La tchatche !

 

Chacun sait que le "baratin" peut être quelque chose de primordial dans certains métiers. Cette qualité, qui peut aussi être un défaut, peut concerner n'importe quel individu en France.

Prenez par exemple les bretons. Ce sont eux qui ont inventé le baratin auquel on ne comprend rien. On dit que ce sont eux qui ont "baragouiné" pour la première fois..

 

Après la guerre de 1870, les soldats bretons, venus de tous horizons, sont exténués et ne cherchent qu’à effacer les tristes souvenirs de leur mémoire. Dans la capitale, ils veulent satisfaire une faim légitime. Ils réclament du pain et du vin dans les bars parisiens. En Breton, le pain, c’est « bara » et le vin « gwin ». Les Parisiens n'y comprennent rien dans cette langue qui leur parait bizarre. Ils écarquillent les yeux, se grattent la tête pour tenter de comprendre. Ces messieurs ne cessent de réclamer "bara", "gwin", "bara", "gwin" Du coup, "bara","gwin" a donné un nouveau verbe : "baragouiner".

 

Maintenant on peut baragouiner dans toute la France quand on ne possède pas bien une langue.

A défaut de "baratiner" on peut aussi "blaguer".

"Blaguer" est un mot qui, en français, signifie dire des blagues et le blagueur est celui qui a coutume de dire des blagues, ou celui qui parle volontiers sur le ton de la plaisanterie.Le Cami - N°107

Dans le Midi blaguer c’est tout simplement "parler", sans connotation particulière mais avec l’idée que l’échange dure un bon bout de temps.

En occitan on dit du blaqueur que  : « C’est un blagaïre. »

Il a la langue bien pendue.

« Oh celui-là, quel blagaïre ! Tu arrives pas à t’en dépéguer. » Tu ne peux pas t’en décoller.

Blagaïre est plutôt réservé aux adultes.

Le tout petit qui babille ou le jeune enfant qui parle sans trêve sont des blaguettes. Le suffixe ette introduit une connotation affective.

 

Quand une personne, arrivée en retard se justifie en disant

« J’ai rencontré une charrette »,

cela ne signifie pas qu’il y avait une charrette au milieu de la rue et que la circulation était bloquée.

Charrette vient de "charrer" (prononcer tcharé) qui signifie parler.

Il faut donc traduire ainsi :

En chemin j’ai rencontré un grand bavard, si bien que pour faire le trajet j’ai mis plus de temps que prévu

 

En Algérie, on disait d’une personne qui "charrait" beaucoup et faisait des transitions efficaces entre les différents sujets de conversation qu’elle avait de la tchatche. Elle pouvait, sans être experte, aborder tous les sujets en donnant l'impression qu'elle s'y connaissait : politique, sport, art moderne etc ...

La tchatche c’est l’art de séduire par des paroles. Ce mot vient directement du verbe espagnol, chacharear « bavarder », lui-même dérivé du nom chachara « flot de paroles inutiles".

Tchatche a donné le verbe tchatcher qui désigne la disposition à parler beaucoup pour ne pas dire grand-chose. C'est un peu ce que je fais aujourd'hui !

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