| C’était l’époque où, à Mantes la jolie le « no man’s land »occupé par un terrain d’aviation sur la voie qui menait en Normandie était voué à l’édification du fameux « Val fourré » quartier plus tard si décrié en raison de la densité de sa population. Pour loger, au départ, le personnel des usines automobiles de Flins (Renault) et Poissy (Simca) de magnifiques tours aux façades de verre avaient été montées. Mais avant cela des zones avaient été délimitées avec pour chacune d’elles, une école. C’était durant les années 1960, époque où de nombreux instituteurs rentraient d’Algérie, suite à l’indépendance. L’offre des postes était grande. Encore fallait-il saisir le poste le plus intéressant. Beaucoup de prétendants avaient « de la bouteille ». Je veux dire une carrière déjà bien remplie. Parmi tous les prétendants figurait un personnage hors du commun dont le costume ne variait pas du lundi au samedi: une cape noire sur les épaules , un béret solidement ancré sur un crâne quelque peu dégarni. Quel avait été son parcours avant d’occuper le poste de directeur de l’école Jean Jacques Rousseau qu’on lui avait attribué. On ne se posait pas la question, sûrs qu’on était qu’il venait des Pyrénées. Pourquoi les Pyrénées ? Son accent rocailleux était révélateur de cette origine et son patronyme le confirmait. Il se nommait « Pintado »...« Monsieur Pintado », était respecté de tous vue la couleur blanche des quelques cheveux qui s’échappaient de son béret noir. Ainsi, inconsciemment ou pas, Monsieur le Directeur transportait les modes du pyrénéisme dans la région parisienne. | ||||
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Au Pays Basque le béret est un « symbole identitaire »ancré profondément dans la tradition. Les jeunes hommes se voient remettre un béret à l’âge de 10 ans en guise de symbole de leur entrée dans la vie adulte. On ne sait guère à qui revient l'invention du béret. Une chose est sûre c’est que la fabrication du béret s'est industrialisée au pied des Pyrénées même si la légende veut que Noé en soit à l’origine. Dans l’arche, il aurait disposé de la laine de mouton en guise de litière aux animaux. La litière se serait transformée en feutre à la fin du voyage. C’est avec cette matière que l’on fabrique les bérets |
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La forme la plus large de ce couvre-chef est utilisée par les chasseurs alpins qui ont contribué à répandre cette coiffure militaire dans le monde entier avec des formes et des codes différents pour chaque pays.. Le béret a aussi contribué à agrémenter les moments de loisirs de notre jeunesse en nous incitant à pratiquer ce qu’on appelait le « jeu du béret ». Des parties acharnées entre deux camps espacés d’une dizaine de mètres entre lesquels était placé au sol un béret qu’il fallait récupérer. L’animateur (notre maître d’école) annonçait un chiffre. Les deux joueurs de chaque équipe auxquels on avait attribué le numéro annoncé devaient courir pour aller chercher le béret et le ramener dans son camp sans se faire arracher le foulard (« queue de vie ») accroché au niveau de la ceinture. Il est vrai que le temps clément d’Algérie n’incitait pas à porter souvent le béret. J’ai eu, néanmoins l’occasion de le porter, sans doute pour satisfaire les envies de ma mère de me voir à la mode. C’était en 1946. A l’époque je ne savais rien de ce couvre-chef et je ne me doutais pas qu’il deviendrait une sorte d’emblème des Pyrénées puis de la France entière..
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