Quand Marcel était parmi nous, il aimait bien nous raconter des petites histoires de son enfance.

 

Il y avait un bon poirier à Paillet (une grange pas loin de la maison) dans la propriété d'un habitant de Lirbat. Les poires étaient petites. Elles étaient délicieuses. Elles fondaient dans la bouche. Quand je ne savais pas quoi faire, je partais.

Maman me disait « Où vas-tu ? »

 Je lui répondais « Je m'en vais à Paillet »

Le poirier était près de la grange et je savais qu'il y avait les vaches dedans.

Arrivé à Paillet, je monte dans le poirier.

Juste à ce moment-là le propriétaire sort de la grange.

J'ai dû rester caché dans l'arbre en attendant que le bonhomme sorte les vaches de la grange pour les faire pacager. Accroché à une branche, je n’en pouvais plus d’attendre. Il est passé sous l’arbre sans me voir.

J'ai alors vite rempli mes poches et je me suis sauvé. Heureusement, il ne m’a pas vu.

Je me souviens aussi des grandes envies que j'avais quand c'était la saison des pêches.

Maman n’avait jamais planté de pêchers et les pêches j'adorais ça.

Près de l'école où il y a des caravanes maintenant existait une grange avec des vaches qui appartenaient à un vieux. Il possédait des pêchers et il mettait ses pêches à mûrir dans le fenil de la grange.

Quand il sortait ses vaches, il était obligé de les surveiller pour ne pas qu'elles mangent l'herbe du voisin. On profitait alors de ce moment-là pour sauter le mur de l'école pendant la récréation. On se faufilait dans la grange et on faisait la provision de pêches avant de filer. Quand il nous voyait, il était furieux. Il faisait de grands gestes de menaces avec les bras...

Les instituteurs à l’époque, surveillaient les élèves même dehors ; en particulier les grands. Il arrivait qu'en faisant le tour du village le soir ils en repèrent ici ou là.

Le lendemain dès la rentrée des classes ils les interrogeaient :

« Voyons dessinez moi ce que vous avez vu hier soir lorsque vous jouiez aux cartes au bistrot»

Les instituteurs n’aimaient pas voir roder les élèves dehors...

Pourtant ce que faisaient les jeunes n'était pas méchant : c'était pour s'amuser.

Je me rappelle d'une anecdote que me racontait mon père à propos de jeunes qui avaient l'habitude de se réunir sous un poirier près de La Lane. Ils venaient y passer une partie de la nuit, parler, manger des poires au clair de lune. Ils étaient une dizaine.

 

Mon père est parti faire une commission à Massat. Comme la pluie menaçait il a pris son parapluie. En bas du poirier Jean de la Pélargue, le voisin,  avait un champ de maïs.

Mon père a longé le champ et est arrivé dans le dos des jeunes en les menaçant avec son parapluie comme si c'était un fusil. Les jeunes ont pris peur et se sont enfouis dans un grand mouvement de panique à travers champ en piétinant les pieds de maïs.

Le lendemain, inutile de vous dire que Jean était furieux de voir les dégâts causés à son maïs.

 

Tout cela était sans gravité. Il n'y avait pas comme maintenant de banditisme...C'est bien simple, on couchait l'été avec la fenêtre ouverte. On a commencé à fermer les volets au couvre-feu pendant la guerre 39-40.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :