Dans la baie de St Malo, un édifice vaut le détour. Il s'agit d'un fort, majestueux, sur une pointe rocheuse en face du Cap Fréhel.
Ce fort abrite un four à rougir les boulets de canon. Un inventeur, comme on a pu en rencontrer d'innombrables sur terre depuis qu'elle existe a imaginé qu'en faisant rougir les obus de canon, il serait facile en les expédiant sur les bateaux, de mettre le feu aux embarcations et de se débarrasser de ses assaillants.
Cette installation n'a pratiquement pas été utilisée pour plusieurs raisons :
- le four consommait énormément de bois ;
- il fallait, pour que cela soit efficace, chauffer pendant huit heures, ce qui laissait largement le temps aux ennemis de s'enfuir ;
- charger le canon était beaucoup plus dangereux, le boulet chaud risquant de faire exploser la poudre noire.
Nous avons tout de même tiré profit de cette "idée" puisque de ces fours à boulets nous sont restées deux expressions
- « Tirer à boulets rouges » ;
De nos jours “tirer à boulets rouges” signifie s’attaquer violemment verbalement à quelqu’un ou quelque chose, le “descendre en flamme” afin de l’offenser ou de le terrasser
- « Prendre avec les pincettes » : cette dernière expression venant des pincettes géantes que l'on utilisait pour transporter le boulet chaud.
Dans l'expression « Il n'est pas à prendre avec des pincettes » on peut entendre "Il est très sale, répugnant, méprisable, ignoble." ou encore "Il est de très mauvaise humeur".
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