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Nous venons de passer la Nive
Nous gravissons les interminables escaliers qui mènent à la citadelle.
Un guide à la main, nous longeons d'impressionnants remparts qui "plongent" sur la ville. Notre document précise que la légende fait remonter la création de la cité en 716, par le roi de Pampelune.
Première curiosité : D'où vient ce "nom à rallonge" que porte la ville ?
Ce n'est qu'à la fin du XIIème siècle que le nom de San Juan del Pie de Portus, apparaît. Saint-Jean-Pied-de-Port doit son nom à sa situation géographique, au pied des "ports" pyrénéens de Cize (portus en latin, cols en français) et à ses protecteurs successifs, à l'origine Saint Jean l'évangéliste puis Saint Jean-Baptiste. Deuxième curiosité : Pourquoi cette citadelle dans la ville? Les conflits permanents entre la France et l'Espagne déterminèrent la décision de faire de Saint-Jean-Pied-de-Port une place défensive entre Pampelune et Bayonne. La cité devient une place militaire stratégique pour les troupes françaises. De là les forces armées peuvent protéger Bayonne et Orthez.
Et une fois de plus Vauban est entré en jeu. Le commissaire des fortifications de Louis XIV, chargé par le roi de renforcer la protection du royaume, viendra inspecter la citadelle. Suite au rapport officiel rédigé en 1685, de nouveaux casernements et des souterrains seront construits. Une porte de secours sera percée à l'Est. Une dernière campagne de travaux intervint en 1728-1730 avec la construction d'une citerne à l'intérieur de la place et le prolongement des murailles de la vieille ville. La Citadelle fut achevée en 1728. Classée Monument Historique en 1963, elle abrite aujourd’hui un collège Nous redescendons en ville, 70 mètres plus bas en empruntant la rue de la Citadelle. |
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| Troisième curiosité : Quelle est la signification de ces linteaux décorés au dessus des portes d'entrée des habitations ? | |||
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Le linteau est, en général, une pièce de bois ou de pierre fixée au-dessus de l'ouverture d'une porte ou d'une fenêtre, pour supporter la maçonnerie.. En Pays Basque, le linteau sert très souvent de support à des motifs décoratifs mais aussi à des inscriptions. Il désigne le maître et la maîtresse de maison ainsi que la date de construction ou de reconstruction (voir photographies ci-dessus). |
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Le linteau a donc d'abord une une fonction architecturale. Il permet aussi d'inscrire la maison dans le temps en indiquant la date de sa construction ou de sa restauration. La tradition veut que, celui qui a effectué des travaux sur la maison familiale a le droit d'y apposer la date. C'est la preuve qu'il a contribué à la conservation de ce patrimoine. Le linteau a aussi une fonction sociale en indiquant le nom du propriétaire, confirmant ainsi sa possession du bien. A la lecture de ces "informations" le lecteur situe la maison dans le temps et l'espace. Notez ci-dessus que les deux noms des propriétaires sont différents. Le nom de la femme ne prend pas celui de son mari. Ce sont deux individus à part entière, qui se situent indépendamment dans deux filiations distinctes. Ainsi, les linteaux peuvent représenter de véritables actes de mariage et de propriété. Notons également qu'en 1720, en Basse-Navarre on utilisait le français dans ces inscriptions. Les linteaux témoignent aussi d'un souci esthétique. L'inscription est peinte. En Basse-Navarre, c'est l'usage à partir du XVIII° siècle. Les reliefs sont couverts d'une peinture sombre. On peut également remarquer des symboles très répandus dans l'art basque, outre les signes religieux, les croix de Malte et Basque sont souvent reproduites.
La multiplication des "lauburu" dans 1'art basque débute à cette époque. Quatrième curiosité : Quelle est l'origine du "lamburu" ? Les plus anciens lauburus du Pays basque datent du XVIIe siècle et servaient d'ornement sur les tombes et les entrées d'édifices. Ces représentations ont été plus abondantes au nord de la Navarre . Ces lauburus n'avaient qu'un but décoratif Malheureusement, on ne sait pas grand-chose d'autre sur ces premiers lauburus basques … Le lauburus basque ressemble à une croix gammée. Des croix gammées ont été trouvées dans de nombreuses cultures à travers le monde et on pense que ce pourraient être les Celtes qui ont introduit la croix gammée dans la péninsule.
Il se trouve que, dans les années 1930, le nazisme a adopté la croix gammée comme symbole principal . Cette croix gammée nazie était inclinée à 45º, contrairement à celle utilisée au Pays basque. La croix gammée n'était plus utilisée au Pays basque pour éviter toute confusion . C'est là que le lauburu curviligne a commencé à être utilisé . Ce symbole existait déjà dans l'art populaire basque tout au long de cette histoire, mais il n'était pas identifié au nom de lauburu
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A la fois place forte, ville-frontière et carrefour commercial au pied des Pyrénées, Saint-Jean-Pied-de-Port est une étape historique sur une des plus vieilles routes d'Europe entre la France et l'Espagne. Cinquième curiosité : Pourquoi tous ces symboles de Saint-Jacques-de-Compostelle ? |
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| Au fil des siècles, dans ce "pays des hauteurs" les routes des "Ports de Cize" sont successivement chemins de transhumance, voie romaine, itinéraire d'invasion, chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, route militaire puis, aujourd'hui haut-lieu de randonnée.
Saint-Jean-Pied-de-Port est une étape majeure du pèlerinage vers Compostelle, la dernière étape avant la traversée des Pyrénées menant à Roncevaux. |
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| Petit clin d'œil au passage dans la rue de la Citadelle | |||
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| Curiosité artistique au détour d'une rue. | |||
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