Au hasard d’une rue occitane, j'ai découvert cette affichette (Petit texte imprimé, habituellement à des fins publicitaires, placardé dans un lieu public).
Elle représente, le visage d’une personne d’un certain âge, occitan sans doute et au-dessus, cette inscription :
ce néologisme « FAS CAGAT » .
Dans un sens général, un néologisme est tout mot nouveau entré dans le lexique d'une langue.
La plupart du temps cependant on réserve l'emploi de néologisme à la création et à l'utilisation d'un mot ou d'une expression qu'on vient de former à partir d'éléments déjà existants dans la langue elle-même.
Les mots existants sont : " Fas" et " cagar", transformés en "FAS CAGAT".
La traduction française de "Fas cagar" est « Tu fais chier ».
Comment expliquer la raison de cette affichette.
Pourquoi son créateur a-t-il pris le temps de confectionner en série (utilisation d’un pochoir), un message destiné à être placardé dans les rues occitanes ?
L’œuvre est sans nul doute, celle d’un occitan ironique qui trouve là, le moyen de se moquer gentiment des monolingues francophones qui s’essayent maladroitement à parler la langue d’oc.
Tentons une explication
En raison de la prononciation similaire, les Français confondent très souvent dans leur langue l'infinitif,(« chier ») avec le participe passé (« chié »). A l'oral, en français les deux mots se prononcent exactement de la même manière.
Mais en basculant du français à l'occitan au lieu de dire « fas cagar », on dit « fas cagat », en prononçant le « t » final, qui, en occitan, identifie une erreur grammaticale grossière (confusion entre l'infinitif et le participe passé).
Ce faisant, la personne obtient l'effet inverse de celui escompté.
Voulant « étaler sa science » et montrer qu'elle n'a pas perdu l'usage de la langue autochtone, elle "agrémente" de temps à autre son discours de jurons occitans.
Sauf que la prononciation « fas cagat » démasque immédiatement l'imposture. Cela provoque un effet comique. La personne, prétentieuse, fait mine d'être polyglotte mais, au fond n'est que francophone. L'amalgame (infinitif = participe passé) est caractéristique d'un monolingue francophone.
D'un langage à l'autre les mots vont et viennent sans que nous puissions avoir la certitude de les posséder complètement.
N’utilisons que ceux que nous connaissons vraiment.
Méfions-nous de ceux qui ne nous appartiennent pas!
/image%2F0648822%2F20241207%2Fob_5d3059_1liv.gif)
/image%2F0648822%2F20250402%2Fob_2bdbd7_fas-cagat.jpg)