Certains numéros de l’hebdomadaire « L’illustration », que je possède, datent de l’année 1912. En les feuilletant j’ai pu vérifier que l’actualité est un perpétuel recommencement.

En 1912 Armand Fallières était président de la République depuis six ans. A la tête du gouvernement depuis le début de l’année, Raymond Poincaré dirigeait un cabinet qui sera, comme les précédents, marqué par l’instabilité ministérielle. Briand est à la Justice, Delcassé à la Marine, Millerand à la Guerre, Bourgeois au Travail et à la Prévoyance sociale.


Les modérés et la droite sont en progrès. La République radicale épuise ses marges de manœuvre.

 Gauche et droite s’opposent sur des sujets sensibles : la réforme électorale, la proportionnelle, les tensions internationales…

Nous en sommes un peu au même point...

La Grèce est indépendante depuis 1830. La conférence de Berlin de 1878 reconnait l’indépendance serbe, bulgare, et roumaine

Ces nouveaux états inquiètent les pays voisins. L' Autriche-Hongrie dont la population est en grande partie slave ne veut pas d’un Etat serbe à sa frontière. La Russie veut protéger les Slaves et orthodoxes des Balkans.

La deuxième guerre balkanique éclate en juin 1913 et oppose la Grèce et la Serbie à la Bulgarie.

Les conflits des Balkans persistèrent durant les Première et Deuxième Guerres mondiales.

Puis le monde connut la chute de l’URSS et de ses satellites qui aboutit à des affrontements : guerre de Yougoslavie, guerre du Kosovo… des conflits qui sont la conséquence de l’héritage de siècles de découpages arbitraires.

Aujourd’hui tout recommence ….

Ne trouvez-vous pas une similitude avec ce que nous vivons ? Nos politiques ont là un bon exemple.

Malgré tout, la vie a continué.

L’évènement de l’année 1912 est le salon aéronautique

En 1912, l’avion est un objet technique dont il reste à déterminer l’utilité. Il ne remplace pas réellement une fonction dans la vie quotidienne. Ses moteurs sont lourds et de faible rendement. Les machines fragiles rendent les vols extrêmement risqués.

Il prend cependant de plus en plus de place dans la société et devient indispensable … tout du moins pour les … « guerriers ».

 

Dans un article du journal on peut lire

« Cette année ce qui fit l’évènement, ce fut un incroyable biplan portant une mitrailleuse sur le capot ! […] Les gens se récriaient de nombreux « oh » et « ah », bien que pour ma part je reste réticente sur de telles techniques qui, si on reste objectif, ne visent qu’à semer la mort.
J’ai donc, davantage, apprécier un autre appareil beaucoup plus pacifiste, le Deperdussin qui fut d’ailleurs consacré avion de l’année. […] Nous avons eu droit ensuite à une démonstration de loopings absolument impressionnants. […]
Nous vivons dans un siècle merveilleux qui voit un incroyable bouillonnement d’avancées incroyables. Mais que va-t-on encore bien pouvoir inventer ?

Aujourd’hui la préférence va aux drones : un jouet qui est devenu arme de guerre.

 

En politique, le tiraillement du moment est une guerre qui se profile…

L’Humanité déclare « Guerre à la Guerre ».

Le 1er décembre dans les colonnes du quotidien, Jean Jaurès – à propos duquel l’Ouest-Eclair écrit que son « dada » est la suppression des armées permanentes – en appelle à la mobilisation des femmes pour éviter le conflit.


Il cite Winston Churchill : 

Le monde dirait de la génération qui a laissé éclater une semblable guerre : C’était une génération de fous.
Et de conclure son article par ces mots, presque prémonitoires 

« La guerre où demain peut-être on poussera des millions d’hommes, invités, par une Europe démente et avouant sa démence, au bal de meurtre et de la folie.  

On sait ce qui est advenu en 1914.

Autre chose qui n’a pas changé.

En 1912, La France voyait s’amplifier l’urbanisation et les signes de la modernité industrielle.

Aujourd’hui coexistent toujours un monde traditionnel, rural,  qui a eu du mal à passer du cheval à la voiture automobile et le monde des grandes villes.

Certaines bandes d’individus, telles la « Bande à Bonnot » des années 1910 utilisent à plein, les potentialités des véhicules à moteur pour commettre toutes sortes d’actes délictueux ou criminels, tels que les braquages, les enlèvements, la mise à sac de boutiques ou de musées, les vols de voiture avec ou sans violences… Cette cascade de méfaits, perpétrés sans que les forces de l’ordre ne semblent en mesure de s’y opposer, passionnait autrefois les individus. Aujourd’hui, elle a plutôt tendance à affoler les populations.

A la fin de l’année 1912, l’ambiance morose fait dire à un journaliste :

« La page blanche, c’est l’année nouvelle… 

Et nous, nous sommes comme l’écolier : quand il a noirci son pauvre feuillet, plein de taches et de ratures, où de gros traits rouges marquent chacune de ses fautes, de ses erreurs, il faut, pour qu’il puisse mieux faire et recommencer le devoir, qu’une page nouvelle soit tournée devant lui. Et de la voir si blanche, si vierge, il reprend courage… »

 

Heureusement, des moments plus doux et plus heureux ont toujours atténué l’impact douloureux de ces constats inquiétants. Ce sont ceux qui marquent les fêtes de fin d’année.

Nous avons choisi pour finir notre comparaison, de vous proposer un catalogue des cadeaux de fin d’année tirés des pages de publicité du journal « L’illustration » de Novembre et Décembre 1912.

Peut-être ces pages vous donneront elles des idées …

Amusez-vous à comparer les cadeaux de 1912 à ceux proposés de nos jours. Et surtout les publicités qu’on en faisait …

 

L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
L'Illustration de 1912
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