En traversant le pays basque, notre curiosité nous a poussés à faire une halte au Col d’Osquich.

Le col d'Osquich (parfois orthographié col d'Osquiche), est un col routier situé dans les Pyrénées françaises au Pays basque sur la route départementale 918 (ancienne route nationale 618)

 

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

 

Nous sommes en Soule et ce col est célèbre pour sa chasse à la palombe. Des panneaux ne manquent pas de le rappeler. D’ailleurs, un restaurant connu de tous les amateurs de cette chasse n’a pas manqué d’exploiter cet évènement en s’installant sur le passage de ces oiseaux migrateurs.

 

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

 

Le pigeon ramier, de la famille des colombidés

Le pigeon ramier ou palombe, est la plus grosse variété de pigeon en Europe. Très prisé des chasseurs, notamment dans le Sud-Ouest de la France, le pigeon ramier fascine. De la famille des colombidés, la palombe peut mesurer jusqu’à 42 cm de long et 80 cm d’envergure. Son poids oscille entre 450 et 520 grammes. Son plumage est gris-bleu sur le dos et la tête, sa poitrine rosée, son col blanc et ses lignes blanches présentes aux ailes et à la queue. Ce plumage unique lui offre l’appellation de la belle bleue.

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

 

D’octobre à Novembre, en Soule, au col d'Osquich, la chasse à la palombe est une vraie attraction touristique, qui rassemble plusieurs centaines de personnes par jour.

A cet endroit, la configuration du terrain ressemble à un gigantesque entonnoir. Dans leur migration les palombes s’y engouffrent.  Les amateurs qui chassent cet oiseau mettent en œuvre des techniques dont le but est d’inciter les vols migrateurs à pénétrer dans cet entonnoir.

 

Depuis 1862 l’évènement fait l’un des charmes du  pays et les passionnés ont déployé des techniques et des astuces dont les touristes avertis sont friands.

 

Les vols, gros parfois, de plusieurs centaines d’oiseaux, apparaissent à des altitudes impressionnantes. Il faut donc les faire passer, c’est le travail des "chatards" chasseurs embusqués à flanc de montagnes qui vont lancer des « palettes ».

 

Celles-ci larges comme des raquettes de tennis de table sont taillées à la main dans des bûches de hêtre avant d’être peintes à la chaux pour leur donner une couleur blanche. Ces palettes sont censées représenter l’épervier qui s’attaque à l’oiseau bleu.

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

Évidemment quantité de vols échappent au piège, certains passent au-dessus, d’autres font demi-tour, d’autres encore se posent dans la forêt.

 

Tout cela fait le charme de cette chasse traditionnelle, spectacle à part entière pour ceux qui viennent au Col d’Osquich.

   

Nous découvrons, juste en face du Restaurant du Col d’Osquich, un près avec des inscriptions qui ne nous « parlent » pas du tout. Elles ont été tracées en taillant l’herbe vraisemblablement avec une machine, vue la régularité et la disposition harmonieuse des lettres.

 

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

Il y est inscrit

D.GARAT – PASTORALA.

La seule chose que nous soyons à même de déchiffrer c’est la croix dessinée au dessous : c’est celle du pays basque

Le mot pastoral, nous le connaissons pour avoir appris que le grand compositeur de musique, Beethoven a intitulé sa sixième symphonie  

« Symphonie Pastorale, ou Souvenir de la vie rustique, plutôt émotion exprimée que peinture descriptive ».

On dit que l’inspiration de cette composition est intimement liée à la nature dont l’auteur était très respectueux. Les intitulés des différents mouvements de l’œuvre illustrent parfaitement l’intention du compositeur : Eveil d'impressions joyeuses en arrivant à la campagne, Scène au bord du ruisseau, Réunion joyeuse des paysans, Orage.

La Pastorale clôt en quelque sorte une longue tradition d'œuvres instrumentales dans lesquelles les choses de la nature (le chant des oiseaux, le vent, l’eau, le tonnerre, etc.) étaient imitées.

Pyrénées - Au Col d'Osquich

Y a-t-il un rapport entre Beethoven et le pays basque ?

Pas vraiment !

La pastorale telle qu’on l’entend ici, constitue la forme la plus élaborée d'un théâtre populaire basque de plein air.

Ce genre joué et chanté, au jeu de scène très ancien, est sans doute héritier de théâtres médiévaux.

Chaque été, un village de Soule a rendez-vous avec l’histoire, le temps d’une pastorale.

Depuis les années 1950, on assiste à un véritable renouvellement de la pastorale, non pas tant sur la forme mais sur les thèmes abordés qui s'articulent autour de personnages historiques basques.

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

Le béret basque fait partie du patrimoine .

 

Pyrénées - Au Col d'Osquich

 

Il se trouve que l’année où nous avons pris  la photo c’est Pagolle, un village pas loin du Col d’Osquich qui avait la lourde mission d’organiser la pastorale basque. D’où cette inscription « sculptées » sur les prés du Col en guise de publicité...original n'est-ce pas ?

En 1982, déjà, la commune avait présenté une pastorale mettant en exergue un personnage imaginaire sur fond d'exode rural et désertification. 

Trente-sept ans plus tard, le village se lançait un nouveau défi en honorant un nouveau personnage basque,  Dominique Garat dont le nom est inscrit sur le pré...

 QUI ETAIT D.GARAT ?

Les frères Garat, Joseph et Domingo, avaient été désignés comme représentants du Labourd à la convocation des états généraux par Louis XVI. Le 4 août 1789, les privilèges des provinces basques ont été abolis et le département des Basses Pyrénées a été mis en place, réunissant les Basques et les Béarnais, ceci provoquant alors une indignation. Les frères Garat se sont battus en vain pour préserver l’identité basque. Durant cette même période, il s'est passé des événements forts dont la guerre déclarée par la France contre les espagnols. S’ensuivit la déportation de 4000 basques vers les Landes dont plus de mille enfants et vieillards périrent sur les routes. Domingo Garat, de retour de Paris, a été nommé Maire d’Ustaritz et jusqu'à sa mort, il a œuvré pour la reconnaissance des traditions et de la culture basque.

La pastorale raconte l'histoire du Pays Basque pendant la Révolution Française.

 Robe à paniers du XVIIIe pour les unes, espadrille et béret paysan pour les autres, des dizaines de chanteurs, danseurs ou comédiens amateurs virevoltent sur la scène en plein air pour présenter la pastorale, spectacle entièrement en basque
 

Depuis le début des années 2010, le spectacle peut être donné hors de la Soule, province la plus à l’est du Pays basque dans le but de faire connaître la culture basque.

En 2024, pas moins de quatre représentations sur tout le territoire ont contribué à développer cette dynamique.

Au même titre que la chasse à la palombe, les pastorales basques font partie du patrimoine et de la culture basques.

 
   
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