolières

Quentin Suzanne (*)

(1884-1969),

font d’elle, une femme qui se joue des hommes.

MONDOVI - Chanson des années 20     

    (*) Suzanne Quentin a été l'auteur de nombreuses chansons durant les années vingt.

 

 

Zaza ! c'est une femme

Pour qui les hommes sont des joujoux, des pantins.

On dit qu'elle est infâme.

Malheur ! qui la rencontre sur son chemin.

Zaza, c'est l'enjôleuse.

Qui vend son corps et que l'amour ne peut charmer

Zaza, c'est une gueuse !

Une menteuse.

Qui fait pleurer.

 

En trois couplets, la chanson fait vivre une rencontre comme en a connues Zaza.

 


Au restaurant, certain soir.

Charmé par ses grands yeux noirs.

Il se dit : qui est elle

Et voulut savoir.

Or, un vieillard près de lui.

Souriant avec mépris,

En lui montrant la belle.

Tout bas répondit :

Jeune homme, éloignez vous,

Oubliez ces yeux qui rendent fous.



Profitant de la leçon.

Le jeune et riche garçon

S'amusa de la belle

Toute une saison.

Je t'aime, dit-elle un jour.

Mais lui, riant à son tour.

Tout en se moquant d'elle.

Lui dit sans détour :

Allons ! pas de chichis !

De toi tu sais bien ce que l'on dit !

L'amour est un chant vainqueur

Qui chante dans tous les cœurs.

Et Zaza la cruelle

Connut la douleur.

Mais quand l'amant fut parti.

Fuyant le passé maudit,

Je suis punie dit-elle,

Mon rêve est fini…

Et toujours maintenant

Elle souffre en songeant à l’absent.

 

L’aventure tournant court avec la fuite de l’amant, dans le dernier refrain, Zaza autrefois dominante, se retrouve soumise au chagrin.

 

Zaza n'est plus la femme

Pour qui les hommes sont des joujoux, des pantins.

On dit que dans son âme.

Est née la fleur du repentir et du chagrin.

Zaza, n'est plus la gueuse.

Et sa bonté lui fait pardonner son passé !

Zaza, l'ensorceleuse.

C'est l'amoureuse

Au cœur brisé...

 

A vous d’en tirer la morale que vous voudrez.

J’ai été pour ma part heureux de faire ce retour sur un passé à la fois proche et éloigné que les archives ont le pouvoir de faire revivre.

Un des commentateurs de la vidéo ci-dessous dit :

« Vous vous rendez compte ? Ces chansons ont au minimum 100 ans ! Cette façon d'écrire les chansons à cette époque, ces influences jazz, charleston, avec l'accent (perdu) de Paris …. Quand j'entends des chansons françaises des années folles, ça me fout les frissons ! »

Si vous avez la curiosité d'écouter cette chanson, cliquez ci-dessous
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