Sur la route des monastères cisterciens, en Catalogne, nous voici à Santes Creus .
Entrée du monastère de Santes Creus en Catalogne
Aujourd'hui, les moines ne vivent plus à Santes Creus mais le monastère reste un lieu d'exposition et de visite.
La simple visite de l'extérieur nous a surpris par les décors des murs.
Parmi les motifs un cadran solaire s'intègre bien dans le décor d'une façade.
C'est ici que nous nous sommes posé la question de savoir si le cadran solaire était le seul système qui permettait de connaître l'heure?
COMMENT SAVAIT-ON L'HEURE AU MOYEN AGE ?
A intervalle régulier nos ancêtres écoutaient les cloches des chapelles et des monastère. Ce sont elles qui donnaient le rythme de vie aux gens qui travaillaient. A chaque prière des moines, les cloches retentissaient : au chant du coq, au lever du soleil, à la troisième heure, vers midi, vers 3 heures, au coucher du soleil. On peut presque dire que c'était l'église qui donnait la mesure du temps.
L'angélus
(agrandissez ce beau tableau de Millet réalisé en 1858)
Cette sonnerie, toujours utilisée en de nombreux endroits, reste une trace des sonneries du Moyen Age. En effet, elle fut progressivement mise en place à partir du XIIIe siècle pour inciter les fidèles à la récitation de l'Ave Maria, tout d'abord le soir, puis également le matin et le midi. A cet usage religieux s'ajouta en fonction des lieux et des époques, des usages civils : couvre-feu après la prière du soir puis surtout début ou fin de la journée de travail
Les heures canoniales
Les heures canoniales furent utilisées durant tout le Moyen Âge. Il s’agit d’une évolution des heures du monde romain, qui étaient elles-mêmes basées sur une division en douze de la journée de lumière et également en douze de la nuit. Cette évolution conduisit à utiliser pour marquer le temps de la journée uniquement les heures des prières et offices religieux :
matines (aurore ou avant),
prime (lever du soleil),
tierce (3ième heure après le levé du soleil),
sexte (6ième heure, c’est-à-dire midi),
none (9ième heure),
vêpres (coucher du soleil),
complies (3ième heure de la nuit),
vigile, (durant la nuit)
Du système Romain de deux fois douze heures, nous sommes donc passés au Moyen Âge à un système où la journée de lumière était divisée en quatre grandes parties : du lever du soleil à tierce de tierce à sexte, de sexte à none et de none à vêpre.
COMMENT LE CLERGE CONNAISSAIT-IL L'HEURE ?
Un des moyens utilisés depuis l'antiquité était le cadran solaire. Grâce à son invention on découpa le jour en douze parties.
Avec l'apparition de la clepsydre et du sablier (l'un fonctionnant avec de l'eau et l'autre avec du sable), la mesure du temps devint plus précise et put être étalonnée.
Il existait aussi des horloges à eau dont le principe avait été inventé par les arabes mais elles étaient très rares et couteuses. Apparues dès le IIième ou IIIième siècle av. J.C., les horloges à eau utilisent la variation d'un niveau d'eau pour commander divers mécanismes. Un flotteur, posé sur un réservoir d'eau dont le niveau descend ou monte régulièrement, anime un mécanisme qui peut être un simple index ou un ensemble plus complexe comportant parfois des automates.
Le principal problème des horloges à eau est que l'eau change d'état lorsque la température change. Or, en hiver par exemple, si l'eau gèle, l'horloge ne sonne plus les prières dans les monastères. Ceci était un véritable problème pour les moines qui devaient se lever pour prier
Les horloges à eaux ne disparaîtront que vers 1400 avec l'apparition puis la généralisation des horloges mécaniques.
Ainsi, la première horloge mécanique fut probablement inventée dans un monastère entre le XIe et le XIIIe siècle. Le nom des premiers inventeurs est inconnu.
Son fonctionnement est basé sur la chute d'un poids qui entraîne en rotation des roues dentées.
Pour ralentir le mouvement des roues dentées, un mécanisme régulateur, le foliot, oscille de gauche à droite et bloque le poids à intervalle régulier pendant un instant très bref.
Au départ, c'était la reproduction du cadran solaire : il n'y avait qu'une seule aiguille, celle des heures, symbolisant l'ombre du cadran solaire ; et le cadran était divisé en heures et quarts d'heures .
Ce type de cadran à une seule aiguille sera utilisé jusqu'à la Révolution française. Puis apparurent la longue aiguille des minutes et le cadran divisé en heures et minutes (début du 18e).
Comment ça marche ?
La poulie a tendance à tourner sous l'effet du poids.
Le balancier est entraîné dans un mouvement de va et vient.
La roue crantée ( dite roue à rochet) est entraînée par le mouvement de la poulie par l'intermédiaire d'engrenages.
Des ergots freinent la rotation du balancier et l'empêche de prendre de la vitesse.
C'est le rythme du balancier qui provoquera la rotation des aiguilles par l'intermédiaire de pignons.
Naturellement ces instruments se trouvèrent d'abord sur les palais, les beffrois et les demeures princières. Le bon peuple continua à écouter les carillons des couvents et des maisons communes.
Peu à peu, cependant, les horloges entrèrent dans les maisons particulières permettant à chaque famille de mesurer la fuite du temps
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