Nous sommes dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc sur la ligne de partage des eaux entre océan Atlantique et mer Méditerranée. Nous venons de passer, Fraisse-sur-Agout et sa vallée très verdoyante.

Nous voici au Col de Fontfroide.

Le Cami - N° 104

Un monument imposant constitué de pierres, harmonieusement assemblées, nous incitent à nous arrêter. Il ne fait pas chaud.

Le Cami - N° 104

Les reliefs du Massif Central ne sont pas loin. Notre traversée du terre-plein du col croise des amoureux de la « petite reine ». Sans doute des habitués de la région qui ont à cœur de franchir ce point caractéristique situé à 972m d’altitude et connu de tous les cyclistes.

Le Cami - N° 104

Une plaque apposée cite George Santayana 

« Celui qui veut ignorer son passé est condamné à le revivre »

Le Cami - N° 104

Nous ne connaissons pas l’auteur de cette affirmation. Nous le recherchons sur notre téléphone portable.

George Santayana est un écrivain et philosophe américano-hispanique de langue anglaise, né à Madrid le 16 décembre 1863 et décédé le 26 septembre 1952 à Rome.

Une autre plaque de marbre, sans doute déposée par une personne sensibilisée par ce passé, précise que le monument est érigé à la mémoire des résistants de la dernière guerre et de ceux qui ont subi la déportation.

Le Cami - N° 104

Une carte, par l’implantation des nombreux camps de concentration et d’extermination donne la mesure et l’ampleur de la barbarie des auteurs de ces décisions.

Le Cami - N° 104

Nous apprendrons un peu plus tard que la stèle comprend des cendres de déportés d’Auschwitz et des fragments du fil de fer barbelé électrifié qui entourait les camps d'Auschwitz et de Sachsenhausen.

Sur une autre plaque est fixé un texte poignant d’un déporté victime de ce transport inhumain dans des wagons à bestiaux qui a permis de diriger vers les camps de la mort les victimes souvent innocentes.

Le Cami - N° 104

 

 

                                    Le Wagon

Transport vers la Déportation, la Souffrance, la Cruauté,

Paroxysme intenable, démesuré par son ampleur,

Cent ! Cent dix ? Enfants, Femmes, Hommes

Sont entassés vers la solution finale

Comprimés les uns contre les autres, l’essoufflement est certain

L’oppression physique devient la terreur des entrailles

Il roule, roule, grince, sursaute

Le rail flagelle ses roues hurlantes de douleurs

Arrêts, départs, Accélérations, Freinages, Courbures,

Deviennent des traumatismes insupportables.

Un fût ferrailleux au centre contient la chaux vive

Les besoins naturels le remplissent, l’odeur est oppressante.

Les lucarnes agrémentées de fil barbelé,

Sont des couronnes de fleurs crucifères.

La chaleur humaine provoque la soif du désert.

L’haleine, la respiration de chacun est ressentie comme un viol.

Les cerveaux paniquent, l’annihilation est envahissante.

L’héroïsme au quotidien est un coup d’éclat,

Ici il devient de la démence exacerbée.

Les langues gonflent, l’esprit devient insipide.

Le suintement du bois est la seule manne.

Des prisons de Compiègne, du Vel d-Hiv, ils sont partis

Un murmure plaintif retentit au cœur de chacun :

« FRANCE JE T’AIME, JE VAIS MOURIR POUR TOI »

 

Simon Albert, Déporté 44964

 

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