Voici un objet qui fait partie du patrimoine du milieu rural Pyrénéen.

Comme de nombreuses « créations » il est né de la pauvreté du monde paysan.

Le manque de moyens poussait le monde paysan d’autrefois à utiliser les matériaux les moins onéreux pour fabriquer les outils et accessoires nécessaires aux activités de la ferme. Quoi de plus abordable que le bois présent en abondance dans toutes les contrées des Pyrénées.

 

 

C'EST QUOI ?

C'est un collier de vache utilisé autrefois dans les Pyrénées.

Son nom ariègeois est "ESTACADET"

A la différence des colliers en cuir, il n’est pas destiné au support de sonnailles.

Il a un usage temporaire.

On l’utilisait essentiellement dans les étables.

A quoi ça sert ?  L'ESTACADET

 

 

 

A quoi ça sert ?  L'ESTACADET

  L'UTILISATION

On retirait la clé (1).

 

On plaçait la partie en U (2) au cou de la vache.

 

On replaçait ensuite la clé. On lui faisait faire un quart de tour afin de la bloquer dans le "U" et en même temps bloquer le collier autour du cou de la vache.

 

  Dans certaines étables le collier était solidaire d’un montant de la mangeoire. Une liaison permettait de limiter les mouvements de la tête de la vache en lui permettant simplement de coulisser le long du montant vertical de la mangeoire. Dans d’autres étables le collier était relié à un montant de la mangeoire à l’aide d’une chaine.  

A quoi ça sert ?  L'ESTACADET

 

LE MATERIAU UTILISE

Le modèle présenté sur la photo est en frêne.

Ce bois a été choisi parce qu’il a une bonne résistance.

C’est un bois ligneux au grain fin.

Il se fend très bien et la mortaise en extrémité résiste bien à la fente.

Il est facile à travailler. Il permet de réaliser de solides tenons.

Le frêne résiste assez bien à la pourriture.

On le trouve partout.

 

 

 LA FABRICATION

Pour confectionner le collier il fallait choisir une branche qui convienne.

En retirer l’écorce à la hachette.

La tailler de façon à lui donner la forme voulue. La mettre à tremper dans de l'eau autant de temps que nécessaire pour pouvoir la plier sans qu’elle ne se fende ou se casse.

Lorsqu’elle était assez souple il fallait lui donner forme en rapprochant les deux extrémités.

Une corde permettait de maintenir le bois dans la forme voulue. On laissait alors l’objet sécher.

Une fois sec on travaillait à nouveau la forme du « U » de façon à la parfaire. On confectionnait les « mortaises » de façon à ce qu'une symétrie soit respectée.

 

 

Parallèlement, une pièce de bois permettait de fabriquer la clé dont la longueur était étudiée de façon à ce qu’elle s’adapte à l’espace existant entre les deux « mortaises ».

Il était également important que les dimensions des tenons de la clé soient en adéquation avec les dimensions des mortaises.

 

 

Ainsi, de principe assez simple, la conception du collier nécessitait le respect de certaines règles de fabrication indispensables à la satisfaction de sa fonction première qui était de tenir la tête de l’animal de façon efficace.

 

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