| Les clochers "tors". |
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Ce clocher déformé de l’église de Saint Côme d’Olt fait partie d’une centaine de clochers identiques en Europe. La première question que l'on peut se poser est celle de savoir comment on appelle une telle architecture. J’ai appris qu'on le qualifiait de clocher « tors ». Pourquoi « tors » ? Je me doutais, bien sûr qu’il pouvait y avoir un rapport avec le qualificatif « tordu ». Autrefois on employait ce mot pour qualifier un matériau qui était soumis à une torsion. La torsion, c’est, par exemple dans la fabrication des cordages les degrés auxquels on soumet les brins d’ une corde. Le tors c’est aussi un gros cordon de soie employé en tapisserie. Plus près de notre clocher, en ébénisterie, une colonne torse possède un fût en spirale. En menuiserie on utilise des mèches torses pour faire de gros trous dans le bois à l’aide d’un vilebrequin. Pour revenir à notre clocher on peut conclure que sa flèche tordue, a subi une torsion qui l'a fait dévier de la verticale habituellement respectée.
Voilà une curiosité satisfaite :
Mais quelle est l’origine de cette torsion ?
Certains disent que ce clocher a été construit ainsi. C’est bien ce qu’indique l’écriteau fixé près de l’édifice Ils auraient été construit tors, pour réaliser une prouesse architecturale. De nos jours, on fait passer une épreuve aux apprentis charpentiers des compagnons du Tour de France qui consiste à construire une maquette avec un clocher hélicoïdal.
D'autres disent que les clochers seraient devenus tors au cours du temps. Le poids de la couverture, quand il est trop élevé, peut aussi éventuellement faire ployer la base de la structure, provoquant un affaissement de la charpente et la vrille du clocher. Le bois travaille presque toujours. Dans un clocher, il suffit qu'il y ait une rotation minime à la base pour que celle-ci soit amplifiée au sommet, entrainant une torsion de l'ensemble de la charpente. Certains architectes pensent que des clochers sont devenus hélicoïdaux à la suite d'un mauvais séchage du bois. Cet édifice si particulier fait la fierté des habitants de Saint Côme d’Olt. Chaque flèche de ces églises a sa légende qui met en jeu comme souvent, l’effet néfaste de Satan qui aurait contribué d’une façon ou d’une autre à tordre l’édifice ou de fées qui l’auraient sublimée.
Voici la légende qu'ont inventée les écoliers de Saint Côme d’Olt.
Il y a longtemps de cela, dans la vallée du Lot, se trouvait un joli village appelé Saint-Côme d’Olt. Les habitants s’entendaient à merveille et étaient très fiers du nouveau clocher de leur église si haut et majestueux que l’on parlait de lui partout dans la région. Les gens accouraient par centaines pour admirer ce chef-d’œuvre architectural et étaient tellement bien accueillis qu’ils prolongeaient leur séjour. Toute cette joie vint à arriver jusqu’aux oreilles du diable en personne. Celui-ci fut très en colère de tout ce bonheur et décida d’y mettre fin. Il se déguisa en vieil homme et prit le chemin de Saint-Côme. Arrivé aux abords du village, il rencontra une vieille dame qui pleurait. Il s’approcha et lui demanda : – “Pourquoi pleurez vous madame ? – Mon chien est mort subitement et je ne sais pourquoi. – Je crois savoir comment cela s’est passé, dit le diable rusé. – Alors dites le moi supplia la vieille femme. – A mon arrivée, j’ai assisté à une scène étonnante, mentit le faux vieillard, une personne mélangeait de la viande avec des champignons et a donné cela à un chien. Comment était votre chien ? – Il était blanc et noir – C’est celui que j’ai aperçu – Avez-vous vu la personne qui a fait cela ? demanda la pauvre femme. – L’homme est rentré dans cette maison, répondit le diable en désignant une maison voisine?. – Je n’aurais jamais cru mon voisin capable d’une chose pareille ajouta tristement la vieille dame. – Il ne faut pas se fier aux apparences” renchérit le diable Et il partit poursuivre ses méfaits dans d’autres foyers du village. Il s’arrêta tout d’abord devant un poulailler. Cela lui donna une idée. Il attrapa le chat de la maison d’à côté, le mit dans le poulailler. Ce dernier mangea quelques poules et s’endormit sur la paille. Continuant son chemin, il aperçût le moulin du village qui procurait la farine pour ses habitants. Une autre idée maléfique germa dans son esprit. Il fit apparaître des souris qui dévorèrent tout le blé. Son nouveau méfait commis, le diable continua un bon moment à arpenter les chemins de Saint-Côme, semant la zizanie dans tous les recoins. Enfin, satisfait de lui, il grimpa jusqu’au clocher pour admirer ses œuvres. A ce moment, il reprit son apparence de diable et s’assit sur le sommet du clocher. Partout, aux alentours, on ne voyait ou n’entendait que des cris, des pleurs, des colères, des accusations et des lamentations. Soudain, il entendit des clameurs s’approcher du clocher. Les villageois avaient fini par comprendre que le vieil homme était la source de tous les récents problèmes et s’étaient lancés à sa poursuite, armés de fourches, de faux, de pelles et autres armes ou outils. Lorsque le diable les vit, il voulut s’enfuir, mais sa queue restée coincée l’en empêchait. Il tira de toutes ses forces. Sa queue s’enroula autour du clocher qui se mit alors à tourner, à vriller et à se déformer jusqu’à ressembler à une tornade. Dans un dernier effort, le diable tira encore, si bien que sa queue se coupa. Il s’enfuit, laissant le clocher tel que nous le connaissons aujourd’hui…
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