En 1909 la conquête des airs fait partie des rubriques sportives des journaux et magazines. L'idée est d'abord de "tenir" dans les airs le plus longtemps possible, en s'élevant le plus haut possible. Au cours des douze prochains numéros de "Le Cami", nous suivrons mois par mois l'évolution de cette discipline en nous référant aux articles du magazine "La Vie au Grand Air" très en vogue à cette époque.

 

1909 - JOURNAL AERONAUTIQUE  :  Page 1

 L'année aéronautique 1908 peut être appelée "l'année des aviateurs".

Le tableau reproduit ci-dessous donne des repères permettant de se rendre compte des performances cette année là.

Avant 1908

Le 12 novembre 1906, Santos Dumont franchit 60 mètres puis 100 mètres.

Le 26 octobre 1907 H. Farman vole 150 mètres puis 770 mètres

PERFORMANCES LES PLUS REMARQUABLES DE 1908

 

DATES

AVIATEURS

DISTANCE

TEMPS

HAUTEURS

LIEUX

13 janv

Farman

1km 450m

 

 

Issy les Moulineaux

14 mai

Frères Wright

9km 650m

8 mn

 

Manto (Caroline du nord)

30 mai

Delagrange

12km 850m

15 mn

 

Rome

8 juin

Esnault-Pelterie

 

 

30 m

Buc

22 juin

Delagrange

17km 500m

15 mn 30 s

 

Issy les Moulineaux

5 sept

Wilbur Wright

22km 500m

19 mn 50 s

 

« 

6 sept

Delagrange

24km 727m

29 mn 53 s

 

« 

9 sept

Orville Wright

60km 300m

1 h 2mn 3 s

 

Fort-Myers

29 sept

Farman

39km

42 mn

 

Camp de Chalons

2 oct

Farman

40km

44mn 32s

 

Le Mans

6 oct

Wilbur Wright

67km 780m

1h 4mn 26s

30m

« 

10oct

Wilbur Wright

80km 500m

1h 9mn

 

Du camps de Chalons à Reims

31 oct

Louis Blériot

16km

 

 

De Toury à Artenay et retour

18 dec

Wilbur Wright

92km

1h 53mn 59s 3/5

140m

Le Mans

 

 

 

 

 

 

PERFORMEURS EN 1908
 

LE SPORT EN 1909 : Janvier

 

LE SPORT EN 1909 : Janvier

 

LE SPORT EN 1909 : Janvier

 

LE SPORT EN 1909 : Janvier

       
 DERNIERE PERFORMANCE DE 1908
 

LE SPORT EN 1909 : Janvier

 

 NB : Ces textes et photos sont des reproductions intégrales du journal "La Vie au grand-air" de 1909.

 Evènement fin 1908 : le premier salon aéronautique au Grand Palais de Paris

 

1909 - JOURNAL AERONAUTIQUE  - 2 -

 

                  Présentation du sujet par Marcel VIOLLETTE

Tous ces monstres dorment là, sveltes libellules, monoplans audacieux, biplans formidables, autant de représentants d'une faune de transition, colossale, hésitante et bizarre comme celle de l'âge quaternaire.

...

Comme tout cela nous paraîtra vieux et ridicule dans dix ans et quelle curieuse galerie constituerons tous nos oiseaux d'aujourd'hui à la rétrospective de 1920

Pensez que depuis toujours l'idée de s'élever au dessus du sol comme les oiseaux, caressa l'esprit des enfants des hommes.

Un grand meeting doté de 100 000 francs de prix va s'ouvrir dans quelques mois à Monaco, et demain, le premier aérodrome ouvrira ses portes à la foule anxieuse de contempler les évolutions de tous ces avions q'elle vient de voir sommeillant sous les voutes du grand palais.

MARCEL VIOLLETTE

 

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                                                             Vue générale de la grande nef prise du premier étage.

Quand on examine l'ensemble du Salon, du balcon du premier étage, il semble bien qu'on se trouve en présence d'un monde nouveau. C'est un peu l'aspect étrange et effrayant que présente la grande salle du Muséum, avec ses fossiles gigantesques, aux formes troublantes... On aperçoit à gauche, l'Avion d'Ader, aux ailes de chauve-souris; en face la Demoiselle, de Santo_Dumont, qui paraît un jouet d'enfant; plus loin, le Delagrange, un impatient de nouveaux combts, et dans le fond, un bon vieux sphérique oublié, que les enfants même regardent à peine.

 

 

 

1909 - JOURNAL AERONAUTIQUE  :  Janvier (suite)d

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 L'avion de Farman .
 

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1. Le cyclo ballon 
4. Le Nayrolles
 6. Modèle B de la société d'appareils aériens.
7. Appareil pour vol ondulé. 
     
LES PROJETS A L' ETUDE, DEBUT D'ANNEE 1909.    

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2. Blériot au volant de son biplan  
3. Modèle A de la société d'appareils aériens 
5. Le Rupalley 
8. Le Lejeune-Fischoff à vendre 5.000 francs après essais 
 

 

9. Le propulseur Lataste. 

 12. Le Serget.

Ce modèle a volé 150 mètres

 13. L'aérocycle Christollet
15. Le Brugère 
     17. Le biplan Vignetti.
    

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 10. Le monoplan à ailes variables.
11.Le Brochet 
14. L'aérovol Brémond. 
16. L'aérovol d'André 
 

19. Le monoplan Jourdan. 

 

 

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Les frères Orville Wright ( 19 août 1871 - 30 janvier 1948 ) et Wilbur Wright ( 16 avril 1867 - 30 mai 1912 ) sont deux célèbres pionniers américains de l'aviation, à la fois chercheurs, ingénieurs, concepteurs, constructeurs et pilotes. Les frères Wright sont originaires de Dayton, dans l'Ohio, aux États-Unis, où ils possèdent un atelier de bicyclettes 

Une légende veut que ces modestes fabricants de vélos, s'ennuyant sur leur atelier, aient inventé l'avion par hasard, sans aide extérieure. En réalité, les frères sont des ingénieurs doués. Ils se sont inspirés de pionniers de l'aviation, tels qu'Otto Lilienthal ou Octave Chanute, pour concevoir le Flyer après cinq années d'expérimentations (cerfs-volants, planeurs, soufflerie), de recherche et de vols d'essais. En 1906 et 1907, très sûrs d'eux, les frères Wright pensent qu'ils ont cinq ans d'avance sur les autres pionniers du plus lourd que l'air et qu'ils peuvent se consacrer exclusivement à la gestion (financière) de leur invention

En 1908, Orville Wright réalise des démonstrations de plus en plus spectaculaires sur le site de Fort Myer (Virginie), emportant un passager à plusieurs reprises. Un incident (rupture d'une hélice) va avoir une conséquence tragique : le 17 septembre 1908, son avion s'écrase. Le passager  est tué, et Orville est gravement blessé.

L'avance des Wright dans le domaine du pilotage, notamment dans la maîtrise du virage, va apparaître clairement pendant ces vols

 En 1909, une école de pilotage est créée à Pau.

Le premier janvier, l'aviateur américain commence ses préparatifs de départ. Le Flyer sera démonté et expédié à Pau. Rejoint par Orville, convalescent à la suite de son accident de Fort Myer, Wilbur organise la reprise de ses démonstrations en janvier 1909, à Pau. Il reprend ses vols le 3 février 1909, au Pont-Long, où il jette les bases de l'école de pilotage en poursuivant la formation de Charles de Lambert et du capitaine Lucas-Girardville, auxquels s'ajoute Paul Tissandier, qui débute.

Au début de mars 1909, à Pau-Pont Long, l'aviateur américain achèvera la formation de Paul Tissandier, auquel les frères Wright transmettent la responsabilité de l’École de pilotage Wright

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 Pourquoi à Pau ?

 

En 1908, Wilbur et Orville Wright viennent faire des démonstrations de leur machine, le Flyer, en France, dans le cadre d'un contrat de licence longuement négocié. Un banquier Français, Lazare Weiller, président de la toute nouvelle Compagnie Générale de Navigation Aérienne, a réuni autour de lui un comité d'hommes d'affaires passionnés par les possibles développements de l'aéroplane que les Wright disent avoir mis au point. Le 23 mars 1908, le consortium Weiller conclue un accord de licence pour la somme de 500 000 francs or avec les deux frères qui, en contrepartie, doivent réaliser en France un certain nombre d'épreuves, notamment des vols avec passagers ou lest, et aussi la formation de trois pilotes qui seront désignés par l'Aéro-Club de France.

 

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 En janvier 1909, Wilbur Wright découvre Pau

 ... une ville où les sports pratiqués par "la bonne société" règnent en maîtres. Plusieurs centaines de familles étrangères, principalement anglaises, russes, américaines du Nord ou du Sud, ont, depuis la première moitié du XIX°, pris l'habitude de passer l'hiver à Pau. Golf, polo, tennis, jeu de paume, chasse à courre, pêche au saumon, chasse en montagne, aérostation, la réputation de Pau est telle que le International Herald Tribune titre, en 1906 : " Pau is the hub of the Sporting world ! " Pau est le centre du sport mondial !

L'aviateur américain arrive dans une ville en pleine expansion. Le boulevard des Pyrénées, balcon sur un décor de rêve, vient d'être achevé. La villa Beaumont et son Palais d'Hiver est devenue un casino brillant. Le luxe est partout : villas, palaces, rivalisent de confort et reçoivent, sans complexe, le Gotha international.

 

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 Le 8 août 1908, au cours de son premier vol, Wilbur avait prouvé au monde entier la maîtrise totale de son appareil. Louis Blériot et ses amis s'inclinent devant le maître. Le capitaine Ferber déclare : "Sans lui (Wilbur), je ne serais rien". Louis Barthou, ministre des Transports est présent lui aussi. Il félicite Wilbur chaleureusement et montera courageusement et à plusieurs reprises, au Mans puis à Pau, à bord du Flyer.

Paul Tissandier est le fils du célèbre savant Gaston Tissandier, inventeur du moteur électrique pour dirigeable. Grâce à Gaston Tissandier, dès 1883, le contrôle d'engins volants plus légers que l'air devenait réalité. La famille Tissandier s'était installée à Jurançon, aux portes de Pau car le savant jugeait le climat du Béarn idéal pour y poursuivre ses expériences. Comme Tissandier, le magnat James Gordon-Bennett, fondateur de l'International Herald-Tribune, a lui aussi choisi Pau pour se consacrer à son sport favori : l'aérostation.

Dès la fin du XIX°, à Pau, la Science fraternisait avec la Finance. Le gotha de l'aérostation faisait du ciel de Pau un laboratoire d'études et d'expérimentation sur les plus légers que l'air

 En ce début d'hiver 1908, Tissandier estime qu'un déménagement pour Pau, où l'hiver est plus calme et clément, serait opportun. Aussitôt informé, le maire de Pau, propose l'établissement d'un champ d'aviation sur la Lande du Pont-Long et offre la construction d'un hangar pour abriter l'appareil et loger les Wright.

Wilbur se laisse convaincre et le hangar, dessiné par Wilbur, est construit rapidement. Orville, convalescent après son accident à Fort-Myers, et sa sœur Katharine arrivent enfin à Pau. La fratrie est réunie et fêtée par la colonie étrangère et la population locale.

 

 Les vols vont ensuite se succéder rapidement, avec les élèves qui peuvent enfin faire un apprentissage régulier

 

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 Ces vols attireront au Pont-Long des foules considérables et des célébrités, notamment les rois d'Angleterre, Edouard VII, et d'Espagne, Alfonso XIII.

 La visite du roi d'Espagne.

 

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23 mai : L'inauguration du premier aérodrome de France tourne à l'émeute.

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Le 23 mai 1909 le premier aérodrome de France est inauguré à Juvisy.

Plus de 60000 spectateurs ont fait le voyage pour voir voler les aviateurs.

 

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  L’aéroplane de Delagrange se profile en roulant sur le sol. Malheureusement le temps n’est pas de la partie. On peut vérifier une fois de plus qu’on ne vole pas à heure fixe et que l’aviation n’est pas encore assez avancée pour constituer un spectacle.   

 

 

Fatiguée d’attendre en plein soleil la foule franchit les barrières. Elle assiège le bureau de l’administrateur délégué en réclamant un vol ou son argent.

 

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Le capitaine de gendarmerie est obligé d’intervenir.

Les gendarmes se livrent, autour de l’aéroplane de Delagrange au mouvement circulaire préconisé les jours d’émeute.

 

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Delagrange tentera quelques petits vols, insuffisants pour satisfaire les spectateurs qui quitteront l’aérodrome déçus.

 

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 23 JUILLET

 

 

L’ANGLETERRE N’EST PLUS UNE ÎLE

BLERIOT A PASSE LA MANCHE

 

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L’aviateur français Blériot vient d’accomplir une performance inoubliable. Parti du petit village des Baraques près de Calais sur son aéroplane Blériot XI, il a atterrit près de Douvres, ayant franchi en 32 minutes le Pas-de-Calais.

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En approchant de la côte anglaise, le vent s’éleva, et, à plusieurs reprises, le courageux Blériot fut sur le point d’être culbuté. Par un virage habile, il vint passer au-dessus du port de guerre et des cuirassés

 

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 Il atterrit à Northpale, dans un terrain de golf, sans autre dommage que l’hélice légèrement faussée et le chariot quelque peu endommagé.. Bientôt les curieux affluèrent…

 

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L’arrivée du monoplan fut à peine connue que les curieux commencèrent à affluer à Northpale. Pour se débarrasser de leur empressement indiscret, l’aéroplane fut placé sous la tente des officiers et un droit de six pences au profit des hôpitaux fut exigé pour être admis à le visiter. L’appareil a été ensuite envoyé à Londres où il resta exposé pendant trois jours.

 

 

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Après être allé passer une nuit à Calais, l’heureux aviateur et sa femme revinrent à Douvres, où ils furent salués dans le hall du Lord Warden Hôtel, par M.W.Emden, maire de Douvres et les membres de la municipalité.

 

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La réception à Londres fut véritablement triomphale. L’aviateur fur reçu par lord Northcliffe, propriétaire du Daily Mail.

La coupe du vainqueur

A l’issue du banquet offert par le Daily Mail, lord Northclif remit à Blériot un portefeuille contenant le chèque de 1000 livres (25 000 francs) et une superbe coupe en argent ciselé.

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