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Quand on se rend tout au bout de l‘étang de Leucate ou de Salses sur le territoire de St Laurent-de-la-Salanque (voir la carte) on est surpris de découvrir un ponton relativement long. Si on est tant soit peu curieux on ne peut pas s’empêcher de se poser la question de son utilité…
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L’histoire de ce ponton a commencé en 1924…une histoire qui est une des étapes de la grande histoire de l’aéronautique. Depuis le début du siècle les premiers aviateurs, véritables aventuriers prenaient le risque de transporter des passagers ou du bien en pilotant des aéronefs plus lourds que l’air. Ils réalisaient de véritables exploits en se rendant d’un bout à l’autre du territoire, toujours de plus en plus rapidement.
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A Perpignan manquait une » escale aérienne ». Ce sont les industriels, dont certains étaient pilotes qui ont influé sur la décision de la ville de créer un aérodrome.
Parmi ces industriels figurait Pierre-Georges LATECOERE précurseur dans l’aventure de l’aéronautique. LATECOERE a été un « capitaine » d'industrie, le fondateur de la ligne aéropostale ainsi qu'un constructeur d'avions et d'hydravions, les plus gros du monde
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Pionnier dans la fabrication d’hydravions l’industriel avait besoin d’une base aérienne afin de mettre au point ses fabrications. Son choix le mena au bout de l’étang de Salses-Leucate.
Pourquoi St-Laurent ? Le plan d’eau est bien adossé aux Corbières et les terrains, importants –150 hectares-, sont acquis de façon rapide et assez aisée, même si certains habitants sont récalcitrants : en effet, ces parcelles de terre salée sont achetées à des prix dérisoires. Les grands travaux suivent : une grande jetée de 80 mètres, une grue géante pour tirer les hydravions de l’étang, d’énormes hangars servant de remises et d’ateliers, des bâtiments pour le personnel…Enfin, de gros appareils métallisés, provenant de Toulouse, se posent pour la première fois sur l’eau salée de la Salanque : la population est venue, en famille, assister au spectacle ! Elle va s’habituer à croiser, dans le village, ces héros de l’air, les Guillaumat, Saint-Exupéry et Jean Mermoz. Ils logent à… « L’Hôtel des voyageurs », tenu par M.A. Martin, rue François Arago. Avec leurs mécaniciens, ils quittent parfois la table de St-Laurent, pour se régaler à « La langouste qui chante », au Barcarès
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Il fallut trois ans pour mener à bien le projet. Commencée en 1924, la base fut mise en service en 1927.
Une jetée de 7m sur 130 de long s'avançait sur l'étang, elle était équipée d'une grue (en bout) de 7m de haut
Au total, huit hydravions furent essayés, entre autre par Jean Mermoz et St Exupéry. Il fallait 25 jours pour finir les essais d'un hydravion
La base d'essais, s'étendait sur 45 hectares. Elle se composait de hangars, d’une base météorologique, d’un poste TSF, de bureaux et même de logements pour le mécanicien et le gardien. Trente-cinq personnes y travaillaient.

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Le 1er vol d'un Laté 12 piloté par Achille Anderlin eut lieu en 1926 et le dernier celui d'un Late 298-01 piloté par Jean Gonord en 1936.
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Ce sont les ateliers LATECOERE de Toulouse qui construisaient les hydravions qui étaient transportés en pièces détachées jusque dans la base où ils étaient remontés. Après les essais sur l'étang ils partaient pour la base de Marseille
Pierre Latécoère conçoit le projet révolutionnaire de relier Toulouse à L’Amérique du Sud par la voie des airs. Ce sera Jean Mermoz qui accomplira l’exploit de la 1ère traversée de l’ atlantique en passant par l’étang de St Laurent en direction de Santiago du Chili.
Jean Mermoz y fera les essais de l’ hydravion nommé "Laté 28-3 Comte de Vaulx".
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Fin février 1930,Jean Mermoz procédera à des essais de flotteurs du late 28 et avant la traversée de l'atlantique sud, il fera une brève halte à Saint-Laurent afin de réparer une fuite d'eau.

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Ateliers Latécoère de Toulouse
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En 1933,antoine de Saint-Exupéry vint essayer le late 38-1 avec Louis Marty comme mécanicien.

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Ainsi, la base de St-Laurent était devenu le champ d’essais et de mises au point des gros long-courriers, avant leur mise en circulation sur la plus longue ligne aérienne du monde. Le Laté 32, à coque bois et métal et à voilure entoilée fait son baptême de l’air salanquais, en mars 1928, avant d’entrer en service sur la ligne Marseille-Alger. Ensuite, ce sont les essais de cinq hydravions à flotteur de transport, du type Laté 28, de six hydravions Laté 38 et d’un Laté 34 .
Ce dernier hydravion se désintégra en vol, le 2 avril 1930, devant le Barcarès, pendant les essais de survitesse. L’équipage, constitué du pilote Yves Prévost et du mécanicien Alfred Hof (marié à Espérance, une jeune femme de St-Laurent), mourut dans cet accident.
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En 1937,la base sera cédée aux militaires qui viendront s'entraîner (exercices de tirs).
Le 13 août 1944 alors qu'elle était occupée par l'armée allemande, elle sera bombardée par un chasseur de la Royal air force (raf).
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Aujourd'hui la base sert avec son aérodrome aux entraînements des "services spéciaux".
La base a été reprise par la commune de Saint Laurent en 2010 afin de conserver le seul témoignage de cette époque héroïque
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