Le Cami - N°85

Jerry,

J’aimerais que tous mes lecteurs te connaissent un peu mieux.

 

Tu es d'une si agréable compagnie que j’ai décidé de parler de toi dans le petit journal  « Le Cami ». 

Tu viens de temps à autre passer quelques jours sous notre toit et cela te change par rapport à ce que tu aurais pu être : un chien de berger.

Tu es ce que l’on appelle un « Border Collie »

Comme tous les « collie » tu fais partie de cette famille des chiens de berger écossais.

Ton nom,  « border » , tu le tires des « Borders », cette large zone géographique située à la frontière entre l’Écosse et l’Angleterre.

Ta race n’a été reconnue officiellement qu’en 1982. Tu es donc, à la fois,  un des chiens les plus anciens dans  une des races les plus jeunes que l’on connaisse.

Tu apprécies d'être allongé sur ton pouf. Tu te "poses" mais tu restes sur le qui-vive  épiant nos moindres faits et gestes.

Il suffit que ton œil aux aguets nous découvre enfilant un vêtement pour que tu comprennes que c’est le moment de sortir.

Impatient, dès que tu as franchi la porte tu es" bien dans tes pattes". Il faut dire que ton hyperactivité convient bien à ce qui fait ta réputation de conducteur de moutons. Tu es considéré comme faisant partie de la plus intelligente des races en la matière. Il suffit d’un coup de sifflet pour que tu reviennes à nos pieds. Tu fais la joie de beaucoup de bergers qui considèrent que tu es le meilleur outil de travail de leur exploitation.

Tu nous prouves chaque jour un peu plus que tu es capable d’assimiler rapidement ce que l’on te demande. Mais ton intelligence fait que tu te montres parfois réticent à obéir à des ordres dont tu ne perçois pas le sens ou la cohérence. Tu n’aimes pas forcément aller récupérer ton doudou que nous avons lancé à l’autre bout de la terrasse. Tu nous regardes alors de ton œil malicieux comme pour dire « Il ne fallait pas le lancer ! » 

Qui dit chien intelligent ne dit pas toujours chien facile à éduquer.  même si tu comprends vite,  ce que l’on attend de toi.

Près de ton pouf, ta gamelle de croquettes, ta réserve d’eau sont à ta disposition. Tu n’es pas de ces chien qui se jettent sur leur nourriture jusqu’à en être rassasiés.

La nuit nous t’entendons parfois croquer quelques boulettes ou te désaltérer. Cela me fait affirmer que tu n’es pas glouton. Tu sais, par contre reconnaître instinctivement l’heure de tes friandises. Tu attends patiemment, assis devant la réserve, jusqu’à ce qu’on daigne t’en proposer une. Tu te postes alors devant la porte, faisant comprendre qu'il faut t'ouvrir la porte pour que tu puisses déguster ta gourmandise sur la terrasse.

Tes joies les plus grandes, nous les ressentons au retour de ton maître. Ce moment venu, tu ne tiens pas en place Tu ne sais pas cacher ton attachement inconditionnel né sans doute de son éducation.

Tu adores aussi te plier aux jeux que te proposent  petits et grands. On a d’ailleurs l’impression que tu apprécies davantage des jeux intellectuels plutôt que physiques, parce que tu en as besoin.

Voilà, Jerry, j’ai satisfait mon envie de parler de toi. Je vais maintenant abandonner mon clavier parce que comme toi j’ai besoin d’activité.

Comme toi je ne veux pas développer des troubles du comportement.

A défaut de posséder un élevage de moutons, je vais me contenter de te promener au bord de l’étang où tu pourras profiter de l’espace, courir et marquer ton territoire par un « pipi » tous les dix mètres.

Et puis nous rentrerons et une fois de plus tu pourras me prouver ton affection en me léchant les mains.

Parce que tu préfères être près nous, nous t’installerons entre nos deux fauteuils, face au téléviseur et nous regarderons ensemble les atrocités des hommes qui s’entretuent  sans que l’on sache trop pourquoi.

J’en profiterai pour te caresser l’échine.

 

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