Quand les problèmes de santé font de nous des érudits !

C'est en redécouvrant une publicité de 1914 que je me suis souvenu de ces petits sachets de poudre que mes parents déversaient précautionneusement dans une bouteille d'eau du robinet. C'était ce qu'on appelait du lithiné. J'ai appris plus tard que la trouvaille était celle d'un docteur connu de tous, grâce à la publicité du produit. C'était le Docteur Gustin.

La publicité disait que la nouvelle boisson devenait minérale, pure, saine, agréable et très active dans les secondes qui suivaient. Elle avait le mérite de soigner l'arthritisme, la goutte, les rhumatismes, la gravelle et le diabète. Mais son grand avantage était surtout de ne pas décomposer le vin.

 

Voici les "Conseils d'hygiène" du quotidien "Le Journal" du 22 août 1914 

 

"Pour des raisons économiques ou autres, il est assez difficile actuellement de se procurer des eaux minérales, c’est d’ailleurs un article de luxe en ce moment où l’économie s’impose. Nous signalons à nos lecteurs que l’on peut obtenir avec les Lithinés du docteur Gustin, que l’on trouve dans toutes les bonnes pharmacies, une eau minérale économique, saine, légèrement gazeuse, qui se mélange facilement à toutes les boissons et principalement au vin auquel elle donne un goût exquis. Il suffit de faire dissoudre un paquet de Lithinés du docteur Gustin dans un litre d’eau. Cette eau ainsi miné

ralisée renferme toutes les propriétés des eaux minérales les plus réputées.

Nous recommandons cependant d’exiger la véritable marque des Lithinés, car des contrefaçons grossières sont quelquefois offertes au public sous prétexte que les Lithinés du docteur Gustin manquent au dépôt. Or, nous savons qu’il en existe un stock considérable, et si, en province, les expéditions ont cessé de se faire normalement depuis le 1er août, elles vont reprendre incessamment comme par le passé. »

 Le produit a duré jusqu'à pouvoir utiliser les moyens publicitaires modernes.
 
A la même époque on pouvait : 

 Faire sécher ses éruptions cutanées et diminuer les démangeaisons, avec du Lutsia, fabrication des laboratoires Lutsia.

La crème Simon était aussi recommandée..

Si les boutons suppuraient on les lavait avec de l'eau de Dalibour.

Un badigeon au nitrate d'argent était conseillé pour nettoyer la plaie.

Une purge efficace supposait un traitement à la bourdaine ou au sulfate de sodium.

 L’acide picrique était conseillé contre les engelures aux pieds par le docteur Charcot.

Eczéma et  pellicules, ne résistaient pas à la pommade à l'oxyde de zinc , l'huile de cade complétant le traitement.

L'eau boriquée venaient à bout des furoncles et autres plaies qui suppuraient.

 Ricqlès faisait sa publicité du  « seul véritable alcool de menthe »

Phoscao,  était présenté tant comme un petit déjeuner que comme un médicament pour le traitement des maux d’estomac, et comme un reconstituant pour le rétablissement des blessés et des convalescents.

L’antiseptique Jubol était fréquemment préconisé. Une publicité disait :

« De  même que le poilu chasse les Boches des boyaux, de même Jubol chasse les mauvais microbes de l’intestin »

 

Conseils d'érudit

La Poudre d’Hydraxylithe, plus pratique et plus propre que l’Iode, prévenait sans lavage préalable Gangrène, Tétanos, Infection »

 

Aujourd'hui on "croule" sous les médicaments génériques ou non génériques sans même se poser la question de savoir ce qu'ils contiennent. Beaucoup se ressemblent par leur composition et n'ont de différent qu'une appellation commerciale, première démarche publicitaire qui consiste à mieux le faire connaître pour mieux le vendre. 

Les soins de la bouche comportaient l’emploi de dentifrices parmi lesquels celui des Bénédictins de Soulac, bien connu

Conseils d'érudit

Aujourd'hui on "croule" sous les médicaments génériques ou non génériques sans même se poser la question de savoir ce qu'ils contiennent. Beaucoup se ressemblent par leur composition et n'ont de différent qu'une appellation commerciale, première démarche publicitaire qui consiste à mieux le faire connaître pour mieux le vendre. 

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