Sète : Le cormoran
 

Comme pour avoir la vue la plus large possible du bassin de la criée de Sète, un oiseau a pris place sur une bouée…Nous avons pris un instant pour le photographier.

C’est un cormoran. Un habitué du port.

Bleue, à l’origine, la bouée sur laquelle il est perché a viré au blanc, la marque de son territoire .

 

Sète : Le cormoran

 

Les marins ne voient pas cette espèce d’oiseau d’un bon œil.

Pour le pêcheur sa présence laisse augurer une pêche maigre.

Mais ils ne sont  pas les seuls à ne pas trop l’apprécier.

Aujourd’hui comme hier, le cormoran a fait partie des animaux mal-aimés.

 

Mal-aimé hier

A l’origine, la bible classait l’oiseau parmi ceux qu’il fallait « considérer comme abominables et qu’on ne mangera pas »

Figuraient sur la même liste « l'aigle, l'orfraie, l'aigle de mer, le milan, les diverses espèces de vautours, toutes les espèces de corbeaux, l'autruche, le hibou, la mouette, les diverses espèces d'éperviers, le chat-huant, le plongeon, la chouette, le cygne, le pélican, le cormoran, la cigogne, les diverses espèces de hérons, la huppe et la chauve-souris ».

Sète : Le cormoran

Sète : Le cormoran

 
 

Au moment du déluge, Noé choisit de sauvegarder l'espèce en lui faisant une place sur son arche. Mais l’oiseau aurait été glouton et sale. Alors Noé pour le punir, aurait donné la couleur noire à son plumage qui fait qu’on le surnomme parfois « corbeau des mers »…

Noé lui aurait aussi retiré son imperméabilité. Depuis il tient ses ailes ouvertes après avoir péché..

En fait, on sait maintenant que le plumage n’est que partiellement perméable. Le fait d’ouvrir ses ailes hors de l’eau, lui permet de se débarrasser des gouttes d’eau qui imprègnent les plumes qui sont  enduites de sérum les rendant hydrophobes.

En l’absence de vent il agite vigoureusement ses ailes.

 

Mal-aimé aujourd’hui

Le cormoran, s’est trouvé en quasi-extinction à la fin des années 1970. On a donc pris la décision de le protéger.

Les effectifs de ces oiseaux ont régulièrement augmenté. Le seuil de tolérance est semble-t-il, largement dépassé pour les pêcheurs et les pisciculteurs qui s’indignent de voir « leurs poissons » finir dans le gosier de ces « envahisseurs ». L’émerveillement devant l’habileté de l’oiseau chasseur a donc laissé place à la colère.

Sète : Le cormoran

 

 

 

ET POURTANT !

 

Aimé pour ses capacités de pêcheur .

C’est parce que c’est un excellent chasseur, qu’en Asie on l’a longtemps utilisé pour la pêche.

 

 

Respecté dans certaines cités.

Il est une cité dans le Vaucluse, dont une des fontaines met l'oiseau à l'honneur.

C'est le village de Pernes-les fontaines.

Classée "Monument Historique" depuis le 14 octobre 1911 , la fontaine a été créée en en 1761. Elle est ornée des armoiries de la ville . Le cormoran symbolisant la cité, protège les petits de ses ailes.  Il tient dans son bec un gros poisson.

Comme dans de nombreux villages de Provence, les fontaines font parti intégrante de la vie de Pernes qui deviendra par ailleurs en 1936 Pernes les Fontaines.

C’est la découverte d'une  source (source St Roch) qui va permettre aux habitants d’acheminer l’eau dans chaque quartier du village, mettant ainsi la population à l’abri des problèmes de sécheresse. Pour fêter cet événement la commune fît construire quatre fontaines monumentales ; La Fontaine du Cormoran, La Fontaine du Gigot, La Fontaine Reboul et la Fontaine de l’Hôpital.

C’est ainsi qu’on compte aujourd’hui pas moins de 40 fontaines publiques et environ une centaine de fontaines privées qui se cachent aux yeux des visiteurs dans les nombreux jardins et patios des hôtels particuliers et autres jolies maisons privées.

 

 

Sète : Le cormoran

 

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