Chapeau

Patrimoine, marqueur d'une société !

 

Pétronille Cantecor,  bergère dans le Quercy, imaginait-elle qu’un siècle et demi après sa mort on parlerait encore d’elle ?

Un jour où il faisait très chaud, elle eut l’idée de tresser l’herbe sèche du lieu où elle gardait ses brebis pour se protéger du soleil. Sans le savoir, elle créa le premier chapeau de paille. Plus tard, elle eut l’idée d’ouvrir un atelier de chapellerie. C’était en 1796.

En 2007, à Caussade,  la chapellerie « WillysParis », fondée en 1824, bénéficiera du label « Entreprise du patrimoine vivant ». Elle produit encore aujourd’hui près de 4000 canotiers par an, un chapeau rendu célèbre par le chanteur Maurice Chevalier.

La mode, les nouvelles techniques, les matériaux utilisés dans  leurs confections ont contribué à  l’évolution du chapeau.

Le chapeau de feutre, par ses formes multiples, imaginées par les modistes, a donné naissance au métier de « formier », devenu très rare et classé au patrimoine mondial par l’UNESCO.

Le « formier » sculpte des blocs de bois dont la forme correspond à celle imaginée par les modistes. Ces formes sont les "moules" qui permettent de fabriquer les chapeaux.

Le chapeau est presque mort de la naissance de l’automobile qui a signé son déclin. Dans le patrimoine sont restés des « systèmes de  couvre-chefs » moins assujettis aux folles vitesses des nouveaux engins créés par l’homme. De nouveaux matériaux sont venus à la rescousse du feutre pour mieux protéger les pilotes, co-pilotes ou passagers.

Le cuir (dont nous parlons dans ce numéro du journal) et la fourrure, utilisés depuis la préhistoire, ont retrouvé une application efficace tout en contribuant à une esthétique  et à un style qui ont marqué l’évolution de nos nouveaux modes de déplacements. Tous ces signes d’évolution font partie de notre patrimoine.

La casquette, remplaçant  progressivement le chapeau a illustré  par la variété de ses formes, la structuration de notre société. Ces formes sont les "marqueurs" des branches de corporations ou de secteurs administratifs. Ils sont souvent  le moyen de les différencier.

Quel qu'en soit le domaine, il est bon que nous gardions des exemplaires de ces évolutions. Ils  font partie de l’histoire de notre pays et sont à « ranger » dans ce que l’on appelle le « patrimoine mobilier » devenu parfois « patrimoine vivant » parce qu’ils sont, encore de nos jours, l'illustration de coutumes ou de traditions ancestrales.

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