|
Un jour de 1997 Les circonstances ont fait que nous étions tous réunis pour célébrer le mariage d’un petit fils de la famille né dans la région toulousaine. Il prenait comme épouse une fille du Cantal, un pays plus proche du Massif Central que des Pyrénées. Le lendemain des festivités, après une nuit trop courte pour être réparatrice, nous étions tous réunis pour nous féliciter des bons moments passés. En pays de montagne de quoi parle-t-on ? De la montagne, bien sûr… C’est ainsi que la discussion passa inévitablement du Cantal à Toulouse puis aux Pyrénées. Michel, passionné de chant et de musique se mit à entonner en patois occitan le chant traditionnel de Toulouse. Il avait pris le temps d’en apprendre les paroles pour montrer aux « vieux » toulousain du club du troisième âge combien il était attaché au pays qui l’avait accueilli. Après de brefs applaudissements, spontanément, il fit le signe du rassemblement à tous ceux qui voulaient le rejoindre. Un groupe se rangea derrière lui à la façon d’une chorale. Il donna le signal du départ et tout le groupe entama la chanson des « Montagnards ». Montagnes Pyrénées Vous êtes mes amours. Cabanes fortunées Vous me plairez toujours. Rien n’est plus beau que ma patrie Rien ne plait tant à mon amie O Montagnards (bis) Chantez en cœur, (bis) De mon pays, (bis) La paix et le bonheur. En première ligne côte à côte, Denise, François, Michel, Désirée donnaient de la voix. « Halte là, les montagnards sont là ! » La montagne ils ne l’avaient pourtant connue qu’en 1962 en rentrant en France. Pour eux originaires du village de Mondovi dans la plaine de Bône en Algérie, l’illustration de la montagne n’était que le village de Bugeaud perchée sur un contrefort de l’Edought. Les 37 ans qu’ils avaient passés en France depuis la date de leur exil leur avaient permis de devenir plus Pyrénéens que les Pyrénéens. Tout se passait dans leur cœur et ce qu’ils préféraient dans les paroles de la chanson était le mot « patrie ». Cette chorale improvisée était l’occasion de faire découvrir leur amour pour le pays. Cette séquence était enregistrée à la fin d'un film sur la cérémonie du mariage. Il eut été dommage de ne pas la mettre en exergue en récupérant ces images pour en faire un petit film souvenir. Si Denise, François, Michel et Désirée ne sont plus parmi nous, ces images nous permettent de perpétuer leur souvenir. Originaires de familles pauvres d’exilés, ils sont arrivés, non sans mal à se frayer un chemin en évitant les embuches tendues par les durs évènements qui ont marqué leur vie. Ils ont été les piliers sur lesquels nous nous sommes longtemps reposés. Leur plus grande fierté était sans nul doute, le fait d’avoir su se faire aimer de tous.
|
/image%2F0648822%2F20241207%2Fob_5d3059_1liv.gif)