C’est en recherchant l’étymologie du mot "caguer" que j’ai découvert qu'autrefois, il existait en Ariège une communauté appelée "les "cagots".
Les cagots était un peuple qui vivait dans un monde à part stigmatisé depuis le Moyen-Âge.
On les accusait d'être impurs, contagieux ou d'une race maudite !
Pour quelles raisons ?
Il existe à Saint-Girons, sous-préfecture de l'Ariège, une place qu'on appelle place des "capots". Ce terme désignant aussi les "cagots".
PYRENEES - Les "CAGOTS", des pestiférés.
Dans certains villages des Hautes Pyrénées ont vécu des hommes et des femmes condamnés à vivre en marge de la population. Ce mot « cagot » contient la racine « cac » qui signifie « sale ». On parle de « caca » aux enfants ou de "cacophonie" à propos de sons mêlés et désagréables à l’oreille.
Ces hommes et femmes n’étaient pourtant pas plus sales que d’autres tout en faisant l’objet de discrimination. Ils habitaient des quartiers à l’écart de la population, entraient à l’église par une porte dérobées qui leur était réservée. Leur fontaine et leur lavoir n’étaient utisés que par eux. Ils vivaient dans de véritables ghettos. Un coin du cimetière leur était réservé. Il leur était interdit de se marier avec d’autres que ceux de leurs conditions. Ils devaient même se signaler par une patte d’oie en tissu rouge fixé sur leur torse.
Ils étaient pourtant réputés très bons charpentiers, tonneliers, charrons…
Ils exerçaient des métiers liés à la nature, travaillaient le bois, le marbre, la pierre, l'eau.
On les appelait cagots en Béarn et dans les Hautes-Pyrénées, capots en Ariège, …
Pendant des siècles, réfugiés dans les montagnes Pyrénéennes, ils ont vécu comme des parias. Ils étaient un peuple maudit, que l'on accusait de tous les maux et entre autre de porter la peste. Quand on naissait cagot, on le restait à vie.
Cagots, Capots, Cacous, Caqueux, Gahets, Agotes. -
Littré définissait les cagots comme une
« peuplade des Pyrénées, affectée d'une sorte de crétinisme ».
Certaines légendes les font également remonter aux Vikings ou à une autre armée vaincue qui se serait réfugiée dans les contreforts des Pyrénées.
On raconte aussi qu’ils pourraient être les descendants des derniers Cathares…
Plus récemment, des théories farfelues les considèrent comme un peuple venu des étoiles au début du Moyen Âge !
Pourquoi cette discrimination ?
Plusieurs hypothèses sont avancées
- Certains pensent que ce serait l’arrière garde des sarrasins demeurés en Occitanie à la fin de leur conquête.
- D’autres pensent que ce sont des descendants de Wisigoths.
- D’autres avancent l’idée que ce seraient des descendants de lépreux mis à l’écart et contraints de se reproduire entre eux.
Au XIXe siècle, subsistaient essentiellement les injures, le terme « cagot » en constituant une, encore utilisée dans le sud-ouest de la France, sans qu’on ne sache plus aujourd’hui quelle en est l’origine.
Au fil des années l’exclusion sanitaire a évolué en exclusion sociale.
Cette discrimination a été l’origine de nombreux conflits entre les communautés cagots et les villageois
Entrée du musée d'Arreau
Les cagots vivaient comme des proscrits. Un nombre considérable d’interdictions dictées par la superstition pesaient sur eux. . .
Lorsqu'un cagot était reconnu et la décision de le proscrire prise, il était arraché à sa famille, on le recouvrait d'un drap mortuaire, le chef de la paroisse venait le prendre en procession, le conduisait à l'église, où il était placé en chapelle ardente pour entendre les prières des morts et recevoir des aspersions, avant d'être conduit à la maison qu'il devait occuper
Un cagot, au féminin cagote, dans le Sud-Ouest de la France, était aussi appelé agote, sur le versant sud des Pyrénées, en Espagne.
Il s'agissait de termes dépréciatifs qui désignaient des groupes d'habitants, exerçant des métiers du bois, ou du fer1, frappés d'exclusion et de répulsion dans leurs villages surtout en Gascogne et de part et d'autre du Piémont pyrénéen, entre le XIIIe siècle et les temps modernes.
La réputation des cagots est associée à la peur de la lèpre.
Des populations similaires existaient en Bretagne (les caqueux, caquins ou caquous). WIKIPEDIA
Il a fallu atteindre les temps de la Révolution pour que les cagots acquièrent le droit de porter un patronyme, le plus souvent lié, d’ailleurs à leur métier (Charpentier ou Carpentier pour beaucoup) ou à leur lieu d’origine
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Ce n’est qu’après la première guerre mondiale grâce au brassage de la population que l’on vit peu à peu la génération des cagots disparaître.
Pour Alain Guerreau, directeur de recherche au CNRS, c’est la réorganisation de la société féodale dans le sud-ouest de la France aux XIIe et XIIIe siècles, qui a créé, dans un contexte économique et politique figé, une catégorie d’exclus (fils cadets, sans terre) vivant à la marge.
Les lépreux étant eux aussi rejetés de la société à la même époque, l’assimilation se serait maintenue par la suite, lorsque fut oubliée leur origine.
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Le seul musée des cagots de France se trouve dans les Hautes-Pyrénées à Arreau.
Il est situé dans le château des Nestes, rue Saint-Exupèry.
Musée des Cagots à ARREAU
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Mais alors qu’en est-il du mot « caguer » ?
Il vient du latin « cacare » qui signifie déféquer (aller à la selle).
Dans le midi "faire une cagade" c’est "faire un raté". "Tu me fais caguer" signifie "Tu m’énerves au plus haut degré". "Envoyer un individu caguer" c’est lui signifier qu’il est indésirable.
Y a t-il un rapport avec les "cagots" ? On ne le saura jamais !
J'espère ne pas vous avoir fait caguer avec mes élucubrations... |
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