Voici, reproduit ci-dessous un article de "l'Indépendant", quotidien parmi  les plus lus dans le midi. 

 

 OCCITANIE - Premier août 1914 à Perpignan.

Il est difficile de donner une idée même approchante de ce que fut l’émotion dans Perpignan lorsque La Dépêche affichée sur la façade de l’Indépendant fit connaître l’ordre de mobilisation générale.

L’aspect de la ville qui avait été calme et résigné pendant les 5 journées d’angoisse que nous venons de traverser changea subitement. Comme mû par un ressort poussé par un sentiment nouveau délivrés du poids qui les oppressait et sachant enfin d’une façon précise où était leur devoir les perpignanais se disposèrent aussitôt à faire leurs préparatifs de départ.

Peu de temps après que notre information eut été connue le clairon retentir aux 4 coins de la ville et jusque dans les faubourgs sonnant le rassemblement. Si l’authenticité de notre information avait pu être mise en doute elle se trouvait hélas confirmée par l’autorité militaire.

Décrire ce qui se passa alors nous paraît, nous le répétons impossible. Les femmes les jeunes filles se désolaient pleuraient sanglotaient se serraient contre la poitrine de leur frère et de leurs époux.

Les ateliers ayant été licenciés le nombre des femmes dans la rue était considérable.

À l’usine Bardot à la gare plusieurs ouvrières furent prises de syncopes en apprenant la fatale nouvelle. Ont dû transporter 3 d’entre elles à la pharmacie Bataille Ou des soins leur furent donnés. Des accidents de ce genre se produisirent un peu partout.

Il y eut aussi des femmes résolues et dont le premier mouvement fut héroïque. Elles s’informaient des démarches à faire pour partir comme ambulancières et vinrent s’inscrire en nombre considérable à l’Union des femmes de France.

Rien n’est plus touchant dans un pareil moment que cette démarche spontanée de tant de courageuses perpignanaises.

Quant aux hommes comme nous le disons plus haut ils allèrent avec le plus grand sang froid vers leurs préparatifs de départ. Leur premier souci fut de courir chez les marchands de chaussures dont les magasins furent envahis en un clin d’œil. On sait, en effet que l’autorité militaire a demandé à nos réservistes et à nos territoriaux d’arriver au corps autant que possible avec des souliers de marche dont le prix leur sera largement remboursé.

Dans la soirée l’animation dans les rues de la ville fut encore plus grande. Les terrasses des cafés étaient bondées. On commentait les nouvelles. On s’entretenait de la dernière lueur d’espoir qui pouvait se produire en faveur de la paix. Mais ce n’était là que sujet de conversation sans importance En fait c’était la guerre. On le savait et tout le monde en avait pris son parti. L’impression de calme et de sang froid qui se dégageait de l’aspect de cette foule était faite pour réconforter tous les cœurs : Jamais à l'heure du danger les Français ne furent plus unis ni plus résolus

 L’indépendant Premier août 1914

 

 

OCCITANIE - Premier août 1914 à Perpignan.

 

 

 

 

 

 

OCCITANIE - Premier août 1914 à Perpignan.

 

 

 

 

 

OCCITANIE - Premier août 1914 à Perpignan.

 

   
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