Ah, ces mouches quelle calamité !!!

A la fin de l’été elles étaient gentiment rentrées dans leur nid pour attendre la saison prochaine. Mais cédant à la tentation, elle sont ressorties pour profiter des derniers beaux jours...INATTENDU...
Je connais une amie qui en a horreur et qui passe son temps la tapette à la main. On ne peut pas dire d’elle qu’elle ne fait pas de mal à une mouche. Elle manipule l’instrument à bon escient, ne frappe jamais sur le beefsteak qu’elle s’apprête à déguster ou le pot de confiture que l’on vient d’ouvrir. Elle tend souvent des « embuscades » à son « gibier ». Elle dépose une goutte de miel sur la table de la salle à manger et attend que les volatils se posent attirés par la douceur. Elle frappe alors vite et fort. Evidemment cela ne marche pas avec le vinaigre. C’est bien pour cela que l’on dit « qu’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ». Notez que de nos jours l’expression concerne plutôt les hommes : on n’obtient rien d’un homme par la force…c’est encore plus vrai pour les femmes…
Mais revenons à nos mouches…
Point besoin de force pour tuer les mouches. Il faut surtout de l’adresse, de la dextérité et de la vivacité.

Mon amie, la tueuse de mouche, se promène toute la journée, l’arme à la main, verticale près de son buste, prête à bondir sur le moindre volatil se posant à proximité… Mieux vaut faire ça que de les gober (les mouches…)...surtout quand on est envahi...
Au fil du temps sa rapidité et ses réflexes se sont affûtés. Mais ces qualités ne suffisent pas. Un des facteurs essentiels qui font la bonne tueuse de mouche est le contrôle de la respiration. Au moment où on n’entend plus une mouche voler, elle approche lentement de sa future victime, le souffle coupé, un peu comme pour le tir à la carabine.
La Drosophile (mouche classique) ne se doute de rien. Le geste est souple. Droso se lèche les babines lorsque prise par surprise elle sent comme un plafond s’abattre sur sa tête : PAAAFF !.
A l’attaque fulgurante succède un sentiment de satisfaction chez la tueuse. D’un geste dédaigneux, du plat de la tapette, Droso est éjectée de la table vers le sol. En voilà une qui ne viendra pas troubler notre sieste. Quand on sait qu’une mouche pond des centaines d’œufs nul doute qu’une de ses congénères se chargera de venir nous chatouiller les mollets.

Certains jours les volatils tombent comme des mouches. La motivation de la tueuse est grande et ça peut lui faire passer une journée entière la tapette à la main. La chasse à la tapette lui donne l’occasion d’observer et d’étudier l’animal.
Selon l’endroit où il se pose, il est possible de déterminer son sexe. Une mouche mâle aura plutôt tendance à se poser sur une bouteille de bière. La mouche femelle choisira le téléphone et y restera longtemps. Cette observation permet une étude statistique tendant à donner la proportion de mouches de chaque sexe occupant un local.
Même si la mouche ne parle pas, elle peut être, malgré elle, un facteur de sociabilité.
Autrefois je prenais le train pour voyager. Un jour, dans le compartiment étaient assis côte à côte un homme musclé et balaise et un petit personnage plus femme qu’homme. BZZZ…Une mouche voletait depuis un moment.
Agacé, le balaise retira une de ses chaussures et PAFFF … il écrasa la mouche.
Regardant le petit personnage, il dit :
- Moi, les mouches, je les encule…
- Alors, le petit personnage qu’on n’avait pas encore entendu fit
- BZZZZ….BZZZZ
Et oui, la vie est ainsi faite qu’une mouche peut engendrer des relations durables …C’est bien, la mouche que se collaient les dames sur le visage qui faisait dire d’elles qu’elles étaient coquette, coquine, prude ou baiseuse.
Après ce que j’ai dit sur les femmes, j’aimerais que mes lectrices ne prennent pas la mouche. Je n’ai absolument rien contre elles. Ce billet étant mon gagne pain, mon rédacteur en chef exige de moi qu’il fasse mouche…Merci de m'avoir lu !

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