1889 Une course Bône Mondovi à vélocipède
La préoccupation première des autorités françaises a été d’établir les communications routières et ferroviaires afin de faciliter les échanges entre les centres économiques stratégiques et les points plus reculés du pays. C’est ainsi que Mondovi se voit relié au port de Bône dès le début de l’année 1850 par la route et le chemin de fer.
Cette carte présente les liaisons routières et ferroviaires du sud de Bône.
On y devine Mondovi et plus au sud Barral qu’on appelait Mondovi le haut avant qu’il ne devienne une commune autonome.
Entre Mondovi et Bône il fallait traverser le village de Duzerville.
DUZERVILLE fut le lieu de la première exploitation agricole due au général d'Uzer. Ce centre a pris une extension considérable. C'est surtout un pays de vignobles
A Duzerville, la route de Bône bifurque pour se diriger sur les villes de Souk-Ahras et Guelma. Des fermes très importantes s'aperçoivent tout autour du village et sont ordinairement des exploitations vinicoles.
Entre Mondovi et Duzerville est indiqué le grand domaine agricole du Chapeau de gendarme.
On peut remarquer aussi en bleu la rivière Seybouse qui passe à l’est du village et qui va se jeter près du port de Bône.
Voici un article de la Dépêche de Constantine du 19/10/58 qui rapporte les commentaires d’une personne ayant assisté à une des premières courses de vélo. Outre l’aspect historique de la bicyclette, cet article est intéressant pour les précisions qu’il donne sur l’état de la route Bône, Mondovi et sur les moyens de transports en 1889.
J’ai vu, aux environs de l’année 1889, le départ d’une course de « bicycles » à Bône .
C’était un dimanche matin, dans la rue Gambetta . La compétition devait avoir lieu, sur route, entre Bône et Mondovi et retour, soit donc sur une distance d’environ cinquante kilomètres.
Les routes étaient loin d’être alors ce qu’elles sont aujourd’hui et, de la région bônoise, le tronçon de Bône à Mondovi était certainement celui qui était dans le plus mauvais état, en raison du charroi intense qui se faisait quotidiennement entre les grands vignobles, particulièrement à cause du transport des vins, et notre port .
La chaussée était toujours littéralement défoncée, pleine de trous, d’ornières et de poussière .
Le départ était donné, dans la rue Gambetta même, à hauteur de l’immeuble qui porte le n° 6 de cette artère, où se trouvait le magasin de l’animateur de l’épreuve et où devait avoir lieu, quelques heures plus tard, l’arrivée des concurrents .
Les « bicycles » était un genre de véhicule bizarre, que le populaire appelait « araignée », consistant en une grande roue de un mètre cinquante de diamètre et une autre roue, beaucoup plus petite, placée en arrière .
Ces deux roues étaient en fer et munies d’un étroit bandage de caoutchouc plein .
L’homme était juché sur un siège situé exactement au-dessus du moyeu de la grande roue sur lequel, de chaque côté, étaient fixées les pédales qui actionnaient, ainsi, directement la roue motrice .
L’épreuve, au départ de laquelle j’assistais, sur ce trottoir de la rue Gambetta, était donc une véritable épreuve d’endurance, d’énergie et de courage .
La bicyclette n’avait pas encore fait son apparition à Bône, dont les rues n’étaient sillonnées que par des véhicules et des moyens de transport disparates et archaïques : lourds chariots traînés par des bœufs, convois de chameaux qui envahissaient nos trottoirs, au repos, ânes et mulets lourdement bâtés - dont la lenteur était désespérante .
La petite reine ne vînt qu’après 1890 - dix ans, à peine, après sa naissance parisienne - montrer ses performances autour de notre « Cours national », sous les yeux ébahis des badauds qui n’avaient jamais vu ça .
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