La neige c'est bientôt fini. Il est temps de ranger le matériel.

Peut-être certains, parmi vous, vont-ils ranger leurs raquettes ....

Ils garderont le souvenir de  ces immenses plaines de neige sans horizon, d'un  calme absolu.

Cet espace infini crée une sensation de liberté au cœur de cette montagne domestiquée.

Pourtant, Il n’y a pas si longtemps, ce milieu n’était fréquenté que par des héros de légendedes prophètes qui allaient y écouter la parole de Dieu.

Plus tard des aventuriers téméraires gravirent les sommets en bravant les hauteurs et les croyances des hommes des vallées qui disaient que des êtres fantastiques gardaient les monts que l’on considérait parfois comme maudits.

Souvent la témérité finissait au fond d’une crevasse. Longtemps après, les glaciers rendaient les restes de leur corps parfaitement conservés. Cela vérifiait les supputations des montagnards.

Avec le temps, les aventuriers téméraires ont été remplacés par une élite de passionnés qui a fait de la conquête des sommets une étude scientifique dont l’objet était de permettre à l’homme d’affronter des conditions climatiques extrêmes. La montagne a perdu un peu de son mystère.

Le ski a pris le pas sur l’alpinisme et a permis à l’homme de pénétrer au cœur des massifs en estompant ce côté mythique qu’on lui attribuait autrefois (même si, la montagne montre parfois qu’elle peut être mystérieuse et violente). Sur des cimes autrefois inaccessibles, une majorité de skieurs s’élèvent de façon victorieuse.

Et puis il y a ceux qui gravissent les pentes en évitant de mettre un pied sur l’autre (une raquette sur l’autre devrais-je dire).

Avec une raquette, on ne peut pas glisser…c’est sûr. Mais elle a d’autres avantages. Voici ce qu’en pensait un journaliste dans la revue « La vie au grand air » de janvier 1912.

« Le ski, quoi qu’on fasse reste toujours un peu acrobatique. Il n’est skieur si habile qu’il soit qui puisse assurer qu’il n’est jamais tombé ou qu’il ne tombera jamais plus. Le ski ne convient guère aux femmes, aux personnes âgées ou peu en jambes tandis que tous peuvent avoir besoin de marcher sur la neige. Enfin le ski est encombrant quand on ne s’en sert pas et on conçoit mal qu’on en emporte en montagne, une paire sur le dos pour l’utiliser seulement de temps en temps. Au contraire, une paire de raquettes tient peu de place. C’est un accessoire qui n’est ni lourd ni embarrassant. Enfin tout le monde peut s’en servir sans apprentissage préalable. »

C’était il y a tout juste un siècle…Le temps de la raquette…un temps ou la neige n’était pas encore or blanc

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